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GENTLEMIND

GentlemindTome 1 : Gentlemind - Épisode 1
Scénario : Teresa VALERO & Juan DIAZ CANALES 
Dessin : Antonio LAPONE
Couleurs : Antonio LAPONE
Dépot légal : août 2020
Editeur : Dargaud logo
ISBN : 978-2-205-07637-0
Planches : 68

New York 1939. Jeune femme de vingt ans, sans qualification particulière ni fortune, Navit est éprise d’Arch, un jeune dessinateur sans le sou. Celui-ci tente de se faire engager à la rédaction d’une revue sans succès, Gentlemind, qui prête son titre à cette bande dessinée. Contre son gré, Arch va pousser Navit dans les bras du directeur de la revue, H.W. Powell, un vieux milliardaire plus préoccupé par les mannequins de Gentlemind que par le succès financier de la revue. À force d’insistance, Navit finira par accepter d’épouser Powell. Ce personnage n’est pas sans rappeler le milliardaire et magnat de la presse du film "Citizen Kane" d’Orson Welles, lui-même fortement inspiré du réel milliardaire William Hearst. Au décès de Powell, Navit se retrouve à la tête de la revue, qu’elle tentera tant bien que mal de redresser, avec force d’audace et d’idées innovantes. Son chemin croisera celui de Waldo Trigo, un requin du barreau new-yorkais, tombé en pleine crise d’humanisme et de boulimie littéraire.Gentlemind planche 4Mon avis : C’est parti pour un voyage dans le New York des années 1940. Les scénaristes, Juan Diaz Canales et Teresa Valero ont aussi scénarisé respectivement Blacksad et Sorcelleries (un point commun est vite trouvé: Juanjo Guardino dessine ces deux séries). Ils nous emmènent dans une ville grouillante de vie. Avec sa faune variée, du jeune artiste à l’enthousiasme inversement proportionnel à son succès, au milliardaire à la fougue inversement proportionnelle à sa jeunesse. Mais, surtout, avec l’émergence d’une jeune femme au cœur d’une industrie encore dominée par le "sexe fort". La manière par laquelle Navit tentera de trouver, pour renouveler son magazine, ce qui intéresse les hommes est pour le moins ingénieuse et pleine de légèreté malicieuse.Gentlemind plancheLe dessin d’Antonio Lapone est unique. Il est empreint de douceur, de couleurs pastel et surtout d’élégance. L’élégance irradie le lecteur dès la couverture. Le dessinateur du tout aussi élégant "La fleur dans l’atelier de Mondrian" (Glénat, 2017) – l’artiste néerlandais exilé à New York à la même époque aurait d’ailleurs pu croiser Navit – ponctue notre lecture par des affiches ou des unes de revues réinventées, devant lesquelles on reste admiratif. Les couleurs douces nous plongent dans les années 1940.Gentlemind illuN’hésitez pas : mettez votre 33 tours préféré de Duke Ellington ou de Billie Holiday dans votre gramophone, installez-vous dans votre divan avec un bon verre, prenez en main votre Gentlemind et embarquez pour le voyage. Cerise sur le gâteau, la suite et fin est annoncée pour cette année 2021.

Il faut lire Gentlemind si vous aimez : les années 40 à New York, les femmes de poigne, le dessin de presse, l’élégance du trait d’Antonio Lapone

Jean-BaptisteL

 

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