Chroniques
Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture.
Par
asbl-creabulles
Le 26/03/2016
Scénariste : Kid Toussaint.
Dessin : Servain.
Coloriste : Servain.
Editeur: Casterman.
Dépot légal: tome 1 janvier 2015; tome 2 mars 2016
Histoire:
Tome 1 La Chèvre sans Cornes.
Agé d’à peine 12 ans, Georges est le fils de la riche famille Gerbeaud de La Nouvelle-Orléans. Sa disparition est vécue comme une véritable tragédie par ses parents et sa sœur. Mais lorsque la police accuse un jeune noir nommé Martin Fontaine du crime, Holly Ann Artoure, qui n’ignore rien ou presque de ce qui se passe dans sa ville, ne va pas y aller par quatre chemins pour élucider ce mystère. Et ce n'est pas la présence d’un écrivain, Thomas Jofferdale, venu spécialement la rencontrer pour écrire un article sur la Nouvelle-Orléans qui va la ralentir. Holly Ann sait à quelles portes elle doit sonner pour en apprendre davantage sur ce meurtre, à commencer par celle de la Reine Alban, une prêtresse vaudou qui la guidera jusqu’à un lieu nommé Congo Square pour assister à un rite vaudou qui n'est pas dû au hasard.

Tome 2 Qui Arrêtera la pluie ?
Officiellement, les Indiens Natchez ont complètement disparu de la Nouvelle-Orléans, massacrés par les Francais. Mais Akwenuh Uwhaci, plus connu sous le nom de Bacchus, en est le dernier représentant dans la ville. D’ailleurs, il porte toujours sur lui le collier du Soleil de sa tribu. Inquiète de son absence, sa fille, Diane Uwahci, part à sa recherche. Sur les conseils de Holly Ann, elle se rend d'abord au Joyau, une maison close qu’il avait l’habitude de fréquenter. Dès son arrivée une altercation éclate car son père y a laissé une ardoise assez conséquente, notamment avec sa tenancière, Saphira, qui suggère que Diane soit mise de force au travail pour rembourser la dette de son père. Sauvée grâce à l’intervention de Holly Ann, Diane voyant le collier de son père au cou d'une des filles n’hésite pas à le reprendre, ce qui ne fait qu’envenimer ses relations avec la tenancière de la maison close. S’ensuit alors une course poursuite pour retrouver le dernier homme qui l'aurait vu vivant, Liam O'Neil, avec qui Bacchus traînait beaucoup au bar du Black Sheep. Nouvelle mission pour Holly Ann qui doit déterminer qui sera le mouton noir, le cygne noir ou le vilain petit canard !

Mon avis: Une enquête se déroulant à la Nouvelle-Orléans ne peut, dans notre imaginaire enfoui ou non, avoir lieu sans un soupçon de surnaturel, de magie et de sorcellerie surtout lorsque l'on sait que la pratique vaudou y est bien établie depuis longtemps. Kid Toussaint (A l'Ombre du Convoi, Killing Time, Magic 7, Sanglante Chicago, etc.) nous plonge dans cet univers au travers de son héroïne, Holly Ann, une personne renfermant beaucoup de secrets entourés d’un voile de mystère que le scénariste va dévoiler au fur et à mesure des trois récits qui constituent ce cycle. Les illustrations de Servain ( L'Esprit de Warren, l'Histoire de Siloë, le Livre de Skell, Le Traque Mémoires, etc.) est dynamique et très réaliste comme en témoigne son soin des décors, son trait est même encore plus précis et nerveux pour les personnages tous également charismatiques et traduit parfaitement l’énergie qui s’en dégage. Ses illustrations sont aussi pour nous l’occasion de visiter une ville connue pour sa beauté, tant les petites maisons modestes que les somptueuses propriétés des riches agriculteurs.
A noter: chaque album raconte une histoire complète et il existe une version canal BD du tome 1 au tirage limité à 1 100 exemplaires, dos toilé et cahier graphique de 8 pages accompagné d'un ex-libris numéroté.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 25/03/2016
Tome 1.
Scénariste : Eric Powell et Tim Wiesch.
Illustrateur : Eric Powell.
Coloriste : Eric Powell.
Editeur: Delcourt dans la collection Contrebande.
Dépot légal: Mars 2016
Histoire:
Il n'est pas facile d'être un nain. Comme si se sentir différent parce qu’on est petit ne suffisait pas, on est vite l’objet de moqueries, d’insultes et même d’agressions de la part des autres jeunes élèves. Le seul qui respectait Big Man Plans et l'aimait était son père. Sa mère, malheureuse d’avoir épousé un fermier car ayant toujours eu un goût prononcé pour l'argent, l’avait abandonné lui, son père et sa sœur lorsqu’ils étaient encore très jeunes. Du coup, son père avait plongé dans l'alcool puis un jour avait péri brûlé dans l’incendie qu’il avait accidentellement provoqué. C’est à partir de ce jour que plus rien n’a été pour Big Man Plans. Séparé de sa sœur et de Holly, la seule amie qu'il avait et avec qui il entretient toujours une correspondance depuis cette époque, il doit se débrouiller dans un monde qui le méprise, le bat et le rejette. Son passage au Vietnam dans des forces spéciales va le transformer en machine à tuer et quand, à son retour, il reçoit une mystérieuse lettre qui lui fait perdre la tête, rien ne va plus, il disjoncte et décide de se venger de tous ! Un massacre en règle déferle à son retour au Tennessee.

Mon avis: Écrit par Eric Powel (The Goon) et Tim Wiesch, Big Man Plans est le récit d’un drame social dur et sans concession, raconté et mis en images de manière très explicite par Eric Powell, sur le thème de la vengeance aveugle et très violente d’un nain totalement déjanté n’ayant plus rien à perdre et qui s'y adonne même à cœur joie. On évolue avec ses souvenirs par flashbacks et par épisodes évoquant sa plus tendre enfance où il était déjà malmené et rejeté, puis son passage à l'armée et la prison jusqu'au jour où il pourra assouvir pleinement sa vengeance. Cette histoire étant susceptible de heurter par sa violence porte à juste titre la mention "pour lecteurs avertis".

Les dessins et couleurs sont tout autant impressionnants et illustrent bien le tempérament énervé et violent du personnage et de son entourage. Mais on apprécie également le travail réalisé avec beaucoup de soin sur les scènes plus tendres de l’enfance du héros entouré de son père et de sa seule amie, Holly. Du comics pur et dur qui ravira les amateurs du genre.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 24/03/2016
Tome 25: Sang pour sang.
Scénariste : Robert Kirkman.
Dessinateur : Charlie Adlard et Stefano Gaudiano.
Editeur: Delcourt.
Dépot légal: Mars 2016
Histoire:
Depuis que les zombies ont envahi le monde, les survivants s’efforcent tant bien que mal, et souvent plutôt mal, de survivre. Ils essayent de vivre le plus normalement possible dans ce genre de situation insolite. L'union faisant la force, leur meilleure chance d’y parvenir est de vivre en communauté plus ou moins importante. Mais lorsque deux communautés ou deux groupes se rencontrent, il arrive fréquemment que l'un veuille dominer l'autre voire l'exterminer pour en quelque sorte marquer son territoire. C'est ainsi qu’une douzaine de membres du groupe de Rick Grimes ont été exterminés par un autre groupe appelé "Chuchoteurs". Les têtes des victimes ont été empalées sur des piques servant justement à marquer leur territoire. Michonne qui a perdu l’être qui lui était le plus cher au monde s’oppose à Rick qui souhaite éviter d’autres victimes au sein de son groupe en refusant l’affrontement. Car il sait qu’une réplique de sa part alimenterait un engrenage infernal alors que la survie de son groupe a été déjà chèrement payée. Une question importante reste à régler toutefois : que faire de Lydia qui a fui le groupe des Chuchoteurs pour rejoindre celui de Rick ? Quelle que soit la décision, elle risque de faire bien des victimes des deux côtés.

Mon avis: Ce n'est pas pour rien que cette série fonctionne et qu'elle a même fini par crever l'écran dans sa version télévisée ! Elle parvient à se renouveler constamment là où on ne l'attendait pas. Chaque personnage apporte son lot de surprises et de nouveaux défis et n'est pas éternel dans la série, à l’exception bien sûr de Rick Grimes. Cette fois l'affrontement est de taille et Robert Kirkman nous propose un scénario qui nous tient en haleine de bout en bout comme lui seul en a le secret. Les dessins sont toujours de qualité et capables de résister face à la série télé. Les deux versions peuvent coexister sans problème. Charlie Adlard et Stefano Gaudiano nous proposent un dessin réaliste, agrémenté de divers tons de gris comme seule couleur donnant un caractère encore plus marqué au trait toujours clair et net et à un encrage soigné. On passe de l’émotion à l'ultra-violent dans des décors de qualité. Le support BD devenu culte a encore de beaux jours devant lui même si nous en sommes déjà au 25e volume, d’environ 150 pages chacun. Un exploit en soi !
A noter: il y a un supplément de 11 pages d'illustrations couleurs de Charlie Adlard et Dave Stewart.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 24/03/2016
Secret Wars: Avengers, Civil War, Deadpool, Old Man Logan, etc.
Scénariste : Collectif.
Illustrateur : Collectif.
Coloriste : Collectif.
Editeur: Panini comics Marvel France.
Dépot légal: mars 2016
Histoire:
Après des siècles de coexistence, tous les univers sont entrés en collision. L'issue de cet affrontement était inéluctable : un seul survivrait au terme d’une bataille sans précédent. Depuis pas mal de temps déjà, les Beyonders avaient créé plusieurs mondes qui, au fil du temps, ont été détruits, soit par les Illuminati, soit par les Beyonders eux-mêmes, soit par Owen Reece surnommé l'Homme-molécule, soit par d’autres forces devenues incontrôlables. Battleworld est le seul à avoir survécu de ce multi univers ou "multiverse". Fatalis est à l’origine de la création du tout nouveau Battleworld à partir des restes de chaque univers.
Avec l'aide d’Owen Reece, il a également entrepris de tuer les Beyonders pour s'approprier leurs pouvoirs. Du coup, il est devenu le dieu incarné de Battleworld, ses habitants n'ayant aucun souvenir des anciens univers détruits. Assisté par le Dr Strange et secondé par une garde rapprochée constituée du dieu Thor de chacun de ces univers, Fatalis n'a eu aucun mal à contrôler et soumettre ce nouveau monde. Mais il existe un groupe de survivants de l'univers Ultimate ainsi que rescapés de notre univers actuel. Leur projet : construire un vaisseau spatial, sorte d’Arche de Noé, leur permettant d’échapper à la fin des mondes. Parmi eux, l’ennemi juré de Falatis en personne, Red Richards. Tout un programme !

Mon avis: Après des décennies d’émergence d'univers parallèles, de vaines tentatives pour tout remettre à zéro et de création de personnages dotés de pouvoirs absolus, Marvel devait un jour ou l'autre procéder à un assainissement global tant l’ensemble devenait incohérent et brouillon, ce qui a découragé plus d'un lecteur au point de tout abandonner. Cet Infinite Crisis à la sauce Marvel s'imposait donc d’urgence. Il est enfin arrivé et il était temps. Jonathan Hickman nous offre ce cross over de taille comportant de nouvelles ramifications et des remises à plat intéressantes. Si le scénario est bien construit, on espère que la fin ne sera pas, comme c’est souvent le cas, décevante et seulement le prétexte à une nouvelle numérotation destinée à un nouveau lancement de la série ciblant un lectorat nouveau et supplémentaire.
Côté dessin, rien à redire. Le choix d'Esad Ribic pour la série centrale est excellent et approprié pour ce combat qui s'annonce épique et titanesque. Il manie le crayon avec efficacité, donnant forme aux personnages d’une manière extraordinaire. Aucun plan ne lui fait peur, ni aucune scène de combat ou autre mise en situation. Pour une fois, et je tiens à le souligner, les séries annexes sont de très bonne qualité tant du point de vue scénaristique que de celui des illustrations, des dessins, de l’encrage et des couleurs !

Ce Secret Wars, vous l'aurez compris, m'a véritablement impressionné, ce qui était devenu extrêmement rare chez Marvel ces dernières années malgré la multitude de cross over publiés et le fait que Marvel se surnomme la "maison des idées". Espérons que cette fois, les bonnes idées vont perdurer.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 24/03/2016
Tome 17: Saison 3 - Réalités.
Scénariste : Corbeyran.
Illustrateur : Richard Guérineau.
Coloriste : Dimitri Fogolin (Gotem Studio).
Editeur: Delcourt.
Dépot légal: mars 2016
Histoire:
Ce 12 avril 2012, Chrys, Tom et Debrah sont chargés à Manaus en pleine Amazonie brésilienne d’une transaction portant sur des caisses d'explosifs, mais l’affaire tourne mal et l’arrivée de la police les oblige à improviser et à se séparer pour faire diversion. Le 13 avril, Jill et Kévin Nyvek embarquent un container renfermant un stryge à bord du bateau à destination de Belém. Ils sont confrontés à la curiosité de l'équipage qui veut à tout prix savoir ce que contient la caisse. Pendant ce temps, Jenny qui est venue récupérer Abeau et Cylinia de Roquebrune à l’aéroport d’Heathrow près de Londres voit seulement arriver Carson et Abeau qui semble revenir de loin. En fait, Carson a exécuté pas mal d'hybrides mais aussi Cylinia et il a même mutilé Abeau auquel il a sectionné les mains. Tant dans la forêt amazonienne, qu’à Belém, Londres ou même au Cap Wrath en Ecosse pour retrouver Asphodèle, les choses s'accélèrent vers une conclusion qui s’annonce apocalyptique.

Mon avis: Disons-le tout de suite, ce dix-septième album de la série gagne en qualité. Une certaine inquiétude a plané sur l’issue de la série durant la troisième saison à cause d’une certaine baisse de régime et de signes d’essoufflement. Cet avant-dernier épisode redonne de l’espoir avant de découvrir le fin mot de l'histoire. La grande nouveauté est l'arrivée de ce bébé Stryge, après plusieurs essais d'hybrides pas toujours concluants voire plus ou moins ratés. Mais quel sera l’impact de ce bébé et sera-t-il modelé selon le modèle humain ? Le destin d'Asphodèle est également scellé dans cet album, ainsi que celui des Stryges. Une petite inquiétude persiste malgré tout car à la lecture des dernières pages de cet album, qui sont truffées d’événements apocalyptiques, on se demande ce que va nous réserver l'imagination débordante de Corbeyran pour le dernier tome de la série? Qui de Carson, Jenny ou de Debrah va l'emporter pour l'avenir des Stryges ?

Les dessins de Guérineau n’ont rien perdu de leur force, de leur dynamisme et sont toujours aussi détaillés. Même si les pages sont quelque peu inégales, le niveau global de qualité reste inchangé. De l’avis général, la mise en couleurs, assez variable selon les albums, est plus agréable ici sous la main de Dimitri Fogolin qui donne davantage de profondeur aux personnages ainsi qu'aux décors. C’est avec impatience que l’on attend désormais la suite et fin des aventures d’une série devenue culte chez Delcourt.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 24/03/2016
Tome 8: Plutôt plus tard.
Scénariste : Jean-Claude, Denis.
Illustrateur : Jean-Claude, Denis.
Coloriste : Jean-Claude, Denis.
Editeur: Futuropolis.
Dépot légal: mars 2016
Histoire:
Alinéa, la petite amie de Luc Leroi, ne supporte plus la pluie et le froid de Paris. Elle voudrait à tout prix rentrer à Tahiti retrouver sa famille mais à condition que Luc l'accompagne. N'ayant pas les moyens, celui-ci a une idée, se rendre au Musée d'Orsay là où sont exposées les peintures de l’époque tahitienne de Gauguin. Durant leur visite, Alinéa reconnaît une toile pour laquelle sa mère avait servi de modèle. Étrangement, ce n’est pas elle qui y est représentée alors qu’à Tahiti elle possède une copie du tableau sur laquelle figure bien sa mère. Intrigué par cette révélation, Luc décide coûte que coûte de partir avec Alinéa dans sa famille à Papeete où il reste muet d’admiration devant la qualité du tableau où figure sa mère. Malheureusement il doit rentrer en métropole. Mais s’il revient effectivement à Paris, curieusement il s’y retrouve à l'époque du vivant de Gauguin. Il va même rencontrer le peintre et partager près de deux semaines à ses côtés.

Mon avis: Jean-Claude Denis avec cet album nous fait voyager non seulement dans l'espace mais également dans le temps. Derrière son héros, Luc Leroi, il nous entraîne dans l'univers de la peinture à l'époque de Gauguin. Son personnage est sympathique, parfois maladroit mais épris de bonté, jamais agressif et sachant garder son sens de la répartie. Le voyage à Tahiti dans la famille d'Alinéa va enfin permettre à Luc de briser sa vie parisienne plutôt monotone d’une manière qui va se révéler inattendue. Bâtie sur une histoire simple mais agrémentée de belles surprises, cette huitième aventure est agréable à lire, rafraîchissante et drôle. Jean-C. Denis y perpétue son style reconnaissable entre tous. Le dessin est clair et précis, les illustrations bien fournies tant celles décrivant le cadre urbain ou le milieu naturel des îles que les situations imaginaires. On voyage facilement de la métropole à Papeete et à l'époque de Gauguin. Un beau retour pour Jean-C. Denis avec cet album qui ravira ses fans mais aussi les lecteurs de tous horizons.
SDJ.
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asbl-creabulles
Le 24/03/2016
Scénariste : Philippe Thirault.
Dessinateur : Manuel Garcia.
Editeur : Glénat Comics.
Collection: Flesh Bones.
Dépot légal: Mars 2016
Histoire:
Après avoir été récompensé pour la première fois de sa vie à l’âge de 30 ans par le Prix Apollon pour son roman intitulé "Perte d'auréole", très vite devenu un best-seller, Alex Morse est soudain en manque d’inspiration. Il n'a plus trop d'idées et se retrouve confronté au vertige de la page blanche. Le temps passe et rien ne semble pouvoir débloquer la situation. Même si aujourd'hui il a une famille, une femme aimante et deux enfants adorables et vit dans un bel appartement, rien n'y fait, la page reste désespérément blanche et vide. Il ne voit qu’une seule explication : c’est sa voisine du dessus qui le dérange car elle joue très mal du piano. Il se décide à le lui dire, la menaçant d’appeler la police, mais contre toute attente elle convient de son tort et se débarrasse même de son piano. Mais à présent Alex l’entend tapoter sur son clavier d’ordinateur et de nouveau ce bruit le rend fou. Il décide de partir se ressourcer dans la villa de son père en pleine montagne à Dole Lake. Là il tombe sur un bouquin traitant des sciences occultes. En le parcourant, il y découvre un sort qui pourrait le débarrasser de cette voisine qui l'empêche de trouver l'inspiration. Il est loin d’imaginer la tournure que va prendre sa décision de lui jeter le sort car si le "signe" qu’il lui fait dans le dos va fonctionner comme indiqué dans le livre, le "choc en retour" va lui revenir en pleine figure de façon exponentielle alors que son épouse l'avait bien mis en garde de ne pas chercher à attirer le mauvais œil sur sa famille.

Mon avis: Un récit terrifiant où l'horreur monte lentement mais sûrement en puissance comme dans les meilleurs films de suspense ou d'épouvante. Les événements s’enchaînent de manière inexorable vers l'inimaginable. De ce point de vue, le scénario de Philippe Thibault ("Miss" aux Humanoïdes Associés) est bien construit car il ne fléchit jamais jusqu’au dénouement.

Ce récit d'horreur est superbement illustré par le dessinateur espagnol Manuel Garcia qui maîtrise à la perfection le noir et blanc, travaillant l'encrage avec finesse tant pour les décors que les visages. Il utilise le noir à bon escient chaque fois que le scénario le requiert pour les scènes les plus effrayantes et donc les plus sombres du récit. Manuel Garcia a percé dans le comics (il a travaillé pour les grandes maisons d'éditions américaines) mais a aussi travaillé dans la bande dessinée franco-belge puisque nous avons pu le découvrir dernièrement dans Gengis Khan publié chez Glénat dans la série "Ils ont fait l'histoire", mais aussi dans un autre récit d’horreur scénarisé par David Muñoz, "La Terre Des Vampires" chez les Humanoïdes Associés. On aurait aimé pouvoir encore mieux admirer et apprécier le travail effectué sur les illustrations dans un plus grand format mais l’album a toute sa place dans le format "Grafic Novel" typiquement américain qui a été retenu, d’où le nom "Glénat comics" de la collection, ceci expliquant sans doute en partie cela.
SDJ
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asbl-creabulles
Le 23/03/2016
HS Rédemption.
Scénariste : David Hine
Illustrateur : Michael Gaydos.
Coloriste : Lee Loughridge
Editeur: Panini Comics.
Dépot légal: Mars 2016
Histoire:
La police a arrêté les présumés responsables du meurtre d’un enfant à Redemption Valley, une petite ville d’Alabama. Doutant de l’intégrité de la police locale, de mèche avec une population qui n’a cessé de réclamer l’arrestation rapide des coupables, et du manque de crédibilité de l'avocat commis d'office, la mère des inculpés supplie l’avocat Matt Murdock de venir plaider en faveur de son fils et de ses plus proches amis car elle est les sait innocents et accusés à tort du meurtre de ce pauvre gamin uniquement parce qu'ils sont membres d'une secte satanique. Même si les enfants ont plaidé coupable sous la contrainte et la pression de la police et sans aucun soutien de leur avocat dépassé par les événements et un rien crédule, Matt Murdock qui pressent que la mère dit la vérité, est bien décidé à ne pas laisser tomber l'affaire tant qu’il a le moindre doute sur leur innocence. Et tout le monde le sait, lorsque Matt Murdock s'occupe d'une affaire, Daredevil surnommé "L'homme sans peur" n'est jamais bien loin.

Mon avis: Voici un super-héros au service de la justice de "Monsieur Tout-le-monde" et non pas seulement des nantis, super-vilains ou super-héros. Ce récit complet se déroule au fin fond d’un Alabama pur et dur mais curieusement au lieu de faciliter et d’améliorer l’enquête comme d’habitude la présence de Daredevil vient mettre de nombreux bâtons dans les roues de la justice. Matt Murdock est mis à mal alors qu'il a la réputation de régler de grosses affaires bien plus importantes et plus difficiles que cette "modeste" affaire de meurtre qui semblait tellement simple à la base. L'ambiance est parfaitement illustrée par Michael Gaydos qui nous propose un dessin au trait nerveux, parfois assez appuyé mais toujours soigné et précis, bien mis en valeur grâce au savoir-faire de Lee Loughridge qui joue avec les couleurs pour accentuer encore un peu plus les ambiances collant parfaitement à ce polar, thriller urbain.
N'oublions pas non plus les couvertures originales réellement sublimes réalisées par Bill Sienkiewicz !