Créabulles, Expositions, Dédicaces, Rencontres.

Henri Reculé

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UNE ADOLESCENCE AU CHILI…

MitchVH : Né de l’union d’un papa belge et d’une maman chilienne, vous voyez le jour le 2 juin 1970 sur le continent Sud Américain… et vous n’êtes revenu en Belgique qu’à l’âge de 14 ans. Qu’avez-vous retenu de votre jeunesse et aviez-vous, à cette époque, connu une passion particulière ?

Henri Reculé: J’ai ouvert les yeux à Viña del Mar… une ville d’environ 330.000 âmes qui est née de la fusion de deux haciendas, Las siete hermanas et Viña del mar. En prenant la Route 68, elle se situe à 120 kilomètres de la capitale, Santiago du Chili. Il s’agit d’une cité balnéaire se situant au milieu du pays. J’y ai eu une enfance des plus normales. Je dessinais déjà beaucoup… mais pas du tout avec l’idée d’en faire un métier !

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MitchVH : Votre intérêt pour la Bande Dessinée s’est-il manifesté au « Pays du Neuvième Art » ou, déjà, au Chili ?

Henri Reculé: Oui, c’était déjà au Chili. Notamment en découvrant le magazine « Mampato »… créé en 1968 par Eduardo Armstrong. Dommage que cette publication se soit arrêtée dix années plus tard !

MitchVH : Avez-vous un souvenir d’une Série ou d’un personnage qui vous a profondément marqué ?

Henri Reculé: Mampato et Ogu, les personnages phares du magazine « Mampato »… une revue du type « Spirou » avec plein de Bandes Dessinées différentes à découvrir. Mampato était dessiné par Themo Lobos un grand dessinateur chilien… une vraie vedette nationale ! Le personnage avait une ceinture spatio-temporelle qui lui permettait de voyager dans le passé ou le futur. C’était vraiment ma série de prédilection !

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MitchVH : En Belgique, même si les enfants ont l’embarras du choix de trouver leur bonheur sur les étalages des librairies spécialisées, on remarque que nombre d’entre eux ont été attirés par les Super-Héros des Comics US ! Avez-vous été séduit par ces productions américaines ?

Henri Reculé: Au Chili, on était surtout nourris aux Comics. Mis à part les BD sud-américaines, les Comics étaient les seules Bandes Dessinées que l’on pouvait trouver. Même si j’aime beaucoup Iron Man, j’ai une affection particulière pour Conan le Barbare… sans conteste, c’est mon personnage préféré ! Aujourd’hui, je suis toujours très influencé par le travail d’Alfredo Alcalà (et John Buscema) en noir et blanc dans les « Savage Sword Of Conan ». J’aimais aussi le Batman de Neal Adams.

MitchVH : Depuis une bonne dizaine d’années, les Etats-Unis adaptent – de plus en plus – de films issus des Editions Marvel. Qu’en pensez-vous ?

Henri Reculé: J’en aime certains… J’ai une préférence pour les « Batman » de Christopher Nolan. J’irai voir le film de Patty Jenkins… son « Wonder Woman » m’intéresse beaucoup. Chez Marvel, je suis – habituellement – séduit par le premier volet… Au fur et à mesure des épisodes, j’ai l’impression que le projet perd de sa profondeur initiale. Il y a, à mon sens, une surenchère… Il en est de même pour Iron Man, Captain America et même Thor.

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MitchVH : Le côté « très sombre… voire oppressant » de Nolan ajoute une touche indéniable à l’univers de ses « Batman » mais le travail réalisé par Tim Burton ne vous a-t-il pas impressionné… tout comme, d’ailleurs, l’interprétation de Michaël Keaton et/ou l’incarnation surprenante de Jack Nicholson dans le rôle du Joker, la plastique de Michelle Pfeiffer jouant Selina « Catwoman » Kyle,… ?

Henri Reculé: Le côté sombre de Batman vient surtout de Franck MillerChristopher Nolan et son frère ont eu l’intelligence de s’y référer grandement. Les « Batman » de Tim Burton m’ont, bien évidemment, marqué en 1989 et ‘92. Graphiquement, c’était très intéressant !

MitchVH : La dernière production cinématographique en date, c’est « Wonder Woman » de la réalisatrice Patty Jenkins… qui, en 2003, avait offert à l’actrice sud-africaine Charlize Theron un rôle magnifique dans « Monster » ! En tant que femme, la réalisatrice californienne a su – merveilleusement – mettre le jeu des actrices en évidence… ce fut également le cas pour l’interprétation de la comédienne Mireille Enos pour la série télévisée « The Killing ». Néanmoins, la Princesse des Amazones n’a plus beaucoup de points communs avec le personnage, incarné par Linda Carter, dans la série télévisée des années ’70 ! Que pensez-vous de ces films qui multiplient les effets epéciaux… et qui oublient, trop souvent, le côté kitch qui faisait pourtant le charme des feuilletons d’antan ?

Henri Reculé: Comme dit précédemment, la version « Wonder Woman » de Patty Jenkins m’intéresse vraiment ! Charlize Theron et Mireille Enos (sublime dans « The Killing US ») sont de très bonnes actrices et je pense qu’elles apportent beaucoup de crédibilité à leurs personnages. Dans le cas de « Wonder Woman », j’étais fan de la série TV et, bien sûr, de Linda Carter. Toutefois, je ne pense pas que le côté kitsch pourrait – encore, aujourd’hui, me fasciner ! Pour ma part, j’ai une préférence pour les Comics qui s’enracinent un peu plus dans la réalité… comme, par exemple, le « Batman » de Frank Miller ! Qu’il s’agisse de « Dark Knight » ou de « Year One » (avec David Mazzucchelli) est l’un de mes préférés.

MitchVH : A 18 ans, vous êtes entré à l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Saint-Luc, à Liège ! Est-ce une erreur de ma part de penser que votre idée de faire – professionnellement – de la BD vous a, très rapidement, traversé l’esprit ?

Henri Reculé: En fait, je voulais faire de l’illustration publicitaire. Naïvement, je pensais faire des affiches de films.

MitchVH : Qu’avez-vous retenu de ces années d’études ?

Henri Reculé: Je pense que passer par une école dans laquelle vous n’êtes plus le seul à « savoir dessiner » est une chose très intéressante. Cela vous remet, un peu « les idées en place » ! Le côté négatif, c’est qu’il y a tellement de possibilités artistiques à développer que l’on sort, rarement, en pouvant affirmer : « J’en maîtrise une à fond! ».

A PEINE SORTI DES BEAUX-ARTS… UN PRIX, DANS LA POCHE !

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MitchVH : En 1989, vous participez à un concours « Jeunes Auteurs », organisé par la maison d’édition belge « Le Lombard » et vous raflez le Premier Prix ! Vous serait-il possible de partager vos souvenirs à propos de cet épisode – très important – dans votre début de carrière ?

Henri Reculé: Il s’agissait d’un concours pour le magazine « Jet ». Un magazine pour jeunes talents édité par Le Lombard. C’est, plus ou moins, par hasard que j’y ai participé. Mon ami et camarade de classe Jean-Luc Sala n’ayant pas le temps d’y participer – seul – m’a proposé de le faire ensemble. J’ai, dès lors, fait les crayonnés sur base de son scénario. Jean-Luc a, quant à lui, réalisé les encrages. Notre travail a – visiblement – plu et nous avons remporté le concours.

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MitchVH : Votre première BD (« La Légende de Kynan ») sort en ’93… Cela veut-il faire sous-entendre qu’il a fallu plusieurs pour « ré-apprendre votre métier » avec les professionnels qui vous entouraient ?

Henri Reculé: Non… pas du tout ! En effet, « La Légende de Kynan » a été réalisée assez vite après le concours. On devait être début 1991, Jean-Luc et moi finissions notre troisième et dernière année à Saint-Luc. En juillet de la même année, j’avais mon diplôme et on rentrait les dernières planches de Kynan. J’ai proposé la série « Castel Armer » en septembre. C’était un projet que je peaufinais depuis deux ou trois ans. J’ai commencé les premières planches début ’92. La seule personne qui m’a donné des conseils à l’époque, ce fut Tibet… le père de Chick Bill ! Il faut préciser qu’il était Directeur artistique… c’était un peu son job ! Après, ce sont surtout des réflexions avec l’éditeur ou des remises en question personnelles.

MitchVH : « La Légende de Kynan » est une Bande Dessinée qui appartient au genre Heroic Fantasy… Cette orientation scénaristique était-elle votre idée ou celle du scénariste Jean-Luc Sala… avec lequel vous aviez déjà travaillé sur « Le Grand Veneur » ?

Henri Reculé: Oui, c’était sensé être juste une histoire courte de 6 pages pour le magazine « Jet » du Lombard. A la réception du synopsis, on nous a demandé d’en faire un album pour leur collection « One Shots ».

PREMIER ENVOL… EN SOLITAIRE

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MitchVH : 1994 symbolise, l’année où vous décidez de « voler de vos propres ailes » ! En effet, vous proposez « Castel Armer »… une BD se déroulant à l’époque médiévale. En portant les casquettes de Dessinateur / Scénariste / Coloriste, souhaitiez-vous, à l’époque, prouver vos multiples talents ?

Henri Reculé: Ce n’est pas tout à fait en ’94, ça c’est la date de parution du premier « Castel Armer ». L’album a été réalisé en ’91-’92, je pense ! (rires) « Castel Armer », c’était déjà mon projet de série à Saint-Luc. Les premières ébauches du scénario datent de l’été ’89. Sur la Légende de Kynan, paru en ’93 mais réalisé entre janvier et juin ’91, je ne faisais que les crayonnés. Dès lors, il était normal que je me lance sur autre chose ensuite. Finalement, je peux affirmer que c’est – tout naturellement – que j’ai proposé mon scénario médiéval.

MitchVH : Vouloir s’occuper de tout, n’est-ce pas aussi risqué que de « jouer à la roulette russe » ?

Henri Reculé: Non, c’était juste dans la logique des choses. Je débarquais dans le milieu et tout s’est mis naturellement en route comme ça.

MitchVH : La Série « Castel Armer » comporte cinq volumes (« Le geste du Temple », « La blanche biche », « La croisade des pastoureaux », « L’appel du Loup » et « Au nom du père »). De 1994 à ’97, cette « aventure solitaire » n’a-t-elle pas été trop éprouvante, stressante,… Toutes ces responsabilités, cela ne doit pas être évident à devoir « porter sur ses épaules » ?

Henri Reculé: Oui, c’est la raison pour laquelle j’ai opté – sous conseil de mon éditeur – de travailler avec un scénariste. Je pense qu’on devait être en avril 1996. Si ma mémoire est bonne, je travaillais sur le dernier « Castel Armer ». L’histoire, c’est que l’on m’a soumis une liste de plusieurs scénaristes que l’éditeur pouvait me présenter. Le seul dont je ne connaissais pas le travail, c’était Stephen Desberg ! Je ne lisais absolument pas de BD humoristique, d’où mon ignorance à son égard. A l’époque, il venait de sortir « Le Sang Noir » et « L’étoile du Désert »… avec, respectivement, Vrancken et Marini au dessin. J’ai bien aimé ces deux livres et la rencontre avec Stephen m’a convaincu qu’il était envisageable de faire quelque chose ensemble. Mon intuition était bonne puisque notre collaboration dure depuis 21 ans ! (rires)

RENCONTRE AVEC LE SCENARISTE STEPHEN DESBERG

MitchVH : Après avoir terminé « Castel Armer », est-ce que vous vous êtes dit : « Je vais me chercher un scénariste… un gars qui va m’épauler dans mon travail de dessinateur » ?

Henri Reculé: Non, la vérité c’est que j’avais l’impression de ne pas savoir si je racontais bien mes histoires dans le texte ET l’image. Au Lombard, on m’a proposé de travailler avec un scénariste et ils nous ont mis en contact.

MitchVH : Est-il exact que vous aviez cherché, en 1998, un scénariste dont vous ne connaissiez pas du tout le travail… N’est-ce pas un peu étrange… surtout lorsque l’on sait que vous croisiez, régulièrement, des conteurs d’histoires dans les couloirs de la maison d’édition « Le Lombard » ?

Henri Reculé: Ce ne pas tout à fait ça ! C’était en 1996, j’avais encore le dernier « Castel Armer » à terminer et Le Lombard m’a proposé de me mettre en contact avec un scénariste. Ils m’ont proposé plusieurs noms dont celui de Stephen Desberg. Je ne connaissais pas son travail à l’époque. Jusque-là il n’avait fait que de la BD dans le style humoristique. Et moi, je ne lisais absolument pas ce type de BD !

MitchVH : Comment et pourquoi, votre choix s’est-il fait focalisé sur Stephen Desberg ?

Henri Reculé: Suite à la proposition du Lombard, c’était en avril 1996, je lu les premières BD réalistes de Stephen. C’étaient « L’Etoile du Désert » avec Marini et « Le Sang Noir » avec Vrancken. J’ai bien aimé et depuis on travaille ensemble.

MitchVH : Quel scénariste aurait pu vous séduire si Stephen Desberg n’était pas disponible ou avait refusé de bosser avec vous ?

Henri Reculé: J’aurais certainement choisi un autre dans la liste… Depuis le temps, je ne me souviens plus de qui était dedans.

MitchVH : Si ma mémoire est bonne, Stephen Desberg travaillait à l’époque avec les dessinateurs belges Stéphane Colman sur le projet « Billy The Cat » et Bernard Vrancken sur la BD historique « Le Sang noir » …

Henri Reculé: Oui. Et, également, sur « L’étoile du Désert » !

MitchVH : Votre nom est associé à la BD « Le cercle des sentinelles » (vous avez remplacé le dessinateur belge Philippe Wurm sur le dernier volume « Le chemin de Laurie »). Comment cela s’est-il déroulé ?

Henri Reculé: Je travaillais sur « Le crépuscule des Anges » déjà chez Casterman et l’occasion s’est présentée de terminer cette série. Je trouvais cela intéressant d’essayer un autre graphisme.

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MitchVH : Comment avez-vous convaincu Stephen Desberg de vous rejoindre sur « Le crépuscule des Anges » (deux volumes seront édités… « Poppéa » et « Le Maestro » en 1998 et ’99) ?

Henri Reculé: On s’est vu à Bruxelles. Nous avons discuté et nous nous sommes rendus compte que nous avions envie de raconter le même type d’histoire.

MitchVH : Qui de vous deux est à l’initiative de « Le crépuscule des Anges » ?

Henri Reculé: Initialement, « Le crépuscule des Anges » était un projet de Stephen. On l’a fait en attendant de trouver un éditeur pour « Les Immortels » qui était notre premier projet. Lorsque nous l’avons proposé au Lombard, ils étaient dans toute une série de questionnements éditoriaux. En attendant, on a fait « Le crépuscule des Anges » qui avait déjà été accepté par Casterman. Il manquait juste le dessinateur.

RECULE / DESBERG… LE DUO MAGIQUE QUI FONCTIONNE PARFAITEMENT

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MitchVH : Depuis 1998, vous êtes – quasi – inséparables ! Le tandem est actif sur la Série fantastique « Les Immortels » (de 2001 à 2005, cinq volumes ont été édités… « Le tombeau de l’Ange », « La volonté du Mal », « La passion selon Nahel », « Le second Cavalier » et « Le jour de la colère ») / sur les quatre aventures de « Le dernier Livre de la Jungle »… à savoir « L’Homme », « La promesse », « Le printemps » et « Le retour » / sur l’ambitieux projet « Cassio » /…

Henri Reculé: On bosse, quoi ! (rires)

MitchVH : Sur « I.R.$. – All Watcher »… une Bande Dessinée qui fleure bon le thriller, le polar,… mettant en vedette l’Inspecteur de l’IRS (Larry B. Max) aidé par sa superbe collègue Mia Maï ! Pour le sixième tome (« La théorie des cordes fiscales »), votre rôle consiste à vous occuper de la mise en couleurs des planches dessinées par Daniel Koller… et, une fois encore, Stephen s’occupe de rédiger la trame de l’histoire… Une raison particulière à cela ?

Henri Reculé: Pour ce projet-là, j’ai juste donné un coup de main à Coquelicot, la coloriste  !

MitchVH : Au bout du compte, quelle est la « recette miracle » pour que cette collaboration dure depuis 20 années ?

Henri Reculé: La « recette miracle » ? L’envie de raconter la même histoire… tout simplement ! Entre Stephen Desberg et moi, il y a une confiance mutuelle. C’est, probablement, un autre élément qui permet que cette collaboration perdure.

MitchVH : Comme dans un « mariage traditionnel », il doit bien avoir des moments de tensions, des discussions,… Des compromis doivent, inévitablement, être trouvés ! Les moments où il est indispensable de « faire des compromis » sont-ils nombreux ?

Henri Reculé: Cela dépend des projets ! Je dirais que l’album sur lequel j’ai pris – graphiquement parlant – le plus de libertés, c’est « L’entrée du Loup »… le premier tome de « Jack Wolfgang » qui vient de paraître !

MitchVH : Finalement, le plus important, c’est que vos personnalités puissent – à un moment donné – se rejoindre… et poursuivre le projet-commun !

Henri Reculé: Il y a un scénariste et un dessinateur… après on discute pour faire le meilleur album possible !

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MitchVH : Lorsque l’on s’attarde sur votre participation à « Empire USA », on remarque que – sur cette BD aux connotations « Thriller » – vous avez porté différentes casquettes ! J’ai, sur différents sites, lu que vous avez scénarisé les histoires avec Stephen Desberg, Yann et Enrico Marini / réalisez les dessins sur les tomes 7 et 9 /… Comment percevez-vous ce projet et quelle a été la ligne de conduite pour cette série ?

Henri Reculé: Le projet « Empire USA » m’est tombé un peu dessus car Stephen Desberg voulait avoir mon avis sur son scénario… A l’époque, on bossait déjà sur « Cassio ». J’ai trouvé l’histoire très intéressante et comme Marini n’avait pas le temps de faire la dizaine de personnages requis pour la « bible graphique », j’ai donné un coup de main. Et, tout naturellement, j’ai fini par faire un album dans la Saison 1. Les infos que l’on déniche sur le Web sont souvent erronées… c’est le cas, ici ! (rires) Franchement, c’est plus simple que cela ! La série « Empire USA » a deux saisons de 6 tomes chacune. Je n’ai pas travaillé au scénario d’aucun de ces albums… Marini non plus, d’ailleurs ! Comme je l’ai signalé auparavant, j’ai créé les personnages pour les deux saisons avec MariniGriffo a réalisé les 6 couvertures de la Saison 1 et moi, je me suis occupé des 6 couvertures de la Saison 2. Philippe Ravon – graphiste chez Dargaud – les a mises en couleurs. Personnellement, je n’ai dessiné que le tome 6 de la S1 et le tome 1 de la S2. Et c’est tout !

MitchVH : En 2006, votre nom et celui du dessinateur belge Al Séverin se retrouvent sur l’album « Musée de papier ». Quel a été votre travail sur ce projet – très artistique – dessiné et scénarisé par le regretté René Hausman ?

Henri Reculé: A proprement parler, il ne s’agit pas d’un album. En réalité, ce sont des pochettes avec des illustrations. Si mon souvenir est bon, c’est parti de l’initiative des « Amis de la BD » du Festival de Boulogne-sur-Mer. Le concept: « Un auteur dessine un tableau et René complétait le dessin en faisant le personnage regardant le tableau ». C’était un tirage limité pour le festival !

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MitchVH : Quatre années plus tard, avec « 62 auteurs de Boulogne dessiné », vous participez à une oeuvre collective. Les noms de Marc Renier, René Hausman, Jacques Terpan, Francis Carin, Al Séverin,… sont à l’affiche !

Henri Reculé: Il s’agit d’un recueil de dessins ex-libris que les différents dessinateurs ont réalisé, au fil des ans, pour le Festival de Boulogne-sur-Mer. J’ai dû en faire trois ou quatre et une affiche.

2017: NAISSANCE D’UN NOUVEAU PROJET ET DU HEROS… JACK WOLFGANG !

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MitchVH : Votre nouvelle Série « Jack Wolfgang » ne risque-t-elle pas de faire de l’ombre à « Les mille et autres nuits »… cette BD fantastique que vous avez entamée, en 2015, avec l’album « Jaisalmer » ?

Henri Reculé: Très franchement, je ne pense pas ! Le premier tome de « Les Mille et Autres Nuits » est malheureusement passé complètement inaperçu.

MitchVH : Avec « Les mille et autres nuits », vous remettez en lumière les plus grands héros des « Mille et une nuits » ! En effet, Aladin, Shéhérazade, Ali Baba, le Prince Ahmed… sont réunis par le plus fortuné marchand de Bagdad qui leur confie une mission très périlleuse: retrouver trois joyaux exceptionnels. Si la tâche s’avère – déjà – très compliquée, il semblerait que la difficulté réside surtout dans la manière dont les divers protagonistes vont devoir composer – ensemble – pour atteindre leur objectif ! Ce thème de la « co-existence » est également abordé dans « Jack… » ! Est-ce une manière d’affirmer que : « L’Union fait la Force » ?

Henri Reculé: Je n’ai pas cette impression. Ce serait plus l’intérêt qu’il y a d’avoir plusieurs personnages qui chacun a des intérêts personnels… peut-être « l’Union fera la Force », mais ce n’est pas dit !

MitchVH : Maintenant que « Jack Wolfgang » est sur les rails, que va-t-il advenir de la suite de « Les mille et autres nuits » ? Une date pour le second volume était-elle déjà programmée… et le lecteur doit-il s’attendre à ce que trois épisodes soient prévus (un volume par joyau retrouvé) ?

Henri Reculé: C’était une histoire en trois volumes. Le tome deux est, pour ainsi dire, fini mais le manque d’intérêt du public / le peu de visibilité de l’album lors de sa sortie… on ne sait pas, nous obligent à proposer l’histoire complète sous une autre forme. Ce sera une Intégrale de 120 pages, je pense ! A paraître en 2018 ou 2019.

MitchVH : Comment le projet « Jack Wolfgang » a-t-il germé de votre esprit (ou de celui de votre scénariste) ?

Henri Reculé: C’est juste l’épouse de Stephen qui lui a dit, en gros, « pourquoi vous ne faites pas une histoire animalière ? ». Après, l’idée a été d’ajouter suffisamment d’éléments originaux afin de pouvoir se démarquer de ce qui existait déjà.

MitchVH : Si un parallèle avec une autre oeuvre artistique devait être fait, je pointerais « La Planète des Singes » de Pierre Boulle… qui, en 1963, avait connu un immense succès en présentant l’émancipation des animaux ! Partagez-vous cet avis ?

Henri Reculé: Je n’ai jamais lu les romans de Pierre Boulle mais le film, réalisé en 1968, par Franklin Schaffner (avec Charlton HestonRoddy McDowall,…) reste un de mes films cultes. Très sincèrement, je n’ai pas pensé à cette oeuvre en faisant Jack.

MitchVH : Scénaristiquement, votre BD stipule que les animaux ont – petit à petit – commencé à vivre avec les hommes… non pas pour devenir leur animal de compagnie mais pour partager leur vie. Bien qu’ils se tiennent « sur deux pattes », les animaux ont – néanmoins – un niveau social moins important que les humains!

Henri Reculé: C’est ça… au bout du compte, c’est le reflet de notre société.

MitchVH : En montrant que les humains appartiennent à l’Elite de la Société, que les animaux doivent – sans résistance – suivre les ordres,… vouliez-vous accentuer la « personnalité rebelle » de l’Agent Jack Wolfgang ?

Henri Reculé: Pas nécessairement. C’est juste qu’il faut situer les personnages dans leur contexte social. Surtout dans cette série qui mêle humains et animaux. Mais ce n’est pas ça l’histoire qu’on raconte.

MitchVH : Alors qu'il était en train d’enquêter sur une affaire délicate, Jack Wolfgang est obligé d’arrêter ses investigations… En acceptant de suivre les ordres du Grand Patron de la CIA, il risque que le meurtre de son ancien mentor – Rocky Dakata – ne soit pas élucidé… et cela, il ne va pas le tolérer ! Votre héros a toutes les qualités d’un 007 : courage, sens de l’honneur et du devoir, fidélité envers ses amis,…

Henri Reculé: Ce cher 007 est une de nos influences !

MitchVH : Sans vraiment dévoiler le déroulement de l’intrigue, Jack Wolfgang va investiguer – avec la très belle Antoinette Lavaux, de la Brigade Française des Stupéfiants – dans le milieu mafieux de l’industrie alimentaire. C’est réellement un « coup de génie » d’incriminer – dès votre premier volume – l’industrie alimentaire car l’équilibre qui existe entre les omnivores et les carnivores est – justement – envisageable grâce au Qwat… un étrange mélange secret parfumant le tofu ! De quoi s’agit-il, en réalité ?

Henri Reculé: Il nous a semblé important, pour un premier album, de justement traiter du problème évident de « qui mange quoi », surtout dans une série où humains et animaux vivent de concert.

MitchVH : Le Qwat a beau reproduire tous les goûts, toutes les viandes, tous les poissons,… et ce pour installer une paix entre toutes les espèces, on remarque – assez rapidement (cf. les deux chiens policiers mangeant leur Quatburger) que la subtilité du produit n’est pas encore au rendez-vous ! Un chien propose d’ailleurs: « Ils pourraient les améliorer avec quelque chose… un petit parfum de réverbère ». Finalement, ce manque de saveur existe – depuis des années – dans notre société ! Faites-vous, dans votre BD, une critique de la médiocrité des aliments produits par les industries… alors que, chaque jour, le consommateur est gavé d’émissions culinaires prônant le « bon goût » ?

Henri Reculé: Non, c’est juste un trait d’humour.

MitchVH : Lorsque la vache (Ralph Chateaubriand) dit « Un jour, ce sera peut-être moi qui mangerais de la viande. Bien sûr, je n’ai pas les dents pour la couper et la mâcher », on a la sensation que la « crise de la vache folle » a été évoquée ! Partagez-vous cette impression ?

Henri Reculé: A ma connaissance, c’est juste la réflexion du personnage. Mais, notre société a connu et connait encore ses dérives. On peut trouver pas mal de clin d’œils voulus (ou pas) dans pas mal d’albums.

MitchVH : En offrant à votre héros une « couverture » de critique culinaire pour le « New Yorker », vous surfez toujours sur la vague de ces émissions populaires. Jack Wolfgang est-il, sincèrement, un spécialiste du tofu… ou « joue-t-il » simplement un rôle pour faciliter son infiltration dans le milieu industriel ?

Henri Reculé: C’est un vrai critique gastronomique. Comment s’est-il trouvé à la CIA, cela je ne sais pas !

MitchVH : Jack est un Agent de la CIA qui possède de nombreux points communs avec 007 ! Mis à part qu’il possède toutes les caractéristiques du « parfait séducteur », il voyage, il rencontre de jolies filles, … A ce propos, le lecteur peut-il espérer que le tandem Jack Wolfgang / Antoinette Lavaux se rapproche plus intimement afin de vivre une histoire d’Amour ?

Henri Reculé: Wait & See… Même si le personnage de Miss Lavaux n’est pas omniprésente dans le tome 2, la relation entre les deux héros se précise ! (rires)

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MitchVH : Sachant que vous avez eu du mal à trouver les traits que vous souhaitiez pour dessiner la belle Antoinette Lavaux, n’est-ce pas un peu dommage de la mettre entre parenthèses ?

Henri Reculé: C’est vrai que j’ai sué pour créer Mlle Lavaux ! (rires) Vous savez, lorsque l’on n’est pas habitué à dessiner des personnages féminins avec d’autres proportions que celles de la « réalité », la difficulté est énorme ! Heureusement, après être tombé sur les couvertures de « Tigresse Blanche » de Yann & Conrad, j’ai – enfin – eu le déclic ! Le dessinateur français Didier Conrad avait, dans sa manière de dessiner son personnage féminin, une élégance que je voulais absolument retrouver pour Miss Lavaux. Dans un premier temps, j’ai beaucoup tourné autour de cette idée… puis, en voyant sur une photographie – datant de ’63 et tirée du film « Le mépris » de Jean-Luc Godard – de Brigitte Bardot, j’ai su que j’avais trouvé ce que je cherchais depuis des lustres ! Antoinette Lavaux était née…

MitchVH : Au niveau des « mauvais », avez-vous – intentionnellement – joué la carte de la « caricature » en mettant en scène un Ours blanc froid et peu charismatique / un couple de hyènes narquoises et ironiques / un coq peureux /… Ralph Chateaubriand, l’inventeur du Super Méga Tofu et chef de la bande qui, dans son enfance, a été la risée de ses camarades de classe ?

Henri Reculé: Bien sûr. C’est tout l’intérêt de faire une BD animalière. Après, je pense qu’il ne faudra pas, dans les futurs tomes, se limiter nécessairement à un personnage par espèce.

MitchVH : Même si la mission a – parfaitement – été résolue par vos héros, il n’en demeure pas moins que les « Hautes Sphères du Pouvoir » s’unissent afin que les faits ne soient pas dévoilés aux citoyens ! Le plus important, c’est que l’activité économique ne soit pas ébranlée, que le Gouvernement contrôle la gestion des produits,… et garde un oeil sur le « retour à la vie sauvage » de certains individus. Au bout du compte, les Humains gardent leurs « mauvais réflexes » ! L’Avenir de la Planète ne serait-il pas mieux défendu s’il était « entre les pattes des animaux » ?

Henri Reculé: Je ne suis pas sûr. Les vrais méchants dans ce tome 1 sont des animaux. A la CIA, ils gèrent… dans l’intérêt général pourrait-on dire. Chaque lecteur percevra cela selon sa vision personnelle. Je ne sais si la série reviendra sur cela dans les tomes suivants.

MitchVH : Le contrôle de nos denrées par une élite peu soucieuse du bien-être de la population, on retrouve cette même problématique dans la culture céréalière… devenue, depuis de nombreuses années, des Organismes Génétiquement Modifiés dont on ne connaît pas encore les effets négatifs sur notre santé ! Toutes ces choses sont évoquées – subtilement – dans votre fiction…

Henri Reculé: Bien sûr mais l’idée de départ est surtout de faire une histoire d’agent secret originale.

MitchVH : Le projet « True Light » que vous décrivez dans votre scénario, n’est-il pas comparable au mouvement « écologiste » ou celui des « Hippies des années ’60″… préconisant le « retour à la nature », le « savoir-vivre en communauté », la « consommation biologique » ?

Henri Reculé: Il n’y a pas de lien avec ça nécessairement. De toute façon, cela fait référence à notre nature profonde à « voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs » ! Les humains, nous projetons ce défaut aux animaux, sont des éternels insatisfaits.

MitchVH : Même cette « aspiration légitime de vivre autrement » semble vouloir être contrôlée par l’Elite… Avez-vous la sensation que vos protagonistes ne vivent plus – vraiment – dans une véritable démocratie mais sur une planète qui est – sans cesse – surveillée, manipulée,… par les riches, les lobbies, les hommes de pouvoir?

Henri Reculé: L’intérêt de « Jack Wolfgang », c’est justement d’avoir un monde qui ressemble au notre mais où les animaux auraient évolué.

MitchVH : Toute ressemblance avec des situations existantes, dans notre société, ne saurait être que fortuite… ? (rires)

Henri Reculé: Ancrer notre histoire dans un monde que le lecteur « reconnaît » nous permet de la rendre plus crédible justement.

MitchVH : Pour vous, « vivre dans une société parfaite », c’est vivre comment… ?

Henri Reculé: Je ne sais pas. La société parfaite, c’est une utopie !

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MitchVH : Sur la dernière page de votre BD, il y a une représentation d’un article du « The New York Times »… où Jack Wolfgang évoque « une visite gastronomique en Belgique ». En fonction du pays dans lequel votre album va être commercialisé, avez-vous prévu une illustration inédite pour la page 64 (si la BD est vendue chez nos voisins français… modifier le terme « Belgique » en « France ») ?

Henri Reculé: Non, c’est juste que Audrey Lenoir est belge ! (rires)

MitchVH : Au fait, pourquoi avoir fait une allusion particulière à Audrey Lenoir – la fameuse candidate belge à « MasterChef » – et à son travail culinaire ?

Henri Reculé: Concernant Audrey Lenoir, elle a été approchée par Le Lombard et elle est a bien voulu jouer le jeu. J’imagine qu’elle a trouvé cela amusant. Je n’ai pas eu de contact avec elle… Tout ça s’est fait très vite; on était vraiment dans le bouclage de l’album !

QUELQUES SIMILITUDES AVEC D’AUTRES OEUVRES…

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MitchVH : Lorsque la « prise de pouvoir des animaux » est évoquée, on pense immédiatement à George Orwell… cet écrivain anglais qui a publié, en 1945, « Animal Farm » dont l’histoire décrivait une ferme dans laquelle les animaux se révoltaient, prenaient le pouvoir et chassaient les hommes. Il s’agissait, en réalité, d’une fable animalière par laquelle l’auteur présentait une satire de la Révolution russe et une critique virulente du Régime soviétique ! Rien de politique, dans votre démarche… mais, peut-être, un hommage rendu à ce maître de la littérature ?

Henri Reculé: Je connais forcément le travail de George Orwell… mais aucun hommage ne lui a été rendu dans notre BD. On pourrait, également, parler d’une éventuelle inspiration aux fameux « Contes des frères Grimm »… mais là, non plus, pas d’hommage à l’ordre du jour !

MitchVH : Un autre parallèle avec la BD française (« Blacksad ») peut, sans conteste, être fait… Bien évidemment, dans la BD imaginée en 2000 par le dessinateur Juanjo Guarnido et le scénariste Juan Diaz Canalès, le monde est – totalement – peuplé d’animaux ! Toutefois, le personnage principal (le détective privé Blacksad) est très proche de votre agent de la CIA / les protagonistes féminines sont aussi séduisantes que Miss Lavaux /… Votre ours polaire est la « grosse brute » de l’histoire alors que l’ours blanc de « Blacksad » (Hans Karup) se glisse dans la peau d’un commissaire de police… et meneur d’Arctic-Nation ! A vos yeux, qu’est-ce qui différencie ces deux BD ?

Henri Reculé: Mis à part qu’il y a des animaux, je pense que tout différencie « Jack Wolfgang » de « Blacksad ». Forcément, on va – à un moment donné ou à un autre, -tomber sur les mêmes animaux – l’ours blanc dans le tome 1 / on aura un gorille dans le tome 2… Après, je pense que « Blacksad » fait du polar. Les deux premiers tomes en tout cas (« Quelque part entre les ombres » et « Arctic-Nation »… datant de 2000 et 2003) sont très ancrés dans les années ’50-’60 et surtout centrés sur les USA. On respire l’ambiance des films noirs des années ’40. Quant à « Jack Wolfgang », il est plus dans l’esprit « Espionnage » et « Action ».

MitchVH : Contrairement à de nombreuses BD, l’enquête menée par votre courageux agent de la CIA est résolue lors de l’épilogue ! Le lecteur ne doit, dès lors, pas attendre la prochaine parution pour en connaître davantage… Pourquoi avoir fait ce choix ?

Henri Reculé: Avec le nombre, sans cesse grandissant de BD qui sortent de nos jours, il nous a semblé que faire des histoires complètes serait un vrai atout pour intéresser le lecteur dès le tome 1. Mais, aussi, pour laisser le lecteur « entrer » dans la série plus tard.

MitchVH : Cela veut-il dire qu’à chaque nouvelle parution d’un « Jack Wolfgang », l’enquête sera solutionnée ?

Henri Reculé: En effet !

JACK WOLFGANG JOUE LE « PIGEON VOYAGEUR »…

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MitchVH : Lors de notre dernière rencontre, en juillet 2017 pour la sortie du premier volume des aventures de « Jack Wolfgang », vous aviez – déjà – stipulé que le second tome était entamé ! Quand avez-vous commencé les premières ébauches de « Le Nobel du pigeon » ?

Henri Reculé: Si j’ai bonne mémoire, j’ai entamé le travail du second volet des aventures de « Jack Wolfgang » au mois de mai 2017 !  

MitchVH : Une fois de plus, vous avez fait appel à l’incontournable scénariste Stephen  Desberg ! Lorsque l’on bosse avec un tel scénariste depuis si longtemps (8 années sur la Série « Cassio » / un album de « Le cercle des sentinelles » / deux albums « Le crépuscule des Anges »… une série – hélas – abandonnée en 1999 / une trilogie intitulée « Le dernier livre de la jungle »… adaptée du Roman de Rudyard Kipling / cinq titres de la série fantastique « Les Immortels » /…), quelle est votre réaction lorsque vous recevez sa dernière histoire entre les mains ?

Henri Reculé: On ne peut pas dire que je fasse appel à lui. On travaille ensemble sur tel ou tel projet. Le fait est que les projets s’enchaînent parce qu’on s’entend bien. Avant d’avoir l’histoire « entre les mains », on en a déjà pas mal parlé. Mais, il y a parfois quelques surprises.

MitchVH : Vous arrive-t-il de demander à Stephen Desberg de modifier telle ou telle scène… et ce cas de figure s’est-il présenté pour « Le Nobel du Pigeon » ?

Henri Reculé: Oui, ça arrive. Dans cet album, il y avait une poursuite en voiture, une Lamborghini rose, me semble-t-il… On a tout simplement coupé la scène !

MitchVH : Alors que Mlle Lavaux bénéficiait – dans la première histoire – de toute la lumière qu’elle méritait, sa présence est – quasi – anecdotique dans cette édition 2018 ! Quelle est (ou quelles sont) les principales raisons à cette « mise à l’écart  »  dans cette aventure ? 

Henri Reculé: La première raison est, peut-être, qu’il ne fallait pas trop lui donner d’importance dès le tome 2.

MitchVH : Est-ce un choix personnel et assumé du scénariste… ou une idée concertée entre le scénariste et le dessinateur ? 

Henri Reculé: C’est Stephen qui a décidé cela comme ça.

MitchVH : Finalement, on peut soupçonner que son absentéisme lui permettra de rebondir de plus belle dans le troisième volet  ? 

Henri Reculé: Pas nécessairement, mais on aura une suite à ce qui a été amorcé en fin de tome 2 forcément.

UNE EXPLOSION DE COULEURS ORCHESTREE PAR KATTRIN

MitchVH : La plupart du temps, lorsque vous plongez dans un projet, on a la sensation que vous appréciez le fait de travailler avec les mêmes personnes ! Ce fut le cas pour « Le Crépulscule des Anges », « Le dernier Livre de la Jungle », « Cassio »,… mais aussi pour « Jack Wolfgang » où, la Série se stabilise autour de vous, de votre complice de toujours (Stephen Desberg) et de la coloriste Kattrin ! Avez-vous, tel Clint Eastwood, le sentiment qu’en oeuvrant avec la même équipe, le boulot sera plus rapide, plus efficace et meilleur ?

Henri Reculé: Ni plus rapide, ni plus efficace, ni meilleur nécessairement. On s’entend bien, on a envie de raconter les mêmes types d’histoire. Chaque album a ses problématiques propres et c’est à chaque fois un nouveau défi pour chacun.

MitchVH : A propos de Kattrin, votre collaboration avec la coloriste remonte, si je ne m’abuse, à la BD Fantastique « Les mille et autres nuits » de 2015… ou, encore, plus tôt ?

Henri Reculé: Ma collaboration avec Kattrin remonte à l’époque du septième numéro de « Cassio » (« Le Réveil d’une Déesse »). C’était en 2013 !

MitchVH : Comment avez-vous fait sa rencontre… par le biais de Stephen Desberg qui, lors du quatrième numéro de la Série « IRS – All Watcher «  (« La spirale Mc Parnell »), avait bossé avec deux coloristes… Coquelicot et Kattrin ? 

Henri Reculé: Non, Kattrin c’est ma compagne depuis plus de vingt ans ! La place de coloriste sur « Cassio » s’est libérée et elle a pu caser mes mises en couleur dans son planning.

MitchVH : N’est-ce pas « compliqué » de bosser avec sa compagne ? Cela ne doit pas être facile de séparer la « vie de couple » et la « vie professionnelle » ! 

Henri Reculé: On a chacun notre bureau  :-) Au niveau du suivi, c’est plus simple pour moi. Notamment sur Jack qui demande parfois un travail sur le trait.

MitchVH: Connaissiez-vous son travail, auparavant et avec quels dessinateurs avait-elle l’habitude de collaborer ?

Henri Reculé: Oui, forcément ! Elle a commencé avec Erwin « Ersel » Sels sur « Les Pionniers du Nouveau Monde ». Sa première collaboration avec ce dessinateur remonte à l’époque de la sortie de l’album « Le Grand rendez-vous » de 2011, je crois. Elle a, également, travaillé sur les quatre volume de la Série « Miss Octobre » (« Playmates, 1961 », « La morte du mois », « Très mauvais souvenirs », « Un flic et un homme »). Le genre proposé, par Stephen Desberg (encore lui !) est celui du Thriller… et c’est le français Alain Queireix qui s’est occupé, de 2012 à 2015, du projet. 

MitchVH: Comment travaillez-vous avec elle ?

Henri Reculé: Je fais mes pages au rez-de-chaussée, elle les met en couleur à l’étage dans Photoshop :-)

MitchVH: Bref, la collaboration professionnelle avec votre compagne pourrait se résumer à la comptine pour enfants « Fais dodo, Colas mon p’tit frère » ! Bien que maman soit bien en haut… elle ne fait pas du gâteau mais réalise la mise en couleur de vos dessins / Papa ne fait pas du chocolat… il dessine ! 

Henri Reculé:  Pourquoi pas ! (rires)

MitchVH : On imagine que son outil de prédilection est l’ordinateur… Avez-vous la conviction que l’utilisation d’un outil moderne apporte quelque chose de plus (le gain de temps, par exemple !) que le « bon vieux système d’autrefois » ? 

Henri Reculé: Certainement. Puis, la possibilité de corriger se fait plus facilement… parfois trop. Il est, en effet, plus facile de refaire une ambiance à l’ordinateur en modifiant un calque par exemple que de devoir refaire un ciel fait à l’aquarelle.

MitchVH : Même si vous faites vos découpages sur plusieurs calques, vous m’aviez confié que vous étiez un adepte – absolu – du travail sur ordinateur ! Pourquoi ? 

Henri Reculé: La possibilité de manipuler – à fond – les images, agrandir, réduire, déformer, corriger à l’envi.

MitchVH : Pourtant, cette technique ne permet pas d’avoir – réellement – des originaux sur papier ! Ce qui compromet l’idée d’organiser une exposition avec des « originaux » / de vendre, aux collectionneurs, des pages tirées de l’album /… Quel est votre avis sur cet état de fait ? 

Henri Reculé: En effet, les originaux sur papier n’existent pas ! Après, on est dessinateurs de BD pas vendeur d’originaux, je dirais. Mais, sur le tome 3, je vais revenir à un travail sur papier. On verra si je me plais autant que sur ordinateur. Sauf quelques exceptions, cela fait dix ans que je n’ai plus fait de planches sur papier.

MitchVH : Si l’utilisation de l’ordinateur est un gage de rapidité, l’Editeur n’en profite-t-il pas afin de fixer une deadline de sortie… assez stricte ? 

Henri Reculé: Non, pas du tout ! C’est plus simple de fournir les fichiers numériques mais pas de deadline spécifique.

UNE SECONDE AVENTURE QUI FERA ROUCOULER LES LECTEURS !

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MitchVH : Lorsque l’on s’attarde sur la réalisation de la mise en pages, on remarque qu’il y a une réelle motivation à innover… En effet, les découpages sont variés et non-conventionnels ! Avez-vous le sentiment que cette manière de procéder apporte un « plus » au scénario… qu’elle permet, à certaines scènes, d’être plus dynamiques ? 

Henri Reculé:  C’est l’idée ! A l’heure actuelle, il y a tellement d’albums de qualité sur le marché que je me dis qu’il faut amener un peu de nouveauté pour attirer le lecteur. Cela va un peu dans le sens du genre: « l’espionnage » type James Bond où chaque nouveau film essaye de marquer plus les esprits par sa réalisation, son rythme, ses décors, etc.

MitchVH : Généralement, pour un album de 60 pages, il vous faut combien de temps pour le créer ? 

Henri Reculé: La plupart du temps, pour la création d’un album, il me faut entre 10 et 11 mois.

MitchVH : Pour « Jack Wolfgang », quelle a été l’étape la plus complexe à gérer ? Avez-vous connu, pour ce travail, des soucis particuliers… Dans la positive, lesquels ?   

Henri Reculé: Pas de soucis particuliers ! En général, je commence les albums un peu au ralenti. Parfois, il faut « cravacher » pour finir dans les temps. Dans ce cas-ci, on était un peu « juste » pour les couleurs, j’ai dû en faire quelques-unes.

MitchVH : Le fait de devoir « cravacher », n’est-ce pas LE leit-motiv de l’Artiste ! Parfois, le fait  « d’être sur le fil » donne le boost nécessaire pour se surpasser…

Henri Reculé: On se rend compte que, dans ces cas-là, on va à l’essentiel avec parfois d'heureuses surprises.

LE TRAVAIL D’UN ARTISTE DEVIENT, PARFOIS, UNE LEGENDE URBAINE…

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MitchVH : Selon une vieille « légende urbaine », il paraîtrait que Henri Reculé déteste – profondément – dessiner des voitures ! Est-ce pour cette raison que la plupart des véhicules présents dans vos bandes dessinées sont, en réalité, des modèles en 3D ? 

Henri Reculé: Cette « légende urbaine » est – totalement – véridique ! Je ne déteste pas, à ce point-là, dessiner les voitures mais je n’ai aucun plaisir à le faire ! (rires)

MitchVH : Le fait de ne pas aimer croquer une automobile, est-ce une « phobie artistique », une « allergie graphique »,… ou un traumatisme de l’enfance ? (rires)

Henri Reculé: Non, non… ce n’est pas une phobie, une allergie ou autres ! C’est juste difficile et sans intérêt pour moi.

MitchVH : Aucune chance, donc, d’imaginer que votre nom se retrouve sur un projet tel que « Michel Vaillant »,… ou une BD rendant hommage aux « 24 Heures du Mans », aux courses de « Francorchamps » ! 

Henri Reculé: Si, c’est possible ! Ce qui m’intéresse le plus, c’est raconter l’histoire avec mes dessins… Alors, pourquoi pas ? 

MitchVH : Qu’est-ce que vous adorez dessiner ?  

Henri Reculé: Je prends un réel plaisir à croquer les personnages et les animaux.

AROUND THE WORLD… 

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MitchVH : Tout comme « L’entrée du Loup » de 2017, le personnage principal multiplie les voyages à travers le Monde ! L’intrigue de la Cuvée 2018, quant à elle, débute au Moyen-Orient, se poursuit à Rome, à Shanghai, aux Etats-Unis, à Milan, à Monaco, à Nice, à Stockholm,… pour se terminer en Ecosse. Que de kilomètres parcourus… pour « sauver » la face du Monde d’un « méchant » égocentrique-frustré ! Votre bad boy a quelques points communs avec celui du premier tome, non ? 

Henri Reculé: En effet, il y a quelque points communs avec Ralph Chateaubriand, l’inventeur du Super Méga Tofu et le bad boy de « Le Nobel du pigeon » !

MitchVH : Le fait de ne pas être « reconnu » (voire « respecté ») par la société peut-il, selon vous, métamorphoser le comportement d’un individu à vouloir – des années plus tard – se venger, détruire l’Humanité… ? 

Henri Reculé: C’est le cas de ce pigeon mais il ne faut pas généraliser. Certains pourront se sublimer et montrer leur valeur ou ne pas en tenir compte.

MitchVH : La bienveillance envers son prochain serait, dès lors, la meilleure chose qui pourrait nous arriver… sauf, bien évidemment, pour les scénaristes de BD, de films, de romans ! 

Henri Reculé: En effet !

MitchVH : Tel James Bond, Jack Wolfgang est un sacré séducteur… il sait, mieux que quiconque, flatter ses partenaires tout en ayant un sens aigu de l’humour ! Lors de la rencontre avec Kellyanne Bongo (une femelle bonobo), par exemple, il ne peut s’empêcher de penser aux nombreuses opérations chirurgicales qu’elle a dû subir pour devenir la jeune femme hyper-sexy qu’elle est devenue ! Et le moins que l’on puisse affirmer, c’est que le « second degré » est omniprésent dans cette bande dessinée ! Qu’apportent, selon vous, ces « petits instants » de jubilation à vos lecteur ? 

Henri Reculé: C’est plus une question pour le scénariste ! J’aime bien le personnage de Kellyanne mais, personnellement, j’en aurais juste fait une humaine…

MitchVH : Sans dévoiler le déroulement de l’intrigue, Jack va unir ses forces avec plusieurs membres d’une organisation peu recommandable… et ce, afin de contrer les plans machiavéliques d’un homme d’affaires voulant, à n’importe quel prix, obtenir le Nobel ! Pactiser avec le Diable, est-ce bien raisonnable ? (rires)

Henri Reculé: La mission avant tout, j’imagine (rires).

MitchVH : Ce n’est pas la première fois que Jack Wolfgang se rapproche du Milieu… Ce fut, déjà, le cas avec Bo Hildebrandini… un gars dont les cousins avaient été placés sous les verrous pour trafic de drogue et blanchiment d’argent ! Et pourtant, Bo et Jack sont devenus – quasi – des copains… Preuve est faite qu’il est possible de se rendre des services entre représentants de l’Ordre et certains éléments du Milieu. Les opposés s’attirent ? 

Henri Reculé: Disons que Jack profite de ses contacts. Cela lui coûte juste une recette de cuisine :-) Pas de pacte inavouable !

MitchVH : Sous la plume de Desberg, les morts s’accumulent… avec une « certaine » drôlerie, d’ailleurs ! Certains d’entre eux sont des hommes d’affaires dans le secteur industriel, d’autres sont des scientifiques reconnus,… ou de « simples mortels » ! Toutefois, les traitres sont souvent les plus « belles » victimes… Une vengeance du scénariste ou, aussi, de votre part ? 

Henri Reculé: Non, c’est juste le scénario qui « veut » ça !

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MitchVH : Maintenant que la relation entre Jack Wolfgang et Antoinette Lavaux est officialisée (cf. la nuit passée à Rome de notre couple de tourtereaux), il semblerait que la jolie panthère ait un petit secret… qui pourrait, très probablement, compromettre l’idylle romantique des deux héros ! Qu’en est-il ? 

Henri Reculé: Rendez-vous au tome 3 ! 

MitchVH : On est en droit de supposer que la mise en retrait de l’Agent de la Brigade des Stupéfiants est – justement – LE prétexte à ce qu’elle revienne, plus forte et plus crédible que jamais, dans le troisième opus… « Un amour de Panthère » ! Serait-ce erroné de croire que la « double facette » de Miss Lavaux puisse être LA base scénaristique du futur Jack Wolfgang? 

Henri Reculé: Ce sera traité mais pas que…

WOLFGANG EST FIN PRET POUR UNE TROISIEME MISSION… 

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MitchVH : Nous sommes en été 2018… le script de la nouvelle aventure est-il, déjà, bouclé et votre travail est-il sur les rails ? 

Henri Reculé: Le scénario est fini depuis février et mon découpage complètement bouclé. J’ai démarré, mi-juillet, les premières planches du troisième épisode !

MitchVH : La date de sortie est-elle prévue vers l’été 2019 ?   

Henri Reculé: On imagine.

MitchVH : Vous qui adorez le Japon, pourquoi n’avez-vous pas encore demandé à votre scénariste d’élaborer, pour Jack Wolfgang, une mission qui se déroulerait – spécifiquement – au « Pays du Soleil Levant » ? 

Henri Reculé: Moi j’aimerais bien, mais Stephen n’est pas intéressé par le Japon.

SOS BONHEUR… POUR LE TANDEM GRIFFO / DESBERG !

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MitchVH : Et votre projet (toujours avec Stephen Desberg au scénario) de « SOS Bonheur », où en est-il  ?   

Henri Reculé: Au bout du compte, c’est Werner « Griffo » Goelen qui s’est chargé de réaliser l’album « SOS Bonheur – Saison 2 – Volume 1 »,  paru chez Dupuis.

MitchVH : Que s’est-il passé pour que – finalement – Griffo soit devenu l’élu… un choix de Desberg / étiez-vous trop occupé sur le Tome 2 de « Jack Wolfgang » pour consacrer du temps à cette Saison 2 de « SOS Bonheur »  ?  

Henri Reculé: En réalité, je n’ai jamais fait partie de l’équation ! Je dois avouer que je n’ai jamais lu la série originale. Ensuite, « SOS Bonheur » est, à la base, une série estampillé Griffo / Van Hamme. Griffo voulait faire une suite et Van Hamme a tout simplement donné son accord pour que Stephen fasse le scénario. Je n’ai jamais été concerné !

MitchVH : Ou sinon, d’autres projets vous traversent-ils l’esprit ? 

Henri Reculé: Rien de concret pour le moment.

MitchVH : La prochaine parution, signée Reculé & Desberg, sera-t-elle le second volume de « Les mille et autres nuits » ou la troisième mission de « Jack Wolfgang » ? L’idée d’offrir un second volume à la BD « Les mille et autres nuits » est-elle toujours d’actualité ?

Henri Reculé: Malheureusement, il n’y aura pas de second volume de «  Les Mille et Autres Nuits » ! Toutefois, on prévoit une intégrale regroupant les tomes 1 à 3. Le tome 2 est fini ou presque. Reste le scénar du 3 à faire et dessiner. Sans conteste, le troisième opus de « Jack Wolfgang » sortira bien avant la fameuse intégrale.

MitchVH : Que peut-on vous souhaiter pour la sortie de ce nouveau « Jack Wolfgang »… qu’il connaisse le même succès que le premier tome, de vivre beaucoup d’autres aventures ? 

Henri Reculé: Ce serait bien ! C’est une série qui nous amuse beaucoup Stephen et moi.

RIEN A FOOT… OU PRESQUE !

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MitchVH : Sinon, qu’avez-vous pensé de cette Coupe du Monde de football au Pays de Poutine… et de la prestation des Diables Rouges, en particulier ? 

Henri Reculé: Très bien ! Un bon collectif, de belles prestations proposées,… et une troisième place méritée.

MitchVH : Vous qui avez vu le jour à Viña del Mar (Chili), n’êtes-vous pas trop déçu que l’équipe chilienne ne se soit pas qualifiée pour cette Edition 2018 ?  

Henri Reculé: Oui, bien sûr. Surtout que côté football je ne m’intéresse qu’au Mondial. Le reste du temps, je ne suis pas. Nation contre nation, sans que l’argent vienne « trop » favoriser l’une ou l’autre équipe, cela me convient !

FANS DE…

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MitchVH : Votre BD et/ou créateur de BD préféré(s) ?

Henri Reculé: Sans conteste, il s’agit du dessinateur Alfredo Alcala surtout pour son travail d’encreur sur « Savage Sword of Conan » dans les années ‘70, les crayonnés de John Buscema. Et très exactement l’épisode « The Slithering Shadow ». Le « top du top » pour moi !

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MitchVH : Mis à part la bande dessinée, par quels genres de films / séries /… êtes-vous intéressé ?

Henri Reculé: L’aventure ! Comment ne pas être médusé devant le travail de George Lucas sur « Star Wars », « Indiana Jones »,… ou être en admiration en ayant vu, en 2009, le long métrage « Avatar » de James Cameron. Côté Manga, j’ai un faible pour « Princesse » Mononoke » de Hayao Miyazaki, sorti en 1997 par le studio Ghibli.

MitchVH : Selon vous, est-il envisageable que – un beau jour – « Jack Wolfgang » soit adapté en dessin animé ? Héros charismatique à la « James Bond », belles aventures proposées, voyages à travers le monde…

Henri Reculé: Ce serait sympa !

MitchVH : Généralement, vous écoutez quelle musique ?

Henri Reculé: Les Bandes Originales de musiques de films ou de jeux vidéo. Au niveau des BO, j’ai – forcément – commencé par les plus connues. Ma première écoute officielle de musique de film, c’était celle de « Conan The Barbarian » par le regretté Basil Poledouris. Je me souviens que j’avais trouvé le disque vinyle à la Médiathèque. Depuis cette époque, j’ai écouté les compositions de John Williams (« Star Wars », « Indiana Jones », « Far And Away »,…), Jerry Goldsmith (« Rambo », « Supergirl », « Breakheart Pass », « The Mummy », « Mulan »,…), James HornerEnnio Morricone et pleins d’autres. Certains, in extenso, comme John Barry ou Hans Zimmer dont je connais bien le travail. Avec le temps, on découvre de nouveaux compositeurs comme Alexandre Desplat qui, avec la BO de « Girl With The Pearl Earring » (le titre français étant « La jeune fille à la perle » se référant au tableau du peintre baroque néerlandais Johannes Van der Meer), m’avait impressionné à l’époque. Et, depuis 2003, je suis son travail !

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MitchVH : Au au niveau de la musique provenant des jeux vidéo…

Henri Reculé: J’ai remarqué que la musique de jeux vidéo est devenue très intéressante ! En effet, j’ai le sentiment qu’elle s’est beaucoup améliorée au fil du temps. Aujourd’hui, les « gamers » ont droit à de vraies compositions symphoniques dignes des grandes oeuvres cinématographiques (cf. « World Of Warcraft », « Monster Hunter 3 et 4 », « Bravely Default », « Soulcalibur », « Fire Emblem If »,… ou encore les séries telles que « Assassin’s Creed », « Uncharted », « Ni no Kuni », « Professeur Layton », etc). Cette année, j’ai découvert le travail de Joris de Man sur « Horizon Zero Dawn » ! Souvent, mes coups de coeur proviennent de jeux auxquels j’ai joué… parfois, ce n’est pas le cas!

MitchVH : Une passion particulière ?

Henri Reculé: Je suis passionné par le Japon.

CopyrightsymbolPour voir plus de l'auteur de cette interview, Mitch VH: Mitch s nightmares

Date de dernière mise à jour : 03/08/2018

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