Bloodshot 1. A feu et à sang
- Accueil
- Chroniques
- Bloodshot
Bloodshot
Par
asbl-creabulles
Le 07/02/2014
Scénariste: Swierczynski, Duane
-
Daredevil "End of Days" 1 et 2.
Daredevil - End of days 1 et 2/2Scénario: David Mack, BM BendisDessin: Maleev, Sienkiewicz ... -
Matteo Tome 3 par Gibrat.
Mattéo, Troisième époque (août 1936)Scénario, dessin et couleurs: ...
Articles similaires
Le 21/08/2026
Scénario: Tom C. WINTER & FERN
Dessin: FERN
Couleurs: <N&B>
Dépot légal: 2026
Editeur: Fern.comics
Format normal
Nombre de pages: 180 + 18 illustrations
Tirage limité numéroté pour l'intégrale.
Tomes 1 & 2 chez TheNextArt Verlag
Tomes 3 & 4 chez 7éditions.
Je dois vous avouer que j’ai toujours eu un faible pour les westerns "crasseux" où les protagonistes ne sont jamais tout noir ou tout blanc. Je préfère mille fois un film de Clint Eastwood ou certains westerns dit spaghetti, avec Franco Nero par exemple, exception faite du Rio Bravo de John Wayne avec Dean Martin. Il en va de même pour les BD. Je fus en son temps un fan de Blueberry, l’antihéros par excellence, comme de Mac Coy de Gourmelen et Palacios. Je demeure un aficionado absolu de Jonathan Cartland de Blanc-Dumont et Harlé, et plus récemment de Undertaker de Meyer et Dorison. Chaque fois, des personnages un peu borderline comme je les aime.
Lorsque Fern, le dessinateur, m’a proposé d’acquérir l’intégrale de sa bande dessinée Sinnerman, j’avoue ne pas avoir hésité longtemps. Déjà, parce que j’avais pu en voir quelques cases publiées sur les réseaux, mais aussi parce que l’idée de découvrir un western teinté de mysticisme, qui plus est en noir et blanc, avait tout pour me plaire. Et puis, dès les premières pages, entendre à l’oreille la voix de Nina Simone chanter ce gospel afro-américain Oh, sinnerman, where you gonna run to? Sinnerman where you gonna run to? Where you gonna run to? All on that day We got to run to the rock… ça n’a pas de prix.
Sinnerman, c’est l’histoire d’un tueur, une brute sans foi ni loi, autrefois connu sous le nom de Johnny Gunn. Un chef de bande laissé pour mort par ses comparses lors de la mise à sac d’une maison. Excédés de ne rien avoir trouvé, les bandits tuent les propriétaires, incendient la maison dans laquelle se trouve une petite fille, et le leader, le dénommé Shane, abat Johnny de plusieurs balles dans le dos. Mais Penny, la petite disparue, n’en a pas fini avec lui. Elle le ramène à la vie pour l’envoyer traquer les assassins de ses parents. Le Sinnerman ne trouvera pas la paix et la rédemption avant d’avoir accompli cette tâche.
Le noir et blanc ne laisse la place à aucune erreur, mais surtout il magnifie les scènes de combat, les morts violentes, les paysages désertiques de l’Ouest américain. Fern s’y sent à l’aise et cela se ressent à travers les traits bruts. Il donne corps à la poussière, au sang, au bruit. Les traits monolithiques du Sinnerman ne seraient sans doute pas aussi réussis s’il y avait de la couleur. C’est pour cela que j’ai toujours préféré les Corto Maltese en noir et blanc. Tout au long des quatre tomes que constitue cette intégrale, le lecteur est happé par l’ambiance omniprésente, le côté vrai du western où rien ne paraît beau. Les auteurs respectent le mythe du cowboy mais pour mieux se le réapproprier. Et toujours, cette lancinante chanson des années 50 version Nina Simone en 1965, ou encore la version des Weavers de 1959, chanson sur le péché et la quête du pardon. Et du salaud ultime, les auteurs tirent un être beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, pour lequel plus rien d’autre ne compte que d’obtenir le pardon d’une innocente fillette brûlée vive.
Une excellente découverte, une excellente BD, un très bon western comme on aimerait en lire plus souvent.
Mes remerciements aux deux auteurs pour cet excellent moment de dépaysement.
Richard Colombo
Billy the Kid L'histoire est toujours écrite par les vainqueurs
Le 10/08/2026
Scénario : Alexandre CHENET
Dessin : Loïc SÉCHERESSE
Couleurs : Loïc SÉCHERESSE
Dépot légal : août 2026
Editeur : ![]()
Grand format
EAN/ISBN : 978-2-203-24375-0
Nombre de pages : 240
Dans l'Ouest américain de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, le jeune Billy Bonney, futur Billy the Kid, tente de trouver sa place dans un monde où la loi est souvent dictée par les plus puissants. Sans famille, sans foyer, sans attaches, c'est auprès d'un riche propriétaire qu'il va apprendre les codes pour devenir un hors-la-loi respectant les règles. Entre conflits locaux, règlements de comptes et quête de liberté mais surtout après avoir été lâché par son employeur, il va finalement se retrouver entraîné dans une spirale de violence qui va peu à peu forger sa réputation.
Mon avis : Billy the Kid fait partie de ces personnages dont la réputation dépasse largement la réalité historique. Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse revisitent cette figure emblématique du Far West en privilégiant une approche qui s'intéresse autant à l'homme qu'à la légende. Ils prennent le temps d'installer son environnement et nous décrivent un Ouest américain marqué par la violence, les rivalités et les intérêts individuels. Au fil du récit, les auteurs explorent la naissance de cette figure mystérieuse devenue légendaire, en montrant comment les faits, les témoignages et les récits ont contribué à construire le mythe de Billy the Kid et cela tout en gardant un ton humoristique. Plutôt que de multiplier les scènes d'action, le scénario cherche à comprendre comment un jeune homme a pu devenir l'un des hors-la-loi les plus célèbres de l'histoire. Cette approche donne de la profondeur au personnage et évite de tomber dans une vision trop héroïque ou trop caricaturale. Les auteurs rappellent que la frontière entre les faits et les récits qui les entourent est souvent mince, laissant au lecteur le soin de se faire sa propre opinion sur le personnage.
Le dessin de Loïc Sécheresse accompagne parfaitement cette narration. Son trait expressif donne du caractère aux différents personnages, tandis que les décors aux couleurs très réussies restituent efficacement l'atmosphère des grands espaces de l'Ouest. Chaque petite vignette semble avoir été pensée comme une aquarelle. La mise en scène est claire et fluide, ce qui rend la lecture agréable du début à la fin, exploit à souligner vu la taille de l’album (240 pages).
Grâce à un bon équilibre entre un récit historique et humoristique et le western, l’album constitue une lecture recommandée tant aux amateurs de western qu’à ceux qui apprécient les récits historiques.
SDJuan
Le 21/06/2026
Scénario : Yves H.
Dessin : HERMANN
Couleurs : HERMANN
Couverture : HERMANN et François CERMINARO
Dépot légal : avril 2026
Editeur : 
Grand format
ISBN : 9782808218597
Nombre de pages : 62
À Cartagena, au Mexique, la jeunesse des quartiers pauvres est prise au piège: la drogue ou la misère. À 18 ans, Alvaro refuse de baisser les bras mais ne voit aucune issue. Avec son ami Nacho, ils basculent et rejoignent le redoutable cartel d’"El Cocho" Arriega. Pour prouver leur loyauté, les deux adolescents reçoivent l'ordre d'exécuter des prisonniers de sang-froid. Alvaro hésite, tremble mais en proie à une peur panique finit par obéir. Cela provoque aussitôt un déclic chez lui. Dans un sursaut de survie, il retourne son arme et abat l’un des chefs du gang local qui n’est autre que le neveu d’Arriega. Devenus des hommes à abattre, Alvaro et Nacho s'enfuient vers la frontière américaine. C’est là qu’ils vont croiser, Félix Garzon, un flic quadragénaire fatigué qui les regarde courir…
Mon avis : Sorti quelques semaines après la mort d'Hermann, ce roman graphique résonne comme un testament. C'est une œuvre noire à l’image du regard que le dessinateur portait de plus en plus sur notre monde. Le coup de maître de cet ultime album est bien de parler de la misère absolue et du crime sans jamais porter de jugement ni tomber dans le voyeurisme. Cartagena ne donne pas de leçons. Le livre montre simplement, avec un regard froid, l’importance du poids du destin et d'un univers qui manipule ou étouffe ses enfants.
Malgré la maladie, Hermann livre ici des planches d'une énergie folle. Sa mise en couleur directe, plus lumineuse que dans ses derniers albums, nous plonge dans la poussière et la sueur comme lui seul savait les transmettre. On y retrouve ses fameux visages fatigués aux mâchoires carrées portant en eux toute la détresse ou la noirceur du monde. Le scénario d'Yves H. est d'une fluidité exemplaire. On est emporté dans une aventure mêlant road trip étouffant, récit existentiel et course contre la montre où chaque case souligne l'urgence de survivre.
Le 24/05/2026
Scénario : Luc JACAMON
Dessin : Luc JACAMON
Couleurs : Luc JACAMON
Adapté de : Giuliano DA EMPOLI
Dépot légal : avril 2026
Editeur : Casterman
Format normal
EAN/ISBN : 978-2-203-29662-6
Nombre de pages : 144
Vadim Alexeievitch Baranov ne ressemble ni à son grand-père, un aristocrate au franc-parler amateur de chasse dans les forêts de Sibérie, ni à son père qui pour fuir les ennuis a vite rejoint le mouvement des Pionniers communistes et le Komsomol. Lui, c'est le théâtre qui l’attire. Il veut en faire son métier mais Ksenia, l'amour de sa vie, va lui faire comprendre qu'il ne fait pas partie de cette nouvelle vague de jeunes hommes richissimes et qu'il est temps pour elle de passer à autre chose. À une époque où la télévision est devenue omniprésente, Vadim va décider d’utiliser son expérience théâtrale pour devenir producteur de télé-réalité. Le succès est vite au rendez-vous. Un jour, son ami Boris Berezovski, considéré comme le vrai patron de la Russie, le contacte pour lui faire une proposition qui va littéralement transformer sa vie mais pas seulement. Son projet : l’aider à former un nouveau parti politique afin d’accompagner un certain Vladimir Poutine à se présenter aux prochaines élections. Vadim fait forte impression auprès de Poutine qui à l’époque travaille dans les services secrets. Il s’efforce de le motiver pour devenir le nouveau Tsar, mais Poutine n’est pas enclin à se laisser guider aussi facilement car il sait se mettre en scène naturellement. Il promet au peuple de rétablir la loi et l’ordre à l’intérieur du pays et de lui redonner sa grandeur et sa puissance à l’extérieur. Malgré tout, il a compris que Vadim pouvait être l’homme de l'ombre qu’il lui fallait. C’est ainsi que Vadím deviendra le Mage du Kremlin.
Mon avis : En adaptant le roman de Giuliano da Empoli, Luc Jacamon nous plonge dans les coulisses de l'arrivée au pouvoir d'un ex-officier du FSB accompagné par "le mage du Kremlin" qui était censé le préparer et le façonner. En réalité, Poutine va se charger seul de son ascension puis de son accession au pouvoir. Nommé Premier ministre par Boris Eltsine en août 1999 puis, lorsque ce dernier démissionne, Président par intérim en décembre, Poutine devient populaire grâce à son action vigoureuse contre les indépendantistes tchétchènes. Il remporte les élections de mars 2000 à la présidence de la Russie et depuis n’a cessé de maintenir son emprise sur le pouvoir. Manœuvres et machinations pour éliminer des concurrents, manipulations de toutes sortes tout va contribuer à installer un dictateur assoiffé de pouvoir, de puissance et nostalgique de la grandeur et de la splendeur révolues tant de la période impériale que de l’époque soviétique de l’URSS.
Le style de Jacamon colle parfaitement à cet univers des coulisses du pouvoir. Il nous l'avait déjà parfaitement prouvé avec sa série-phare Le Tueur. Mais si son dessin impressionne dès sa couverture ou les premières pages avec ces magnifiques planches de chasse à l'ours, le reste de l’album confirme son immense talent qu’il s’agisse d’événements tragiques, attentats ou scènes de guerre, mais aussi du quotidien des coulisses du pouvoir politique ou de l’univers mondain et du luxe de l’élite fortunée et de la jet-set.
Un album impressionnant tant par son récit que par sa narration visuelle très convaincante à lire absolument.
SDJuan
