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Motherfucker

Motherfucker 2Tome 2 
Scénario: Sylvain Ricar 
Dessin et couleurs: Guillaume Martinez 
Edition: Futuropolis 
Dépot légal: Février 2013.

Milieu des années 60, les débuts du mouvement des Black Panthers à Los Angeles. Après ses déboires familiaux du tome 1, les choses ne vont pas en s'arrangeant pour notre héros, Washington Vermont, que l'armée vient d'appeler en vue de son prochain départ au Vietnam. Membre du Black Panthers Party, Vermont croit d'abord à un canular ou une vengeance puisque ce groupe revendique une exemption du service militaire pour les Noirs. Il décide donc de ne pas rejoindre l'armée. Malheureusement pour lui, ce n'était pas une blague, loin de là car la police l'arrête pour désertion. Pire, son interpellation se passe mal: il est emmené, battu, jugé sommairement et condamné à trois ans de prison. Pour son épouse, la vie de famille qui n'était déjà pas facile devient franchement intenable. Comment va-t-elle réagir et survivre alors qu'elle ne veut plus rien à avoir à faire avec ce mouvement dont elle pense qu'il les a abandonnés ?

Motherfucker 2 plancheMon avis: Suite et fin de ce drame racial et familial au milieu des années soixante. Bien racontée Sylvain Ricard nous retrace en deux tomes les différentes visions qu'il y avait au sein des Black Panthers Party (BPP) avec l'ambition d'aller au delà de l'image d'un parti révolutionnaire violent et raciste mais de nous faire comprendre que c'est bien plus complexe que ça. Que ce mouvement communiste , parti d'émancipation se reposait sur une discipline presque militaire avec un programme précis en dix points et que ce n'était pas juste une milice d'autodéfense, qu'il fallait bien une sorte de militantisme noir pour faire bouger les choses et poser la question du rôle de la violence dans le combat politique et l'opposition totale à la guerre du Vietnam. Le mouvement nous fait revivre les grand moments afro-américain tels que l'époque Malcolm X, le Black Power, Marcus Garvey, Martin Luther King, etc. Le graphisme de couverture et la couleur rouge en disent déjà long sur le mouvement. Les dessins de Guillaume Martinez en bichromie nous rendent l'histoire avec intensité et profondeur. Dure et sans concession avec de l'émotion presque palpable, presque réelle. Un rendu parfait pour un dyptique qui vaut vraiment le détour ! A lire absolument.

J.S.D.

 

auteurs. BD chroniques

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