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Le 13/10/2026
Scénario : Fred DUVAL
Dessin : Brada
Couleurs : Elvire De Cock
Couverture : Emem
Dépôt légal : Septembre 2026
Éditeur : ![]()
Collection : Conquistador
Grand format
EAN/ISBN : 978-2-413-08733-5
Nombre de pages : 46
1754, Nouvelle France. Le conflit fait rage entre les tribus iroquoises et l’alliance Hurons-Wendats et Algonquins au service des armées britannique et française. Ce n’est pas rassurant pour les populations que la crainte du conflit pousse à fuir. La famille La Tour et Marie ont pris place à bord d’une embarcation qui doit les mener vers Fort Duquesne en Pennsylvanie. Avec eux l’ancien pirate converti en trappeur Jacques de Lestac qui ignore toujours que Marie est sa fille. Loup Blanc, Iroquois de la nation des Mohawks, est aussi du voyage. Lui aussi ignore que sa femme Loutre et les enfants ont dû quitter le refuge de Père Lassalle où ils étaient censés être en sécurité et qu’ils s’efforcent à présent d’échapper à la traque des Hurons-Wendats. Les affrontements entre peuples amérindiens conjugués aux rivalités franco-anglaises rendent chaque déplacement des plus dangereux, voire mortels. Pour tous, il n'y a qu'une seule et unique priorité, survivre et être enfin réunis.
Mon avis : Avec ce dernier chapitre, Fred Duval conclut les trajectoires des différents protagonistes dont le destin va enfin se jouer. Toujours dans le décor des rives de la rivière Ohio, il nous propose un scénario efficace, rythmé par les poursuites, les affrontements mais aussi les décisions que chacun sera amené à prendre pour soi-même et pour les autres. Une nouvelle fois, le récit réserve son lot de surprises et les tensions et émotions frôlent à chaque instant la catastrophe. Ce dernier tome conclut une belle fresque historique documentée ayant permis de (re)découvrir le conflit ayant opposé Britanniques et Français et leurs alliés amérindiens respectifs pour le contrôle de la rivière Ohio sur les terres du Nouveau Monde.
Côté illustrations, Brada livre un dessin réaliste, détaillé et soigné notamment pour les décors et paysages naturels, la faune locale, les embarcations, les costumes. Les scènes d’action et de combat, parfois très dures, sont bien lisibles et nerveuses et les visages expressifs. L’ensemble plonge pleinement le lecteur dans cette Amérique violente du 18e siècle. Les couleurs d'Elvire De Cock accompagnent parfaitement la narration en soulignant les différentes ambiances, décors naturels lumineux ou passages plus sombres et même situations dramatiques.
SDJuan
Le 01/10/2026

Scénario : François RAVARD
Dessin : François RAVARD
Couleurs : Philippe DE LA FUENTE
D'après l'univers graphique de TARDI
Adapté du roman de Léo MALET
Dépot légal : septembre 2026
Editeur : ![]()
Format normal
EAN/ISBN : 978-2-203-28425-8
Nombre de pages : 85
En ce mois de septembre 1968, c’est un triste événement qui conduit le célèbre détective de Léo Malet loin de son quotidien parisien. Nous voici donc sur la petite île bretonne de Men-Bahr. Un décor maritime de carte postale qui pourrait l’inviter au repos, mais Nestor Burma, appelé auprès d’une ancienne connaissance, y débarque juste à temps pour découvrir qu’elle vient de mourir. Dès lors, les coïncidences vont s’accumuler, les silences devenir suspects et les habitants avoir chacun quelque chose à cacher.
Mon avis : Après son travail d’illustrateur sur l’album Les Rats de Montsouris paru en 2020, François Ravard s’est chargé, en auteur complet cette fois, d’adapter le dernier roman de Léo Malet (publié en 1970). Dans le roman, Malet réussit à préserver ce qui fait le charme de Burma, son humour caustique, son goût des déductions et cette façon bien à lui de s’attirer des ennuis. Sans chercher à moderniser artificiellement le personnage de Nestor Burma, Ravard nous en propose une adaptation à la fois respectueuse de l’œuvre originale et personnelle. Son récit, qui se déroule de manière classique, laisse progressivement apparaître les ressorts d’une intrigue typique du roman noir mettant en scène un détective toujours aussi mordant dans un environnement très plaisant où vont s’entremêler disparitions, mensonges et anciens secrets.
Au dessin, Ravard là aussi affirme son originalité tout en restant fidèle au style Tardi. Ses décors bretons, lumineux et légèrement mélancoliques donnent à l’aventure une atmosphère différente des précédents épisodes. La mer, les maisons isolées et les routes de l’île offrent à Burma un univers aussi dépaysant qu’inquiétant.
Cet album, comme le précédent, a également sa version Canal BD avec une couverture alternative reprenant les codes jaunes et noirs de la série et un dossier graphique de 8 pages en fin d'album.
SDJuan
Le 01/10/2026
Scénario : Marc BOURGNE
Dessin : Claudio STASSI
Couleurs : <N&B> Lavis, Lelorrain, Jérémy
Dépot légal : Octobre 2025
Editeur : Graton éditeur
Format : 295mm (H) / 222mm (L)
EAN/ISBN : 978-2-390-60096-1
Nombre de pages : 168
Avant les circuits internationaux et avant que le nom Vaillant ne devienne synonyme de compétition automobile, il y a Henri. Ado au caractère bien trempé, Henri quitte sa Bretagne natale pour tenter sa chance en Alsace, plus précisément à Molsheim chez le constructeur automobile Bugatti où il sera embauché comme mécanicien. Il va y rester neuf ans à travailler sur divers projets. Son passage chez Bugatti constitue une première étape déterminante. C’est là en effet qu’il va découvrir un monde mécanique qui va nourrir son ambition. Car Henri ne veut pas seulement travailler dans l'automobile. Il veut construire quelque chose qui lui appartienne. Son rêve de participation aux grandes compétitions va progressivement se mêler à celui de créer sa propre écurie de course qu’il appellera Vaillante.
Mon avis : Cette intégrale réunit les trois récits − Passion, Famille et Victoires − édités en coffrets collectors entre février 2023 et avril 2025. Le contenu constitue une vraie valeur ajoutée pour les lecteurs de Michel Vaillant car en transformant l’un des personnages secondaires de la saga en personnage principal il propose un véritable récit de fondation autour de la famille Vaillant. On connaissait déjà Henri comme le père de Michel et comme l'homme à l'origine de l’écurie Vaillante mais on découvre ici tout ce qu'il y a derrière cette image. Son parcours permet également de revisiter certains éléments fondamentaux de la mythologie Michel Vaillant sous un autre angle. Le récit fait notamment le lien avec les débuts de la saga originale en créant même une continuité intéressante avec l’album Le Grand Défi, premier des grands récits historiques de Michel Vaillant paru en janvier 1959. L'histoire personnelle et l'histoire automobile finissent par se confondre.
Avec Henri Vaillant – Une vie de défis, Marc Bourgne et Claudio Stassi remontent le temps pour s'intéresser à l’ascension d’un personnage longtemps resté dans l'ombre de son fils, Henri Vaillant, le père de Michel. Couvrant la période des années 1930 à l'après-guerre (du départ d'Henri pour Bugatti à la fondation de sa propre écurie), le contexte historique joue un rôle important dans cette ascension. La montée du nazisme, la guerre puis l'après-guerre constituent autant d'obstacles auxquels Henri va devoir se confronter. Au scénario, Marc Bourgne suit fidèlement cette chronologie historique évoquant autant d’événements, de lieux ou dates réels qui apportent beaucoup de vraisemblance au récit. La dernière partie donne naturellement plus d’importance à la dimension sportive. Les premières grandes aventures de l'écurie Vaillante et les compétitions auxquelles Henri et ses proches prennent part donnent au récit une coloration plus proche de la série-mère. Les rallyes et les courses permettent ainsi de faire progressivement le lien avec le monde que les lecteurs de Michel Vaillant connaissent déjà. 
Graphiquement, Claudio Stassi apporte quelque chose de différent à l'univers de Michel Vaillant. La couleur d’abord car en travaillant en lavis et nuances de gris il donne aux souvenirs d'Henri une atmosphère volontairement rétro avec une véritable personnalité. Ensuite, son dessin réaliste donne aux planches une atmosphère quasi historique. Cela fonctionne très bien et la colorisation proposée en fin d’intégrale réussit à conserver une partie de cette ambiance rétro tout en créant le lien avec les albums Michel Vaillant. Stassi ne cherche pas simplement à s’en tenir aux codes graphiques de la série-mère. Il nous propose sa propre interprétation avec son propre style graphique, des personnages expressifs, des décors et des ambiances travaillés qui accentuent le réalisme du récit. Les scènes automobiles bien sûr bénéficient d'un soin tout particulier.
Pour les lecteurs connaisseurs de Michel Vaillant, ce récit vient compléter l’histoire de cette famille en présentant certains personnages et certains événements sous un jour nouveau. Pour ceux qui connaissent moins bien la saga, il peut se lire comme une chronique familiale et entrepreneuriale située dans une période particulièrement mouvementée de l'histoire européenne.
SDJuan
Le 21/08/2026
Scénario: Tom C. WINTER & FERN
Dessin: FERN
Couleurs: <N&B>
Dépot légal: 2026
Editeur: Fern.comics
Format normal
Nombre de pages: 180 + 18 illustrations
Tirage limité numéroté pour l'intégrale.
Tomes 1 & 2 chez TheNextArt Verlag
Tomes 3 & 4 chez 7éditions.
Je dois vous avouer que j’ai toujours eu un faible pour les westerns "crasseux" où les protagonistes ne sont jamais tout noir ou tout blanc. Je préfère mille fois un film de Clint Eastwood ou certains westerns dit spaghetti, avec Franco Nero par exemple, exception faite du Rio Bravo de John Wayne avec Dean Martin. Il en va de même pour les BD. Je fus en son temps un fan de Blueberry, l’antihéros par excellence, comme de Mac Coy de Gourmelen et Palacios. Je demeure un aficionado absolu de Jonathan Cartland de Blanc-Dumont et Harlé, et plus récemment de Undertaker de Meyer et Dorison. Chaque fois, des personnages un peu borderline comme je les aime.
Lorsque Fern, le dessinateur, m’a proposé d’acquérir l’intégrale de sa bande dessinée Sinnerman, j’avoue ne pas avoir hésité longtemps. Déjà, parce que j’avais pu en voir quelques cases publiées sur les réseaux, mais aussi parce que l’idée de découvrir un western teinté de mysticisme, qui plus est en noir et blanc, avait tout pour me plaire. Et puis, dès les premières pages, entendre à l’oreille la voix de Nina Simone chanter ce gospel afro-américain Oh, sinnerman, where you gonna run to? Sinnerman where you gonna run to? Where you gonna run to? All on that day We got to run to the rock… ça n’a pas de prix.
Sinnerman, c’est l’histoire d’un tueur, une brute sans foi ni loi, autrefois connu sous le nom de Johnny Gunn. Un chef de bande laissé pour mort par ses comparses lors de la mise à sac d’une maison. Excédés de ne rien avoir trouvé, les bandits tuent les propriétaires, incendient la maison dans laquelle se trouve une petite fille, et le leader, le dénommé Shane, abat Johnny de plusieurs balles dans le dos. Mais Penny, la petite disparue, n’en a pas fini avec lui. Elle le ramène à la vie pour l’envoyer traquer les assassins de ses parents. Le Sinnerman ne trouvera pas la paix et la rédemption avant d’avoir accompli cette tâche.
Le noir et blanc ne laisse la place à aucune erreur, mais surtout il magnifie les scènes de combat, les morts violentes, les paysages désertiques de l’Ouest américain. Fern s’y sent à l’aise et cela se ressent à travers les traits bruts. Il donne corps à la poussière, au sang, au bruit. Les traits monolithiques du Sinnerman ne seraient sans doute pas aussi réussis s’il y avait de la couleur. C’est pour cela que j’ai toujours préféré les Corto Maltese en noir et blanc. Tout au long des quatre tomes que constitue cette intégrale, le lecteur est happé par l’ambiance omniprésente, le côté vrai du western où rien ne paraît beau. Les auteurs respectent le mythe du cowboy mais pour mieux se le réapproprier. Et toujours, cette lancinante chanson des années 50 version Nina Simone en 1965, ou encore la version des Weavers de 1959, chanson sur le péché et la quête du pardon. Et du salaud ultime, les auteurs tirent un être beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, pour lequel plus rien d’autre ne compte que d’obtenir le pardon d’une innocente fillette brûlée vive.
Une excellente découverte, une excellente BD, un très bon western comme on aimerait en lire plus souvent.
Mes remerciements aux deux auteurs pour cet excellent moment de dépaysement.
Richard Colombo



