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Chroniques
Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture.
Par
asbl-creabulles
Le 15/12/2016
Tome 12: Si ce n'est toi...
Scénario : Alain Ayroles.
Dessin: Jean-Luc Masbou.
Couleurs : Jean-Luc Masbou.
Edition : Delcourt.
Dépot légal : Décembre 2016.
Histoire:
Alors même qu’il avait pu intégrer la garde du Cardinal, Eusèbe le lapin n'en finit plus de changer de métier. Après son renvoi de cette unité, il se retrouve un temps comédien avant de devenir rôtisseur, réussissant même à fréquenter les dames du salon de Dame de Trois-Croix. Mais sa carrière à ce dernier poste ne durera pas longtemps. Il est capturé et emmené à la Cour des Miracles, un endroit rempli de brigands en tous genres plutôt inapproprié pour notre lapin. Quelle ne sera pas la surprise d’Eusèbe d’y retrouver son frère jumeau Fulgence en chef incontesté d’un endroit aussi mal famé. Mais rien ne peut venir perturber son optimisme naturel car pour lui, Fulgence ne peut être aussi mauvais et machiavélique. Quelque part, dans son for intérieur, doit exister une lueur qui le fera changer. Même si Fulgence côtoie Fagotin le singe assassin, même s’il se fait passer pour lui auprès des dames du salon afin de les détrousser, Eusèbe ne perd pas espoir. Assurément, son frère jumeau reviendra auprès de lui et finira par retrouver le droit chemin.

Mon avis : Voici le dernier tome de cette série devenue un incontournable du catalogue Delcourt, une série lancée en 1995, pilotée par des auteurs de talent et appréciée à sa juste valeur. Alain Ayroles a su mettre en scène ses personnages tels les acteurs d’une pièce de théâtre à la fois drôle et héroïque. Une série pleine de passion dont les aventures de cape et d’épée laisseront une empreinte indélébile. Une série pleine d’actions d’éclat, d’humour, de duels impensables, de trahisons mais où l’amour et la tendresse trouvent également leur place. Cette dernière aventure en deux tomes consacrée au petit mais fougueux lapin Eusèbe ne déroge pas à la règle.
Que dire du travail de Jean-Luc Masbou sinon qu’il est de toute beauté avec une profusion incroyable de décors, des costumes plus beaux et somptueux les uns que les autres, des personnages charismatiques très finement travaillés qui ont fait sa réputation et son succès. Une réussite largement due également au travail exceptionnel qu’il a réalisé sur la mise en couleurs, très délicate et précise. Sans parler des couvertures qui auront marqué notre mémoire à jamais.

En refermant ce dernier tome, on se dit que cette série va nous manquer à coup sûr.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 13/12/2016
Tome 2: La carte de la mort.
Scénario : Mike Mignola.
Dessin: Mike Mignola.
Couleurs : Dave Stewart.
Edition : Delcourt.
Dépot légal : Novembre 2016.
Histoire:
Dans le tome précédent, Hellboy est mort pour sauver la Terre avant de se retrouver en Enfer où son combat épique contre le Vampire de Prague va se poursuivre. Au terme de leur affrontement, Hellboy et son adversaire seront condamnés à errer dans les flammes de l’Enfer. Hellboy, qui a rencontré deux architectes projetant de dresser une carte détaillée de l'Enfer, n'aura guère le temps de s'attarder avec eux car le Vampire de Prague va rapidement revenir à la charge pour reprendre leur combat et se libérer de ses chaînes. Mais une fois libéré, il ne parviendra pas à s’enfuir car il est décidément bien trop corrompu. D’autres rencontres étranges vont se succéder, avec le Pasteur des Damnés, avec des médecins peu efficaces et surtout avec l'Arbre Monde auquel Hellboy est lié par le sang. Tombé malade, en plus d'être déjà mort, Hellboy va devoir livrer ses derniers combats car au bout du chemin il y a le trône des enfers qui l’attend.
Mon avis: La descente aux enfers d'Hellboy vue par Mike Mignola, son créateur, vaut évidemment le détour. Mignola a une totale maîtrise du personnage et peut ainsi le mener où il veut ou, pour être plus exact, le "malmener" car c'est bien le cas dans ce nouvel arc en deux tomes. Jusqu’ici Hellboy s'est toujours interdit de prendre la place qui lui revient vu les multiples péripéties qu'il a vécues. Mais désormais, le temps est venu d’y accéder. Un nouvel horizon bien sombre se présente à lui et il revoit des têtes connues, des têtes qu'il a lui-même envoyées en Enfer mais également sa propre soeur. Mike Mignola est à l’aise avec cet univers et cela se ressent à travers cette aventure pleine de rebondissements et d'imprévus. L'auteur a repris les rênes de son personnage qu'il a fait extirper de l'Enfer par les nazis pour lui faire défendre la veuve et l’orphelin grâce au B.P.R.D. avant de le faire revenir à la case départ, en Enfer. Démon il est venu sur terre, démon il retourne en Enfer et cela décoiffe. Mignola s’est également chargé de l’illustration et on reste admiratif de voir le créateur du personnage illustrer l'album comme lui seul en est capable. On retrouve le Hellboy qui a fait sa notoriété. D’autres auteurs s’y sont essayés, très bons il faut l'avouer, sans toutefois égaler le maître tant celui-ci excelle dans son domaine, à savoir des noirs et un encrage inimitables. C’est un réel plaisir de le retrouver. Un album à ne pas manquer pour tous les fans de la série et des séries annexes.
En bonus, une postface de Mignola, des illustrations, et un carnet de croquis de 14 pages !
SDJ
DAREDEVIL All New All Different Marvel
Par
asbl-creabulles
Le 01/12/2016
Tome 1: Un témoin gênant.
Scénario: Charles Soule.
Dessinateur: Ron Garney et Goran Sudzuka
Couleur: Matt Milla.
Edition Panini Comics Marvel.
Collection: 100% Marvel.
Dépot légal : novembre 2016
Prix: 15,45€
Histoire: Daredevil autrement dit Matthew "Matt" Murdock a changé. Non seulement son identité secrète a été dévoilée mais à présent il est procureur. De retour à New York, il retrouve son ancien quartier, Hell’s Kitchen. C’est là que Sam, alias Blindspot, un jeune chinois super-héros encore en herbe, passe son temps à l’observer se battre. Il finira même par demander à celui qu’on surnomme "tête à cornes" en référence à son pseudo Daredevil de bien vouloir devenir son coach, son mentor. Contre toute attente, "l’homme sans peur" accepte et lui donne rendez-vous pour un premier affrontement contre les représentants de l’église des Dix Doigts, une organisation criminelle bien installée qu’il a bien l’intention de déloger. Si leur duo fonctionne bien, sera-t-il assez puissant face à "La Main", cette autre organisation criminelle internationale ?
Mon avis:
Mon avis: Daredevil nous revient après diverses mésaventures sur la côte ouest des États-Unis. C’est donc un retour aux sources, mais cette fois il est épaulé par un partenaire dans le style "Batman et Robin", même si on note le désir chez Blindspot d'aider en priorité son quartier, Chinatown. Cette nouvelle série Daredevil s'appuie sur les classiques du genre: action, combats et retour du héros à New York, comme procureur mais surtout comme protecteur attitré de son quartier. L’enquête est bien menée avec de nouveaux adversaires comme l'organisation des Dix-Doigts mais également son éternel ennemi, La Main. Un nouveau Tandem à la tête de la série ? Je ne vais pas m'en plaindre surtout lorsqu’on regarde le graphisme.
Les dessins de Ron Garney pour les trois premiers épisodes sont très bons, jouant beaucoup avec la lumière et les jeux d'ombre qu’il maîtrise parfaitement. L’action bien présente et l’organisation des pages donnent au récit un aspect cinématographique. Pour la suite, Gora Sudzuka maintient parfaitement ce style graphique avec le même niveau de qualité. Les couleurs de Matt Milla alternant bichromie et quadrichromie soulignent le côté sombre de l'intrigue en donnant du relief aux deux héros présentés dans les tons N&B avec une simple touche de rouge écarlate faisant ressortir DD dans les scènes d'action. Daredevil nous revient comme on l'aime, intelligent, sans peur et combatif dans un rôle de coach qui, au final, lui sied bien.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 17/11/2016
Scénario : Yves H.
Dessin: Hermann.
Couleurs : Hermann.
Edition : Dupuis.
Dépot légal : Novembre 2016.
Histoire:
Cela fait un bon bout de temps déjà que Sam et Samantha se connaissent et qu’ils survivent tant bien que mal dans un monde post-apocalyptique totalement dévasté. Aussi, lorsqu’ils découvrent un sac contenant de l’argent accompagné d’un message donnant des instructions pour rejoindre un lieu appelé "Paradize", ils n’ont plus qu’un seul but en tête, rallier au plus vite cet endroit présumé paradisiaque. Pour eux, c’est un saut dans l’inconnu car rien ne prouve que ce lieu existe vraiment. Mais lorsqu’ils arrivent au premier point indiqué sur le dépliant, le téléphone se met à sonner dans une cabine et au bout du fil une voix leur demande le mot de passe. Elle les met aussi en garde en les invitant à peser leur décision car il n’y aura aucune marche arrière possible à partir de maintenant. Cette fois, c’est clair, ils sont sur la dernière ligne droite. Sauf que le sac contient l’argent pour le passage d’une seule personne seulement. La situation empire lorsque le passeur décide, arme à la main, de garder Samantha en otage pour que Sam puisse réunir l’autre moitié de la somme afin de la récupérer. L’heure de tous les sacrifices vient de sonner et les choses ne vont pas aller en s’améliorant, loin de là.
Mon avis: Ce pourrait être une simple tranche de vie de deux personnes qui s’aiment prêtes à passer dans un monde meilleur s’il n’y avait cette mise en place machiavélique. Yves H. est notre passeur vers cet univers noir, glauque, morbide et terriblement pervers. Ayant une vue pessimiste de la nature humaine dans ses derniers récits, il nous plonge ici dans un monde bien plus sombre qu’à son habitude. Encore plus macabre serait difficilement envisageable! J’espère qu’il aura la capacité de se ressaisir et de revenir vers un monde que je lui souhaite plus optimiste.
Hermann ne déroge pas à son habitude en nous proposant de magnifiques illustrations où l’on découvre une nouvelle approche de la gestion des couleurs, si je ne me trompe, en parfait accord avec l’ambiance générale du récit. Comme souvent, son dessin est très parlant et pourrait à lui seul décrire et conter une part importante de l’histoire. Malgré la noirceur de l’intrigue, encore un beau récit dans lequel père et fils se complètent à merveille pour notre plus grand plaisir.

SDJ
Par
asbl-creabulles
Le 15/11/2016
"Un peu moins qu'un homme".
Scénario: Tom King
Dessin: Gabriel Hernández Walta
Couleurs : Jordie Bellaire
Dépot légal : novembre 2016
Editeur : Panini Comics
Collection : 100% Marvel
Format : Format comics
Prix: 14,95€
Histoire: Membre actif du groupe des plus puissants super-héros de la Terre, "La Vision" est à un tournant important de sa vie. Ayant décroché un travail temporaire de conseiller à la Maison Blanche, il s'est installé dans la banlieue de Washington DC avec sa nouvelle famille, son épouse Virginia et ses jumeaux Viv et Vin, androïdes comme lui. Dans le quartier où ils ont élu domicile, ils sont de véritables vedettes et tout le monde veut les voir ou faire un selfie avec eux. Mais cette vie de famille "normale" au milieu des gens ordinaires est vite compromise quand Vin à son école fait une démonstration de sa puissance contre un camarade un peu trop envahissant devenu agressif. La Vision et son épouse sont convoqués par le directeur qui leur fait bien comprendre que depuis le début il était opposé à l’admission de leurs enfants qu’il considère plus comme des armes que comme des humains "normaux". L'arrivée du Moissonneur, le frère de Wonder-Man dont le cerveau a été copié par Ultron pour créer la Vision, ne va pas arranger les choses. Chacun d'eux va s’interroger sur sa place dans cette société.

Mon avis: Cet album propose un point de vue nouveau et captivant sur le personnage de la Vision qui a connu des approches variées dans le passé, tout à tour impressionnant de par son pouvoir immense mais aussi par sa froideur, son tempérament sans-cœur, calculateur, pragmatique, puis un peu trop tendre lorsqu’il laisse une grande place aux émotions qui finiront par prendre le dessus, enfin détruit, anéanti et revenu d'entre les "morts" au point de se retirer avec cette nouvelle famille à 20 km de Washington. L’album s’interroge sur les limites des androïdes. Ont-ils une conscience, une âme ? Jusqu'à quel point peuvent-ils se rapprocher de l'humain ? Représentent-ils une menace pour la race humaine ou un allié ? Peut-on leur donner une place parmi les humains et les considérer comme tels ? Peut-on les laisser seuls avec des enfants ? Autant d’interrogations intelligemment abordées et auxquelles notre société va devoir répondre avec le développement rapide de l’intelligence artificielle. On ne peut s’empêcher de penser à diverses séries comme Real Humans (série suédoise mettant en scène des hubots, contraction de human et robots) ou Westworld (série américaine adaptée du film Mondwest écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973) qui traitent du même sujet en soulevant tout autant d’interrogations. Les dessins de Gabriel Hernández Walta sont très réussis, en particulier dans l’expression des émotions, souvent plus forte sur les visages des androïdes que des humains, à l’évidence de manière intentionnelle pour insister sur leur côté humain tout en soulignant le côté dramatique et dangereux lié à l’intolérance que cela peut engendrer. Si la mise en couleurs de Jordie Bellaire est agréable, on notera qu’il a conservé pour La Vision et sa famille leurs tons rose et vert flashy traditionnels qui contrastent nettement sur le fond. Un album réussi qui nous propose un héros bien loin de tous les combats cosmiques et autres prouesses auxquels il nous avait davantage habitués.
SDJ
13/11 Reconstitution d'un attentat.
Par
asbl-creabulles
Le 14/11/2016
Paris 13 novembre 2015. Un documentaire en BD d'Anne Giudicelli et Luc Brahy.
Scénario : Anne Giudicelli.
Dessin: Luc Brahy.
Edition : Delcourt.
Dépot légal : Novembre 2016.
Histoire: Voici le récit des attentats perpétrés à Paris en 2015, les plus meurtriers qu’ait connus la France depuis la deuxième guerre mondiale, mais aussi l’analyse de leur préparation et de leur déroulement. La première attaque au Stade de France va s’achever en attentat-suicide, les kamikazes n’ayant pas réussi à entrer dans le stade. Suivront des fusillades et explosions-suicides contre plusieurs bars, cafés et restaurants – Petit Cambodge, Carillon, Bonne bière, Casa Nostra, Belle Équipe, Comptoir Voltaire – et surtout au Bataclan en plein concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal. Un bilan terrible: 130 morts (dont 90 au Bataclan) et plus de 400 blessés dont certains sont encore hospitalisés un an après les événements. Le président François Hollande proclame l'état d'urgence et la fermeture des frontières. L'Etat islamique (EI) revendique non seulement les attentats de Paris mais également ceux de Beyrouth au Liban le 12 novembre 2015, puis du Caire en Egypte et tant d’autres depuis. La crise est sans précédent et personne ne peut prédire ce qu'il va se passer dans un avenir proche et dans un avenir plus lointain.

Mon avis: Un album choc qui nous apporte un éclairage pertinent sur un drame qui s'est produit il y a un an et dont les ramifications ne sont pas encore toutes établies. Spécialiste du monde arabe et musulman, Anne Giudicelli décortique le déroulement des moments-clés de cette tragédie. Elle relate en format BD les filières de radicalisation, le rôle de l’EI, le cheminement des terroristes via la Syrie, l’Autriche, les liens avec la Belgique notamment Molenbeek. On en apprend davantage sur leur état d'esprit, la haine qui les anime, leur fierté, leur détermination, leur "déshumanisation", énormément d’informations, plusieurs réponses à nos questions dont certains faits encore inédits.
La reconstitution heure par heure est étourdissante, criante de vérité et de terreur, en simultané avec l'Elysée, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, les journalistes, la réaction et l‘intervention des moyens civils, policiers et militaires, la fuite des terroristes survivants. Au dessin, Luc Brahy illustre parfaitement le récit glacial de ces attentats. Le choix du noir et blanc correspond tout à fait à une telle tragédie. Tel un reportage filmé, il nous offre des instantanés de cette longue soirée, alternant action, attente, effroi. Le message est passé car en nous faisant vivre chaque moment l’un après l’autre, il atteint son but : ne pas oublier.
SDJ
Par
asbl-creabulles
Le 14/11/2016

Tome 3: De griffes et de crocs.
Scénario : Jean-Luc Istin.
Dessin et niveau de gris: Zivorad Radivojević.
D'après un univers de: J-L Istin et Kyko Duarte.
Editeur: Soleil dans la collection French Comics.
Dépot légal: Octobre 2016
Histoire:
Alors qu'ils pensaient Las Cruzes à l'abri de toute attaque de lycanthrope, Elia Lloyd, la famille Marshall, Angèle Evertown, Gabriel Garcia et le Shérif Dennis Guerre doivent se rendre à l’évidence, leur ville vient d’être attaquée par un loup-garou qui a réussi à y pénétrer. Toute leur communauté va s’en trouver bouleversée. De son côté, aveugle doté du pouvoir grâce à sa guitare de calmer les loups-garous au point de les retransformer en humains, Jérémy a choisi de fuir avec sa petite protégée. Il fait la connaissance d'Angela, une femme belle et troublante qui vit seule et qu’il soupçonne d’avoir quelque chose à cacher de terrifiant. Quant à Malcolm Spolding, lassé de travailler pour les loups, il a réussi à s’enfuir, fermement décidé à reprendre les choses en main. Il compte se servir de son pouvoir pour tout réparer et se venger de tout ce qu'il a subi même si sa tentative pour se débarrasser de Raven, le chef autoproclamé des lycanthropes, a fait fiasco. Une chose est sûre, des alliances se créent là où on les attendaient le moins.
Mon avis: Word War Wolves 3 constitue une suite intéressante évitant le piège des longues séries. Chaque personnage trouve sa place dans un récit bien construit, sans tomber dans la caricature, l'horreur ou le mélodrame. Les forces en présence, les regroupements, les êtres dotés de pouvoirs surnaturels prennent du volume. L'affrontement final se met progressivement en place, les pions se placent sur l'échiquier. Istin n'en finit plus de nous surprendre au point qu’on aimerait connaître son secret pour mener autant de séries de front.
Côté dessin, il y a du changement. On s'était habitué au dessin efficace et réussi de Kyko Duarte et on pouvait craindre l’annonce d’un nouveau dessinateur. En fait Zivorad Radivojević relève le défi haut la main. En diminuant légèrement la taille des personnages, il accorde davantage de place aux décors dans chaque case. On se sent davantage absorbé par les ambiances urbaines, ce qui accentue le côté oppressant du récit, une attaque pouvant surgir de n'importe où. Deux styles différents pour un même résultat! Rien que du bon et on en redemande!
SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 14/11/2016

Tome 2: le troisième magicien.
Scénariste : Raule
Illustrateur : Juan Luis Landa
Coloriste : Juan Luis Landa
Editeur: Dargaud
Dépot légal: Octobre 2016
Histoire:
Ayant achevé leur dernière mission à Montélimar, il est désormais temps pour Angélique Obscura, Angulus Dante et Arthus Trivium de revenir à Angers pour sauver leur maître, Nostradamus, ainsi que le roi Charles IX alors aux prises avec une ancienne connaissance, Scaliger, et sa troupe de démons menée par Zagan, l'un des 72 princes de l'obscurité. Scaliger éprouve une jalousie devenue haine envers Nostradamus depuis que les maîtres des maîtres – Cornelius Agrippa et Paracelse – ont choisi ce dernier en vue de le former pour créer à eux trois la plus fabuleuse équipe de magiciens. Fou de rage de ne pas avoir été appelé auprès des maîtres et animé par un esprit de vengeance, Scaliger s’enfonce peu à peu dans la magie occulte. Il finira par ouvrir les portes de l’Enfer là où résident des puissances qu’il pense pouvoir contrôler pour les retourner contre Nostradamus. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu.

Mon avis : Suite et fin des (més)aventures d'Arthus Trivium et de son équipe. Nostradamus, l’un des trois plus puissants sorciers de l’époque avec Agrippa et Paracelse, va affronter l’un des nombreux princes des ténèbres non sans mal et non sans difficultés tant Raule (scénariste de Roger pour Jazz Maynard et de Gabor pour Isabellae notamment) leur a mis des bâtons dans les roues. Après la mise en place des personnages et l’installation de différentes intrigues dans le premier tome, ce second opus lève le voile (peut-être trop rapidement) sur les rebondissements de l'épisode précédent tout en laissant la porte ouverte vers d’autres événements dans une suite tant espérée.

Les dessins de Juan Luis Landa sont toujours aussi magnifiques, dynamiques et empreints d’une énergie hors du commun à tel point qu'il ne manque plus que la 3D pour faire mieux. Il maîtrise les cadrages et angles de vue avec une aisance à couper le souffle. Les couleurs renforcent l’impression de volume et de profondeur ainsi que l’aspect ancien de certaines scènes. Tout simplement bluffant.
SDJ