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Chroniques
Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture.
Par
asbl-creabulles
Le 24/11/2025
Tome 2 . Pour adultes, avec réservesScénario : Teresa VALERO
Dessin : Teresa VALERO
Couleurs : Teresa VALERO
Dépot légal : septembre 2025
Editeur : Dupuis
Collection : Aire Noire
Grand format
EAN/ISBN : 979-10-34763-95-5
Nombre de pages : 176
Mon avis: Avec ce deuxième tome de Contrapaso intitulé Pour adultes, avec réserve, Teresa Valero poursuit avec brio sa fresque journalistico-policière dans l’Espagne franquiste, mêlant enquête, critique sociale et surtout mémoire historique. Le titre est explicite, la vérité dérange surtout quand elle bouscule les fondements d’une société entièrement sous contrôle.
Riche, fin et expressif, le dessin de Teresa Valero sert admirablement ce climat d’étouffement. Sa gestion de la lumière et des ombres, des intérieurs oppressants et des visages tendus, tout contribue à donner au récit une tension presque palpable. Le style est très cinématographique comme pour souligner l’évocation même du cinéma espagnol tout au long du récit. Les couleurs douces contrastent avec la dureté des thèmes abordés pour souligner le décalage entre les apparences et la réalité.
Un dossier en fin d'album à lire pour encore plus s'imprégner de l'époque.
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asbl-creabulles
Le 24/11/2025
Tome 1 . Samouraï rouge
Scénario : Nicolas JARRY
Dessin : VAX
Couleurs : Vincent POWELL
Un univers de : Jean-Luc ISTIN, Sébastien GRENIER et David COURTOIS
Dépot légal : septembre 2025
Editeur : Soleil Productions
Collection : Le Monde D'Aquilon
Grand format
EAN/ISBN : 978-2-302-10559-1
Nombre de pages : 72
La jeune prêtresse également un peu sorcière Mei-Jen s’est mise en route en compagnie du samurai rouge Zhao car l’une des cloches du temple Dobushi a résonné sur les Terres Ynuma. Ensemble, ils ont pour mission d’exorciser les esprits égarés n’ayant pas encore trouvé leur chemin ainsi que les esprits torturés par des démons maléfiques. Ils sont également chargés d’éliminer d’autres menaces comme des démons et d’autres créatures malveillantes venues d’une autre dimension au-delà du "Voile".
Mon avis : Agréable surprise que cet album qui bien que faisant partie de l’univers d’Aquilon se démarque du format des albums des deux cycles précédents, Terres d’Arran (Elfes, Nains, Orcs et Gobelins ou Mages) et Terres d’Ogon. Sa construction est différente et même rafraîchissante. Il contient en effet plusieurs chapitres correspondant à plusieurs missions accomplies par notre duo constitué de personnages tout aussi attrayants l'un que l'autre et se complétant à merveille. La magie et la sorcellerie du côté de Mei-Jen et une force physique exceptionnelle du côté de Zhao dans le respect toutefois des codes du Samurai. Ce premier tome nous en apprend déjà beaucoup à propos des personnages et de l’univers des Terres d’Ynuma. Après l'Afrique qui a inspiré les albums du cycle des Terres d’Ogon, c'est du côté de la culture asiatique que Nicolas Jarry est allé chercher son inspiration et ses sources et j'ai l'impression qu’il y aura de quoi faire pour les cinq premiers tomes déjà annoncés.
Côté dessin, Vax fait des merveilles tant sur les décors qu'avec les personnages qui sous son crayon prennent littéralement vie. Le trait est fin et précis, les scènes d'action et créatures en tous genres impressionnantes et les paysages de toute beauté. Beau travail de mise en couleurs effectué par Vincent Powell venant ajouter de la clarté et de la vie au dessin.
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asbl-creabulles
Le 22/11/2025
Tome 1 - Weekly
Scénario : Juan DIAZ CANALÈS
Dessin : Giovanni RIGANO
Couleurs : Giovanni RIGANO
Dépot légal : Octobre 2025
Editeur : Dargaud
Grand format
ISBN : 9782205202212
Nombre de pages : 64
Chana Kalisnowszczyzna a dû fuir sa terre natale bien-aimée après que les cosaques ont décimé sa famille, ses amis et son village. Depuis, elle fait des cauchemars toutes les nuits. Aujourd’hui, elle n'espère plus qu'une chose, que son petit-fils Dustin, une jeune fouine débrouillarde, gagne sa vie dignement. Car Dustin s'est fait virer de son école, puis attraper à vendre des photos peu recommandables et, à présent, il doit se contenter de petits boulots : photographe pour la police de New York et indic du reporter-photographe Citizen à qui il glisse des infos contre un ou deux billets. Mais gaffeur comme il est, il a vite été démasqué. Il a même dû quitter New York City Center pour s’installer avec sa grand-mère dans le quartier de Rat Snare. C’est là que Chana va croiser Mme Lubansky, pasteure de la paroisse mais également leader du mouvement "Croisade morale". Grâce à elle, Dustin rencontre son mari qui est propriétaire d’une entreprise funéraire. Il accepte d’embaucher Dustin pour s’occuper des commandes et du ménage. Un jour, en allant chercher des faire-part à l’imprimerie pour M. Lubansky, Dustin récupère la liste des maisons d’édition avec lesquelles l’imprimerie travaille. Une porte va s'ouvrir, celle de la maison d'édition Proper Comics, précisément la maison d'édition des comics qu'il a l'habitude de lire et qu'il adore. Mais Chana et Mme Lubansky lui ont trouvé une autre occupation plus "noble" : militer au sein d’un "escadron de la vertu" dans les rues de New York contre ces comics…
Mon avis : Voici le premier album d’une série dérivée intitulée Blacksad Stories. En effet, Juan Díaz Canales a choisi de quitter temporairement la lumière froide des ruelles criminelles pour nous plonger dans les coulisses non moins sombres de la police, des services secrets et de la presse new-yorkaise en suivant le personnage haut en couleur de Weekly, la fouine reporter. Ce spin-off propose une immersion dans son passé du temps où on le connaissait sous le nom de Dustin. Loin d’être une simple parenthèse comique, l’album est l’occasion d’explorer à travers les yeux de ce personnage secondaire les méthodes douteuses de la presse de l’époque ou les manipulations des meneurs. Derrière la satire plutôt acerbe Canales a un regard lucide sur le pouvoir des mots, des images… et des rumeurs. Une nouvelle fois, il nous surprend avec cette aventure qui ne manque pas de rebondissements. Rusé et sans scrupules, le futur Weekly devient le héros malgré lui au cœur d’un New York en pleine effervescence. Les situations sont délicates voire difficiles, elles sont souvent drôles mais parfois plus dramatiques. Canales démontre une nouvelle fois sa capacité à capter l’époque à travers des personnages anthropomorphes qui sont vraiment saisissants de vérité.
Côté dessin, le défi à relever était de succéder à Juanjo Guarnido. On peut dire que le passage de relais avec Giovanni Rigano est réussi avec élégance. Rigano ne copie pas Guarnido, il propose son trait, sa griffe au service du personnage. Son style se veut plus près des acteurs dans une ambiance générale aux couleurs plutôt tamisées mais la page 30 de l’album fait malgré tout beaucoup penser au style Blacksad de Guarnido, c'est bluffant et réussi. On trouve d’ailleurs ici et là des hommages à la série Blacksad. Giovanni Rigano est à l’aise pour restituer l’expressivité et la gestuelle animale des personnages, les espaces clos, les ambiances qu’il s’agisse d’une salle de rédaction ou de bureaux parfois glauques.
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asbl-creabulles
Le 18/11/2025

Tome 13 - Les Neronia
Scénario : Jean DUFAUX
Dessin : JÉRÉMY
Couleurs : JÉRÉMY
Préface : Jean DUFAUX
Dépot légal : novembre 2025
Editeur : Dargaud
Cycle :4
Format normal
EAN/ISBN : 978-2-505-12599-0
Nombre de pages : 46
Lucius Murena a réussi à s’évader. Bien que se sachant recherché, il ne peut se résigner à laisser Lemuria, la sœur de Pison, entre les mains du Besogneux et de ses hommes. De plus, il a une dette envers elle ainsi qu’envers ceux qui l'ont aidé jusqu'à présent, notamment Pétrone mais aussi l'Hydre dont Tigellin et l’impératrice Poppée sont tous deux fermement résolus à l'éliminer. Si Tigellin est sur les traces de Murena, ce dernier est lui aussi bien décidé à en finir avec lui. En le mettant hors d’état de nuire, cela laverait l'honneur de sa famille mais arrive-t-il à ses fins ? En effet, Tigellin, qui n'en a jamais assez, continue d’asseoir son pouvoir et ses ambitions et de renforcer son influence auprès de Néron. Il lui suggère d’organiser de grands jeux, les Neronia. Le but est d’occuper et de calmer le peuple mais aussi de tourner la page après l’incendie de Rome mais surtout ce serait une nouvelle occasion d’obtenir des avantages pour lui-même.
Mon avis : Rome ne brûle plus, mais l’Empire reste une véritable poudrière. Les enjeux politiques, sociaux et économiques y demeurent complexes. La situation tendue peut facilement exploser à tout moment. Avec ce treizième tome toujours aussi solidement documenté, Jean Dufaux poursuit l’odyssée impériale mêlant avec autant de talent la réalité historique et la fiction. L’album Les Neronia relance la série pour un dernier cycle prévu en six tomes. Il démarre sur de nouvelles bases après les actions extravagantes nées de la folie néronienne, dans un Empire qui panse ses plaies… mais dont les fondations sont toujours minées par la soif de pouvoir, les jeux d’alliances, les manipulations de toutes sortes bien souvent animées par une vengeance déguisée. Tiraillé entre loyauté, lucidité et fatigue morale, notre héros semble plus que jamais isolé mais il est aussi plus que jamais décidé à agir dans cette cité de Rome où la vertu a déserté le Sénat. Il ne s’agit plus seulement d’une lutte pour le pouvoir mais bien d’un combat pour l’âme même de Rome.
Côté dessin, ce tome nous dévoile tout le savoir-faire de Jérémy qui réalise des prouesses, lui qui ne se sentait pas prêt de reprendre le titre à la disparition de Philippe Delaby, son ami et tutor auprès duquel il a fait ses premières armes. C'est beau de le voir reprendre la série pour la terminer. Tout un symbole. Son dessin s’impose comme l’un des atouts majeurs de ce nouvel arc. Le trait est magnifique et bien marqué, la mise en scène remarquable et efficace, les visages expressifs, les décors sont splendides tant les ruelles sombres que les plus somptueux des temples et des palais et restituent bien la réalité historique. Sa Rome est vivante, dense, parfois sensuelle et souvent brutale.
Outre les éditions spéciales avec jaquette exclusive signée et numérotée (Librairie Fanfulla en Belgique) ou couverture inédite et cahier graphique (Slumberland en Belgique et Leclerc en France), l’album est également disponible en édition collector des crayonnés numérotée parue en juin 2025.
SDJuan
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asbl-creabulles
Le 16/11/2025
Tome 4 - Le Sang du roi
Scénario : Xavier DORISON
Dessin : Félix DELEP
Couleurs : Félix DELEP
Dépot légal : novembre 2025
Editeur : ![]()
Grand format : 24 x 32 cm
ISBN : 978-2-203-23527-4
Nombre de pages : 93
Si Azélar a fait germer l'idée d'une révolution pacifique, c'est bien Miss Bengalore qui a réussi à la concrétiser, non sans pertes terribles, mais avec l'aide des animaux de la ferme lors d’une grève générale. Ensemble ils sont arrivés à obtenir de Silvio qu’un vote soit organisé. Une petite victoire pour un véritable espoir de démocratie car la couronne pourrait changer de tête. Beaucoup en rêvent. Mais comment réunir un peuple divisé, fatigué, parfois tenté par la vengeance ? Devenue héroïne malgré elle, Miss B se retrouve au centre d’un vide de pouvoir dangereux. La tension ne retombe pas et échauffe les esprits. La peur aussi n’a pas disparu tant que le tyran et ses chiens qui lui obéissent au doigt et à l'œil restent bien présents. Et ce tyran avec ses discours populistes qui continuent de fonctionner auprès d'un grand nombre, va tout faire pour que l'on vote pour lui, quitte à...
Mon avis: Dernier épisode de cette série sortie en 2019 qui a rencontré le succès qu’on lui connaît. Au scénario, Xavier Dorison s'est emparé avec passion d’un fleuron de la littérature avec La Ferme des Animaux de George Orwell pour nous en proposer sa version moderne qui a révélé un jeune dessinateur talentueux, Félix Delep.
Côté dessin, Félix Delep est au sommet de son art. Son trait expressif, sa mise en scène et ses cadrages très étudiés, son utilisation de la lumière pour créer de la profondeur servent au mieux cette œuvre. Chaque regard, chaque posture animale en dit beaucoup plus que des mots : le doute, la peur, la colère mais aussi l’espoir se lisent sur les visages. SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 16/11/2025
Tome 1
Scénario : VAN
Dessin : VAN
Couleurs : VAN
Dépot légal : septembre 2025
Editeur : ![]()
Format : Format comics
ISBN : 9782203194700
Nombre de pages : 88
Mon avis: La québécoise Van, de son vrai nom Vanessa Lalonde-Deguire, nous plonge dans une fable noire, à mi-chemin entre thriller et drame psychologique. Elle y ajoute une bonne dose de fantastique sans jamais s’y abandonner complètement préférant conserver une tension réaliste qui dérange le lecteur. Un premier tome dense et tendu où les caractéristiques définissant l’homme et l’animal s’effacent dans les brumes de paysages aussi magnifiques que menaçants. Van nous entraîne dans un récit marqué par les secrets enfouis et les peurs ancestrales. Son récit avance à pas feutrés. Chaque personnage est soigneusement construit et mis en valeur par une écriture précise et sans effets faciles, hormis diverses astuces orthographiques pour souligner la prononciation du français québécois.
Graphiquement, le style de Van largement formé à l’école de l’animation frappe par sa maîtrise de l’atmosphère. Les planches alternent entre larges paysages et cadrages resserrés, presque oppressants. Le travail sur la lumière, les textures, les regards est impressionnant. On ressent bien l'énergie qui monte et l'étonnement ou la peur de l'autre dans ce premier tome qui se démarque de l'ordinaire.
LE CHAT Tome 25 L'origine du Chat
Par
asbl-creabulles
Le 16/11/2025
Tome 25 - L'origine du chat
Scénario : Philippe GELUCK
Dessin : Philippe GELUCK
Couleurs : Serge DEHAES
Dépot légal : Octobre 2025
Editeur : 
Format : 22,6 x 30.3 cm
EAN/ISBN : 978-2-203-29069-3
Nombre de pages : 48
Un 25e album en 2025 ! Philippe Geluck aurait-il anticipé cette parution ? Nul ne sait mais en tout cas cet album ne célèbre pas seulement une longévité éditoriale remarquable, il est l’occasion pour l’auteur de nous proposer un retour aux sources à la fois malicieux et touchant sur fond comme toujours d’humour et d’absurde. Philippe Geluck a choisi de nous raconter les origines de son célèbre félidé costumé à travers des planches... et oui, des planches − une première pour Geluck ! − démontrant que le Chat aurait bien existé avant Geluck. Cette histoire courte vient s’insérer au milieu des traditionnelles blagues et maximes n’excédant pas trois cases pour nous apprendre que le chat a bel et bien eu une vie avant 1983, date de sa création.
Mais attention, il ne s’agit pas d’une biographie ennuyeuse ou d’une simple succession d’événements démodés. L’origine du Chat est une sorte d’album-concept où Geluck explore les grands moments de l’histoire depuis les dinosaures jusqu’à l’intelligence artificielle du point de vue de son héros rondouillet. Le Chat qui y apparaît tour à tour néandertalien, philosophe grec, etc. se met en scène et fait mouche à chaque page, à chaque case.
Graphiquement, Geluck reste fidèle à sa patte : épurée, expressive, d’une efficacité redoutable. Ce style devenu quasi-culte aborde tous les sujets. Mais ce qui frappe surtout ici c’est la densité des idées car derrière l’humour, Geluck nous propose une réflexion sur le temps, l’identité, la mémoire collective mais aussi sur son propre rôle. Il dialogue parfois avec lui-même, interroge la légitimité de sa propre création et ose même quelques clins d’œil aux fans de la première heure, sans jamais tomber dans l’auto-célébration.
L’origine du Chat est à la fois une déclaration d’amour à son personnage, un exercice de style novateur et une satire du monde et de bon nombre de ses travers. Les couleurs de Serge Dehaes collent parfaitement au travail de Geluck et lui apporte encore plus de clarté et de volume.
Si pour les fidèles du Chat, c’est un album jubilatoire, pour les nouveaux lecteurs, il constitue une excellente porte d’entrée dans l’univers geluckien.
Ce 25e album du chat ne fait pas que ronronner, il mord, il griffe encore avec intelligence
SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 16/11/2025
Tome 36 - La Régate
Scénario : Roger SEITER
Dessin : RÉGRIC
Couleurs : Bruno WESEL
Dépot légal : septembre 2025
Editeur : ![]()
Format normal
EAN/ISBN : 978-2-203-28175-2
Nombre de pages : 46
Rotterdam. L’homme d’affaires peu scrupuleux Kobus van Toor également armateur du Prince d'Orange réceptionne une cargaison de minerai de cuivre en provenance d’Indonésie dont il négocie aussitôt la vente à un acheteur totalement indifférent à l’origine du produit. Durant la nuit, il supervise le chargement clandestin à bord de son navire d’une cargaison d’armes à destination de l’Indonésie. Comme le navire devra contourner l’Afrique afin d’éviter le canal de Suez pour des raisons politiques, le voyage devrait durer près d’un mois jusqu’à la mer de Banda dans l’archipel indonésien. En Australie, trois semaines plus tard, Guy Lefranc retrouve son amie Théa van Door à Darwin. À son invitation, il doit participer à une course de grands voiliers entre Darwin et Davao aux Philippines à bord de son voilier, le Voyager. Cette régate n’est pas des plus faciles mais Lefranc ne tardera pas à démontrer qu'il peut se rendre très utile malgré les apparences. Mais dans les eaux troubles sujettes aux tempêtes de la mer de Banda, leur voilier finira par faire naufrage lors du passage d’un typhon et sans l’intervention de pêcheurs locaux, ils y auraient tous perdu la vie. Pour sauver l’un des leurs gravement blessé, ils acceptent d’être conduits au sultanat de Walang au large des Moluques sur l’île de Lontor qui dispose d’un hôpital moderne car l’île abrite une importante mine de cuivre. Les voici à présent en terre indonésienne où la décolonisation hollandaise a laissé des cicatrices encore très profondes et où la famille van Door y pratique des opérations peu scrupuleuses.
Mon avis : Pour cette nouvelle aventure, Roger Seiter installe le célèbre journaliste dans un décor de carte postale : une régate de prestige dans des lieux dépaysants et paradisiaques… Mais comme toujours avec Lefranc, le calme est une illusion. Roger Seiter signe un scénario dans la tradition "ligne claire" de l'espionnage où les apparences masquent une succession de manœuvres et d’échecs diplomatiques. Sous couvert d’élégance nautique, on navigue entre rivalités d’influence, tensions et magouilles industrielles et manipulations politiques. Fidèle à lui-même, Lefranc refuse de n’être qu’un spectateur et n’hésite pas à s’engager et à s’impliquer, quitte à se heurter aux puissants ou à prendre des risques pour sa vie en pleine tempête. Comme toujours, Lefranc se révèle à la fois fin observateur et homme de principes.