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CORTO MALTESE 16

Corto maltese 16Corto maltese 16 n bCoup de coeurTome 16 . Nocturnes berlinois
Scénario :Díaz Canalès, Juan DIAZ CANALES
Dessin : Rubén PELLEJERO
Couleurs : Rubén PELLEJERO
Traduction : Hélène DAUNIOL-REMAUD
Dépôt légal : le 7 septembre 2022
Editeur : Casterman
Grand format
ISBN : 978-2-203-22168-0
Nombre de pages : 72

1924. Corto est à Berlin où il doit retrouver son vieil ami Jeremiah Steiner. Avec le journaliste et romancier Joseph Roth, ils se rendent au commissariat pour obtenir leurs permis de séjour. Tout à fait par hasard, Corto reconnaît la photo de Steiner sur le tableau des victimes anonymes. Il demande à en informer directement le commissaire Kahr qui, dès son départ, s’empresse de passer l’info au Doktor Eichwald. Plus tard dans la journée, Roth rejoint Corto et lui apprend que ces deux hommes font partie de l’organisation "Consul", un groupe clandestin qui œuvre pour renverser la République de Weimar. Son ami Steiner aurait été vu pour la dernière fois en compagnie de membres de la société hermétique Stella Matutina, à son retour de Suisse où il était parti assister au congrès des alchimistes de Sion. Retrouver cette société secrète est le point de départ idéal pour l’enquête de Corto. Rien de plus facile pour lui. Il débarque en plein rituel et est aussitôt pris pour Makropoulos, le magister templi, le maître du temple, fondateur de Stella Matutina, par tous les adeptes réunis pour une séance de transe hypnotique au cours de laquelle l’un des membres déclare être Steiner et savoir que son assassin se cache au panopticum, l’ancien musée de cire. C'est au cœur d’un Berlin au bord de la guerre civile entre républicains, communistes et extrémistes de droite que Corto va chercher à venger son ami. Il va faire d’étranges découvertes qui posent questions, notamment à propos d’une carte du jeu de tarot le plus vieux au monde, le Visconti-Sforza, à l’origine de l’assassinat de Steiner, et qui vont même le mener jusqu’à Prague…Corto maltese 16 plancheMon avis : D’entrée de jeu, on découvre un album à teneur plus sombre, plus noire comme dès la première page avec un acteur à la ressemblance bluffante avec Hitler et à l’encrage puissant sur fond rouge. Le ton est donné. Ensuite, les événements vont s’enchaîner à un rythme soutenu jusqu’à la dernière case, servant de champ d’action à notre héros toujours aussi fidèle aux principes qui ont fait sa réputation.
Sans rien perdre de son charme naturel, de la curiosité qui l’anime et sans crainte, Corto va parvenir à ses fins en bravant tous les dangers et en ne se fiant à personne. 
L’album est bourré de références historiques, culturelles et/ou politiques de l’époque et donne envie d’en savoir davantage à propos du cinéma, du théâtre, de la littérature allemande mais aussi autrichienne des années folles de l’entre-deux-guerres.
Les auteurs, Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero, maîtrisent clairement le sujet grâce à un gros travail de recherche documentaire et marient à la perfection la fiction et l’histoire avec un grand H dans cette nouvelle aventure de Corto.
Une performance qui en ravira plus d’un, c’est certain.Corto maltese 16 planche autre
Au dessin, Ruben Pellejero nous régale d’un subtil mélange de traits fins et/ou achurés pour la plupart des décors et d’encrage noir et puissant tout à fait approprié aux nombreux passages sombres du récit et venant en souligner le côté polar dont il maîtrise parfaitement les codes.
Loin d’imiter ou de copier Pratt, Ruben Pellejero s’en est imprégné pour ne pas le dénaturer tout en nous offrant son traitement graphique très expressionniste dans ses planches. Encore une belle performance de sa part.
Le découpage et la mise en page de même que le choix des couleurs viennent non seulement diriger notre regard et notre attention vers les (nombreux) points d’intérêt de l’histoire mais également souligner les différentes ambiances qui la caractérisent.
Un album à ne rater sous aucun prétexte.

SDJuan

 

auteurs.

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