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    KatangaTome 1: Diamants

    Scénario: Fabien Nury
    Dessin: Sylvain Vallée
    Couleurs: Jean Bastide
    Editeur: Dargaud
    Dépot légal: Mars 2017.
    70 pages

     

    Exclu et chassé de sa tribu par son père, le chef Niamwezi, M’Siri va rapidement devenir mercenaire. À la tête d’une bande de guerriers qui l’accompagne, il met à profit diverses occasions de se faire bien voir des personnages influents de l'Ouest africain. Il réussira même à se faire proclamer roi. Mais tenant son royaume d'une main de fer et faisant régner la terreur, il finira assassiné en 1891 par un mercenaire belge mandaté par Léopold II devenu seul propriétaire du territoire grâce à l’action de l’explorateur Henry Morton Stanley. Un demi-siècle plus tard, au cours de la sombre période de la décolonisation, la proclamation de l’indépendance du Congo belge va provoquer un conflit quasi-immédiat avec la province sécessionniste du Katanga à propos des territoires miniers qu’ils se disputent. Les nombreux massacres perpétrés justifieront même l'arrivée de "casques bleus" de l'ONU pour protéger les populations civiles. Dans le même temps, Godefroid Munongo, le ministre de l'intérieur d’un Katanga indépendant, et Bernard Forthys, le directeur général de l'Union minière du Haut Katanga (UMHK), chargent leur "conseiller spécial" Armand Orsini d'engager une équipe de mercenaires blancs pour assurer la protection d’une usine de production de cuivre à partir du minerai extrait des mines tant convoitées. Sur place, une surprise de taille les y attend: un certain Charlie leur montre une mallette pleine de diamants d’une valeur de près de 30 millions de dollars qu’il a dérobés au directeur d’une mines de diamants au Kasaï, ce qui pourrait bien changer toute la donne ! Seul problème, la mine se trouve dans une zone sous le contrôle d'une milice tribale aux ordres d'un sorcier nommé Mantefu réputé pour manger ses victimes.

    Katanga planche debutMon avis: Le récit démarre à toute allure. En quelques pages, y compris un texte introductif en forme de rappel historique, Fabien Nury resitue d’une manière captivante l’histoire du Congo, avant et après son indépendance ainsi que la sécession du Katanga. Le terme mercenaire est très vite évoqué et fait mouche tout de suite. L'Afrique en a souffert et en souffre encore aujourd'hui, et on pourrait penser que les personnages réels évoqués sont partie prenante de ce polar sombre et terrifiant. Heureusement les auteurs ont prévu une mise en garde en début d'album : "Ce récit est une pure fiction mêlant des faits et des personnages ayant réellement existé avec des suppositions et des inventions délibérées". Certains spécialistes reprocheront une vision trop caricaturale et sombre de l’histoire congolaise mais les amateurs ou férus de récits historiques seront impressionnés par ce récit palpitant parfaitement crédible. Cet album largement documenté se déroule sur un rythme soutenu dominé par la violence, les combats, la mort mais aussi la corruption, les pillages, les trahisons.

    Katanga plancheAu dessin, on retrouve avec plaisir Sylvain Vallée qui a également participé à l’élaboration de la série. Il nous propose un dessin travaillé qui traduit bien la violence du propos. On apprécie l’utilisation de vues utilisant toute la largeur de la page. Nous voici en face d’une fabuleuse galerie de portraits mais heureusement pour nous les nombreux personnages sont bien reconnaissables. Le trait est réaliste et souvent proche de la caricature notamment dans la représentation des "Affreux", comme on a surnommé les mercenaires, ou des Belges. Les auteurs d’"Il était une fois en France" nous surprennent une nouvelle fois par la qualité et l’originalité de leur travail. Jean Bastide comme a son habitude a fait du très bon travail. Une aventure annoncée en trois tomes dont on attend la suite avec beaucoup d’impatience.

    SDJ