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TORPEDO 1972

Torpedo 1972Torpedo 1972 en N&BScénario : Enrique Sánchez Abulí
Dessin : Eduardo Risso
Couleurs : Eduardo Risso
Dépot légal : Mai 2019
Editeur : 
Vents d ouest logo
Collection: Turbulences
ISBN : 978-2-7493-0906-4​
Nombre de pages : 46

Reporter au Wall Street Journal, James Holliday travaille à un article sur la famille Caputo. Il s’intéresse surtout à la mort du célèbre mafieux Piero Caputo. De fil en aiguille, il réussit à entrer en contact avec Rascal, l’ancien garde du corps de Luca Torelli, alias Torpedo, le fameux tueur qu’on soupçonne d’avoir assassiné beaucoup de monde dans les années 30, peut-être même un certain Piero Caputo. Moyennant une petite rétribution, Rascal accepte de mettre James en contact avec Torpedo. James se rend au rendez-vous accompagné de sa fiancée Wendy Durban chargée de prendre des photos pour l’article. Torpedo a bien vieilli et ne roule plus vraiment sur l’or. Prêt à tout pour gagner le moindre dollar, il accepte de révéler le nom du véritable assassin de Caputo en échange de 500 dollars. Il est même prêt, contre une rallonge de 300 dollars, à balancer le nom de celui qui a tué l’assassin, puis l'assassin de l'assassin, etc. En fait, la situation va très vite déraper lorsque Torpedo s’en prend à Wendy restée seule avec lui pour la séance photos.

Torpedo 1972 plancheMon avis: Après 15 ans d'absence Enrique Sánchez Abulí nous revient avec Torpedo, ce gangster sans foi ni loi! Torpedo a vieilli. Atteint de la maladie de Parkinson, il doit utiliser une canne pour se déplacer. Mais ne vous y trompez pas, s'il n'a plus les mêmes réflexes, s'il n'inspire plus autant la peur et n'a plus son sex appeal irrésistible de l'époque, il n'en reste pas moins toujours aussi dangereux. A la moindre escarmouche les balles fusent, si une femme ne le traite pas avec un minimum de respect (même si lui ne fait pas toujours preuve du plus grand respect envers la gent féminine) elle risque bien de s'en mordre les doigts (et pas que). Il ne craint pas non plus de balancer les autres gangsters, surtout ceux qui sont déjà morts… il n'est pas fou ! Après 18 albums publiés de 1983 à 2004, Abulí prend plaisir à faire revivre son personnage et cela se ressent. Il a même enrichi l’album d’un prologue et d’une histoire courte de trois pages sous forme de dialogues.

Torpedo 1972 planche suiteAu dessin, c’est le prolifique dessinateur Eduardo Risso, lui aussi maître du noir et blanc, qui succède à Jordi Bernet. Ils deviennent trop rares à mon goût, c'est dommage! Si son trait est plutôt expressif et semi-réaliste, le découpage un rien plus américain nous fait directement penser aux mises en scène des films noirs et autres polars de l'époque où domine une ambiance sombre et oppressante. Je suppose qu'il a été choisi par Abulí pour sa maîtrise de l'encrage, typique des traits forts et puissants. Pour vraiment l’apprécier, je conseille de se procurer la version N&B de l'album.

Torpedo 1972 en n b plancheEduardo Risso va à l'essentiel, maîtrise parfaitement le jeu des ombres et lumières plutôt que de charger les cases de décors "inutiles", par ailleurs bien présents et efficaces tout au long de l’album. Les couleurs, comme pour tous les albums de Risso (voir la chronique de Hit-Girl ici), atténuent légèrement l’impression d’oppression du N&B en apportant une certaine douceur au dessin. A voir en fin d’album un cahier de recherches et d'esquisses de sept pages.

Une histoire simple mais efficace. Certes, ce n’est plus Jordi Bernet mais Eduardo Risso s'est très bien approprié le personnage emblématique de Torpedo créé en 1980 par Enrique Sánchez Abulí.

SDJuan

 

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