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DANS MON VILLAGE, ON MANGEAIT DES CHATS

Dans mon village on mangeait des chatsCoup de coeurScénario : Philippe PELAZ
Dessin : Francis PORCEL
Couleurs : Francis PORCEL
Dépot légal : juin 2020
Editeur : Bamboo
Collection :
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ISBN : 978-2-8189-7563-3​
Nombre de planches : 54

 Cela commence comme un conte mettant en scène un gamin de 13 ans, Jacques Pujol, atteint d’analgésie – une perte de la sensibilité à la douleur – et sa petite sœur Lily. Jacques adore Lily et n’hésite pas à s’interposer quand leur père, chauffeur routier mais aussi homme violent et souvent ivre, s’en prend à eux ainsi qu’à leur mère en menaçant de les frapper. Pendant ses missions sur les routes, leur mère "reçoit" la visite d'autres hommes et les gamins ont pris l’habitude de s’échapper de la maison. Lors d’une de ces escapades nocturnes pour regarder les étoiles, Jacques et sa sœur Lily surprennent M. Charon, le maire mais aussi le boucher du village, en train de capturer des chats. Ils le suivent jusqu’à sa boutique et le surprennent en plein travail de dépeçage des corps des animaux. Le pâté du boucher, qui a tant de succès dans le village, est donc fait à base de viande de chat ! Dans mon village on mangeait des chats plancheJacques est bien décidé à faire comprendre au maire/boucher qu'il connaît le secret de sa recette. Mais alors qu’il pensait jouer avec sa victime comme un chat avec une souris, la situation va très vite devenir un piège sanguinaire. A la maison, les choses ne vont pas s’améliorer non plus avec son père. Une nouvelle vie va donc commencer pour Jacques, ni banale, ni ordinaire.Dans mon village on mangeait des chats planche suiteMon avis: Derrière son titre original, ce one shot nous fait vivre l'ascension dans la violence de ce jeune gamin qui au départ cherchait seulement à protéger sa petite sœur des coups de son père. N’ayant peur de rien, ou presque, on va le voir jouer au "petit" dur et, peu à peu, devenir quelqu’un avec qui il va falloir compter avant de finir meurtrier. Le gamin est rusé et doué mais il a toutefois ses faiblesses. Saluons le savoir-faire du scénariste Philippe Pelaez car on accroche tout de suite avec la mise en bouche du pâté de chats. C’est le héros en voix off qui nous décrit et nous raconte cette vie hors normes, une vie sombre, noire et violente. L’utilisation de la voix off, les rebondissements de l’intrigue, le suspense, les dialogues savoureux, tout y est pour nous surprendre et nous tenir en haleine, bref nous mettre une claque ! Si vous n'avez pas encore eu l’occasion de lire une BD de cet auteur (Un peu de tarte aux épinards, Maudit sois-tu, etc.), je ne peux que vous conseiller de vite étoffer votre collection. Sans aucun doute, un auteur qu’il faut suivre de près. Dans mon village on mangeait des chats planche violenceLes dessins de Francisco Porcel rendent parfaitement cette ambiance sombre et déjantée. Sous son trait, tous les personnages ont une "gueule" avec un caractère bien trempé. Une belle mise en page au service de l’intrigue et des cadrages presque cinématographiques. Les couleurs donnent le ton, sombres mais sans rien écraser, venant accentuer un peu plus l’ambiance de polar déjanté. 

Un très bon moment de lecture.

SDJuan

 

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