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LA PETITE SOURIANTE

Petite sourianteOne Shot
Scénario: Zidrou
Dessins: Benoît Springer
Couleurs: Benoît Springer et Séverine Lambour
Dépôt légal: février 2018
Editeur:
Dupuis 1 "Grand Public"
Nombre de pages: 54 pages + cahier graphique

Combien de fois faut-il tuer un amour pour qu’il cesse de vous hanter ? 
Telle est la question que nous posent de manière ironique, les auteurs de "La petite souriante". Dans un format compact, à la couverture "usée", Zidrou et Benoît Springer nous proposent un thriller gore avec Josep Pia dit Pepito ou Pep, dans le rôle de l’éleveur d’autruches, Isabela dans celui de sa maîtresse haineuse et belle-fille et enfin Dora dans celui de son increvable épouse.
Dès les premières planches, le ton est donné. Sous les regards inquiétants de ses « "poulets de plus de 100 kilos", Josep massacre à coups de lourde masse la tête de sa gênante épouse. Il se débarrasse ensuite du corps en le balançant au fond d’un puits. Le plan des amants diaboliques semble être une complète réussite. Rentrant chez lui, apaisé du devoir pénible accompli, Joseph croise alors …son épouse souriante sur le pas de la porte.

Petite souriante planche 1Après le succès de librairie des albums "Le Beau Voyage" et "L’indivision", le duo Springer-Zidrou récidive avec "La petite souriante", un récit crade et sordide. Jugez-en: une épouse qui ne meurt jamais, des amants psychopathes aux mœurs incestueuses, un décor crasseux, des autruches, de la haine, le tout saupoudré de couches de rancœur.

À ma connaissance, il s’agit du premier thriller scénarisé par le prolifique Super Zidrou et c’est à mon humble avis, une grande réussite ! Le récit de Zidrou est noir de chez glauque mais ironique et efficace. Du récit brutal se détachent quelques petites perles telles que la visite de l’autrucherie par un groupe de petits vieux d'une maison de retraite et le délicieux "tu n’as pas oublié le beurre au moins" que je vous conseille de découvrir. C’est bidonnant.

Petite souriante planche couleurBenoît Springer appuie de sa palette bichromique l'intensité et l’atmosphère de brutalité dans laquelle trempe "La petite souriante". Le découpage est rythmé, les plans idéalement cadrés et les personnages tous extrêmes, très expressifs.
"La petite souriante" est inspiré par une célèbre chanson écrite par Edmond Bouchaud en 1908, intitulée "Elle était souriante". Personnellement, le récit me rappelle plutôt une autre chanson popularisée par Steve Warring: Le matou revient (adaptation d'une chanson américaine, écrite en 1893 par Harry S. Miller sous le titre "The Cat Came Back). Je terminerai donc exceptionnellement ma chronique en chantant :
"Le fermier découragé envoie son chaton chez le boucher
Pour qu'il en fasse du hachis Parmentier, du hamburger.
Le chat hurle et disparaît dans la machine.
«De la viande poilue» est affiché sur la vitrine.
Mais le matou revient le jour suivant
Le matou revient, il est toujours vivant."

Michel

 

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