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SAN-ANTONIO

San antonioTome 1 : San-Antonio chez les gones
Scénario : Michaël Sanlaville
Dessin : Michaël Sanlaville 
Couleurs : Michaël Sanlaville
Adapté de l'oeuvre de Frédéric Dard
Dépot légal : 21 mars 2018
Editeur :
Casterman 1
Nombre de planches : 92

Deux gamins ont disparu et un professeur a été égorgé dans l’école de Grangognant-au-Mont-d'Or, une petite commune de 400 habitants située à une trentaine de kilomètres de Lyon. L'enquête piétine, aucun indice sérieux n’a été relevé, aucun corps retrouvé. Le commissaire San-Antonio et son collègue Bérurier, alias Béru, prennent l'affaire en main. Si l'idée d’un agent d’infiltration apparaît comme une évidence, ce qui l'est moins c'est de faire passer Bérurier, dont tout le monde connaît les méthodes peu orthodoxes, pour le professeur remplaçant. En visite dans l’école, un inspecteur n’aura pas besoin de plus de 5 minutes pour faire un rapport défavorable au sujet de ce professeur ivre et colérique. C'est justement le temps dont San-Antonio a besoin pour comprendre ce qu'il se passe dans cette commune. Sur une photo des plus compromettantes retrouvée dans le sac à dos d'un des enfants figure le prénom d'un des deux disparus. De fil en aiguille, San-Antonio remonte jusqu'au domicile d'une ancienne cantatrice, Léocadie Soubise, chez qui l’on découvre une mallette remplie de photos coquines et qui organisait des parties de jambes en l'air avec les personnes les plus influentes du coin. En progressant dans son enquête, San-Antonio réalise que la drogue en devient un élément non négligeable qu’il va falloir prendre en compte, ou bien....

San antonio plancheMon avis: De la lecture des romans de San-Antonio, j’ai surtout retenu son langage fleuri dont la plupart des mots étaient improvisés ou pure invention. Il me fallait presque un glossaire à portée de main pour comprendre l’histoire alors que certains amis passionnés par ces romans faisaient exprès de jongler avec ces mots nouveaux pour m’énerver.

San antonio planche suiteA la lecture des premières pages de l’album de Michaël Sanlaville, on est vite replongé dans cette ambiance si particulière. Les baffes tombent et pas des moindres, assenées par les mains ou plutôt les paluches du grand Bérurier qui aime la picole, qui pique des colères noires et qui, du coup, n'a plus aucune limite. C'est drôle et cela surprend. Le vocabulaire du grand et gros malabar ne déroge pas à la règle établie par Frédéric Dard.

San-Antonio non plus n'est pas éloigné du personnage du roman, sorte de compromis entre James Bond pour ce qui est du séducteur de ces dames et des méchants en tous genres et des coups de feu qui pleuvent mais sans les gadgets, les personnages d’OSS 117 ou SAS, dont il semble plus proche pour tout le côté chaud et, enfin, les tontons flingueurs pour toutes les baffes qui tombent dru.

Un scénario très dynamique et bien construit, une mise en scène drôle, parfois osée avec des personnages portés sur le sexe mais aussi sur l'alcool tel Bérurier, provocants aussi, un dessin dynamique et efficace alignant les scènes loufoques, truculentes et savoureuses, souvent exagérées pour notre plus grand plaisir et qui remplacent habilement les jeux de mots et termes d’argot des romans, beaucoup de clins d’œil aussi et apparitions de personnalités actuelles comme Gérard Depardieu, Philippe Bouvard, Alain Delon ou Eric Zemmour.

Un livre passionnant, drôle et souvent étonnant pour tous les publics.

SDJuan

BD chroniques auteurs. humour

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