Créabulles, Expositions, Dédicaces, Rencontres.

CRÉABULLES

Chroniques

Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture. 

FLIC À LA PJ

Par Le 17/09/2021

TFlic a la pjome 1 : Go fast !
Scénario : Éric CORBEYRAN
Dessin : Luca MALISAN
Couleurs : Chiara ZEPPEGNO
D'après le vécu de Ludovic ARMOËT 
Dépot légal : août 2021
Editeur : Delcourt
Grand Format
ISBN : 978-2-413-03679-1
Nombre de pages : 62

Au village d’Hell-Bourg sur l’île de la Réunion, Ludovic, 8 ans, sert la messe comme enfant de chœur auprès de son oncle, le curé de la paroisse. Mais au fond de lui, la seule idée qui l’anime est de devenir flic. C’est là aussi, sur les hauts de l’île au pied du piton d’Anchaing qu’il va connaître et vivre son premier grand amour non sans mal face à sa famille, mais il tiendra bon. Des années plus tard, son rêve s’est concrétisé. Il est enfin flic. Qui plus est, il a même rejoint la métropole comme lieutenant à l’antenne d’Evry du SRPJ de Versailles. Aujourd’hui, le voici chargé d’un vol de voiture. Pas n’importe laquelle, la BMW cabriolet de Pierre Perret. C’est l’élément déclencheur d’une enquête sur l’une des plus grosses prises de drogue qui aboutira au démantèlement d’un réseau de transport par "Go Fast" entre l’Espagne et la France … Flic a la pj page 7Mon avis : Éric Corbeyran et Ludovic Armoët (ancien inspecteur de la PJ) sont devenus amis lors de l’écriture de ce premier tome dans lequel on retrouve ce dernier comme personnage principal. Nous découvrons sa jeunesse à la Réunion au milieu de sa famille et ses premières enquêtes en métropole. On sent parfaitement le vécu derrière le scénario bien calibré, bien construit, bref très efficace, de Corbeyran qui utilise tous les moyens narratifs à sa disposition (descriptifs, narratifs, dialogues, pensées et/ou réflexions des protagonistes). Cette belle collaboration nous offre une narration fluide et limpide évoluant sur un rythme bien plus calme que la couverture ne le laisse supposer. Ce récit policier largement documenté s’appuie sur les affaires traitées par Ludovic, nous plongeant dans les coulisses du SRPJ (Service régional de Police judiciaire), un service assez mal connu voire mal perçu par certains. On en découvre le fonctionnement, comment les "coups" se préparent largement en amont et, comme le montre cette aventure, comment la police doit faire face à des enquêtes de longue haleine, menées en partenariat avec les "stups" et parfois les polices étrangères. Le quotidien de la Brigade fait aussi partie du récit, les relations de travail et les liens entre collègues, mais aussi la personnalité de l’homme qu’est Ludovic, ses buts voire son idéal dans la vie, sa vie intime, son côté poète, sa sensibilité.
Les dessins de Luca Malisan nous font vivre l'aventure avec savoir-faire. La vie policière est illustrée avec réalisme. Les visages des nombreux personnages sont bien reconnaissables au profit de la lecture. Les décors urbains sont plutôt réussis et les paysages réunionnais magnifiques. Beaucoup de soin donné aux courses-poursuites survitaminées entre les luxueux bolides des malfrats et les véhicules de la police.
La mise en couleurs digitale de Chiara Zepegno se révèle agréable et bien adaptée à l’histoire.
Début prometteur pour cette série policière inspirée de faits réels.

SDJuan

COUP DE SANG

Par Le 17/09/2021

Coup de sangIntégrale
Scénario : Enki BILAL
Dessin : Enki BILAL
Couleurs : Enki BILAL
Dépot légal : Novembre 2020
Editeur : Casterman
Grand format
ISBN : 2-203-20839-2
Planches : 265

Deconstrukt

L’exposition DéconstruKt de Bilal chez Artcurial a déclenché chez moi, l’envie de relire ANIMAL’Z et JULIA & ROEM que j’avais lus respectivement à leur parution en 2009 et 2011 et que je n’avais pas aimés. 
J’avais pu voir les originaux du premier et les cases de papier gris de toutes dimensions avec les personnages et les décors dans les mêmes teintes, à part quelques exceptions, n’avaient éveillé aucun intérêt chez moi si ce n’est le prix demandé pour en acquérir une (quelques milliers d’euros). 
Je n’avais évidemment pas, après deux déceptions, acheté le troisième : LA COULEUR DE L’AIR
Et voilà que ce 22 juillet, je sors du prestigieux bâtiment avec en main l’album de la trilogie COUP DE SANG en plus petit format et paru en 2020. 
Oui, je l’avais aperçu à sa parution, peut-être hésité à l’acheter puis vite oublié. 
Je l’ai terminé, je l’ai dégusté. 
Je suis content car j’apprécie le dessin et les histoires d’Enki BILAL depuis ses tout débuts, j’ai même vu ses films imprégnés de son univers. 
Et enfin, voilà que j’apprécie les albums qui pour moi étaient maudits. 
Depuis LE SOMMEIL DU MONSTRE en 1998, les scénarios de Bilal sont montés d’un cran dans la complexité et l’originalité. Son dessin a suivi la même progression. Je me trompe peut-être mais ses albums sont destinés à un autre public que celui des amateurs d’une BD traditionnelle dans son récit et son exécution. 
Ce dessinateur a dû voir un changement dans ses lecteurs. 
Les récits SF dessinés sur scénario de Pierre Christin étaient déjà teintés de réflexions et d’actions politiques mais maintenant, les récits de Bilal ont une dimension universelle, humaniste, mondialiste. Ils se projettent dans un avenir complètement bouleversé par une technologie galopante et une planète à bout de souffle mais aux réactions imprévisibles. 
Son dessin, son travail sur les couleurs, les matières expriment d’une façon extraordinaire tout ce qu’il imagine. Animal zVoici une courte introduction pour chaque livre de cette intégrale. 
Avec ANIMAL’Z, le lecteur découvre la Terre complètement désorientée, dévastée, morcelée par des catastrophes naturelles hors normes. 
Le COUP DE SANG est le nom de ce dérèglement climatique brutal. 
Bilal choisit de rappeler que notre planète est un être vivant et qu’elle peut s’énerver. 
C’est assez parlant en cette année 2021!
L’œil d’un dauphin remplit la première case.
Plus loin, un étrange capitaine avec son robot hippocampe pilote un bateau. 
Sur un autre bateau, une femme parle dans un micro et se fait servir une boisson par son homard robot appelé Omar. 
Du dauphin entré dans ce bateau par le lance-torpilles, s’extrait un homme qui exécutera la femme accidentellement. Il lui placera un pack d’hybridation et la lancera dans l’océan. 
Les deux bateaux vont se heurter et deux des acteurs principaux vont ainsi se rencontrer. 
Ensuite apparaissent encore trois personnages. Le professeur qui a créé les packs d’hybridation, son épouse et Kim sa fille aux étranges pouvoirs. 
Il y a aussi deux cow-boys qui errent sur cette terre dévastée assis sur leur zèbre et qui se cherchent pour terminer leur duel. 
Oui, je sais que cela paraît compliqué, fou et incohérent mais à la lecture, ça fonctionne et tout s’emboîte. Rien n’est laissé au hasard. 
Bilal a dessiné toutes les cases une par une comme des petits tableaux dans une teinte dominante d’un gris légèrement bleuté avec du noir et blanc et les touches de couleur appropriées. 
Le tout sur du papier gris

.JULIA & ROEM se passe sur la même Terre dévastée, morcelée mais dans un autre endroit. 
Et les quelques êtres humains survivants semblent se réorganiser. 
Cette fois, la teinte générale est l’ocre foncé du papier. 
Les huit personnages de ce récit sont Lawrence dans sa voiture qui roule sur une route dans un désert, Merkt et Roem qu’il va croiser. 
Ils s’arrêteront devant un immeuble où vivent Kyle, Tybb, Julia, Roem, Parrish et Helda. Julia et roemTous les acteurs sont en place et Bilal avec maestria va pouvoir leur faire interpréter la pièce de Shakespeare intitulée vous vous en doutez : Juliette et Roméo. 
Évidemment dans la pièce originale, il n’y avait pas Jojo le milan, Lawrence qui possède des médicaments miraculeux. 
Le décor ici est aussi très différent car le sol s’ouvre pour laisser sortir des animaux et le ciel est de plus en plus épais. 
Quelle force dans ce récit inouï, extraordinaire !

La couleur de l air plancheLA COULEUR DE L’AIR commence sur fond mauve pour présenter les nouveaux protagonistes naviguant dans un zeppelin, Garbage ! (Ça ne s’invente pas). 
Un fond bleu verdâtre nous fait retrouver les héros du premier livre et un gris aux traits charbonneux, ceux du deuxième pendant que Julius et Roem ont été capturés par un cannibale mutant. 
La fin du voyage est proche. 
Tous ces personnages vont finir par se rencontrer. 
La Terre prend les choses en main. Elle transforme les pays et les continents. Enfouit au plus profond les créations nocives et meurtrières, aspire le noir de l’horreur et rend ses couleurs au monde. Une harmonie s’établît entre les humains restant et les animaux qui leur viennent en aide. 
Les intervenants retrouveront leurs couleurs et verront un nouveau monde se reconstruire. 
Intérieurement, ils auront oublié progressivement leur vie antérieure et découvriront la nouvelle qui s’offre à eux. 
Les surprises sont nombreuses dans ce reset total.La couleur de l air
Quel tour de force a accompli Bilal en créant ce récit de 280 pages en 6 ans. 
Une œuvre de toute beauté, si réfléchie, si aboutie qui se termine dans une apothéose de couleurs, de sentiments sur une planète neuve et virginale. 
Et j’ai failli passer à côté. 
Comme quoi, il ne faut jamais avoir peur de revenir sur sa première impression. 
J’ai vécu la même expérience avec les Cités obscures de Peeters et Schuiten. 
Regrettant les premières BD SF de Schuiten, je m’étais vite lassé des Cités. Mais après la visite d’une extraordinaire exposition je devenais fan absolu de cette série. 
Merci Enki BILAL pour cette expo qui m’a permis de revenir sur votre œuvre et de mieux comprendre et enfin d’admirer LE COUP DE SANG.Coup de sang
M.Destrée

ÉSOPE LE LOUP

Par Le 15/09/2021

Esope le loupTome 2 : Touti rikiki maousse costo
Scénario : LIROY
Dessin : LIROY
Couleurs : LIROY
Dépot légal : juin 2021
Editeur : Kennes
Petit format
ISBN : 978-2-380-75410-0

Ésope le Loup est en vacances à la plage. Lorsqu’il aperçoit l’ours et le phacochère qui s’apprêtent à jouer au rugby, il n’hésite pas une seconde pour se joindre à eux… mais les deux amis l’accueillent par des moqueries. Ils le jugent bien trop petit et chétif pour jouer avec eux. Vexé, Ésope décide de leur montrer qu’il est aussi fort qu’eux et les défie au bras de fer… sauf que l’ours accepte de relever le défi le soir même. Ésope va devoir trouver un moyen de se sortir de ce mauvais pas et le temps lui est compté… Dans la deuxième histoire, Ésope regarde un oiseau planter des graines pour faire pousser des arbustes qui assureront sa nourriture. Lui vient alors l’idée de planter un os pour faire pousser un arbre à jambons …Esope le loup 2Mon avis : Bien que passionné de dessin et de BD depuis son enfance, ce n’est que récemment (2019) que Rémi Leroy, alias Liroy, a franchi le pas.
Sa passion et sa persévérance ont enfin payé.
Le voici à présent édité avec cet album adapté de fables d’Ésope, un écrivain grec ayant vécu 500 ans avant Jésus-Christ et dont le célèbre La Fontaine s’est lui aussi beaucoup inspiré. D’où le nom donné à son héros dans l’album Ésope le Loup. 
Destinées à un très jeune public, ces deux histoires sans dialogues s’appuient essentiellement sur l’image.
Les dessins sont clairs, simples, très parlants et très agréables à suivre grâce aussi à de belles couleurs.
Ils sont pensés pour être facilement compris par des enfants tout en leur transmettant les premières bases d’une vision réaliste de la vie.
La lecture est fluide et se veut intuitive.
Le loup ne réfléchit pas aux conséquences de ses décisions mais en même temps il est ingénieux, ce qui ne l’empêche pas d’être encore crédule et même un peu bêta parfois. 
Les jeunes enfants apprécieront sans aucun doute ces sympathiques personnages animaux.

SDJuan

LEWIS & CLARK

Par Le 15/09/2021

Lewis & ClarkScénario : Philippe THIRAULT
Dessin : SANDRO
Couleurs : Laurent TRUSSARDI
Dépot légal : août 2021 
Editeur : Editions glenat logo
Collection : Explora
Grand format
ISBN : 978-2-344-03034-9
Nombre de pages : 54

1803. Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, se réjouit de la récente acquisition de la province de Louisiane. [Pour rappel, les futurs États-Unis viennent de l’acheter à Napoléon Bonaparte alors Premier Consul pour la somme de 15 millions de dollars de l’époque (environ 12,2 millions d’euros). La Louisiane correspond alors à une vaste zone couvrant 22% du territoire US actuel, depuis le Golfe du Mexique au sud jusqu’à la frontière canadienne au nord.] Jefferson peut donc mettre en œuvre son projet d’expédition à travers le continent, d'est en ouest, pour découvrir une voie de communication avec l’océan Pacifique via le Missouri, depuis la ville de Saint-Louis située au confluent des fleuves Mississippi et Missouri, en remontant ce dernier pour arriver au fleuve Columbia jusqu’au Pacifique. L’objectif est de topographier et lever des cartes et plans des zones traversées mais aussi d’inventorier toutes les ressources potentielles, aussi bien géologiques en surface et en sous-sol, qu’animales ou végétales, etc. Il est également prévu d'entrer en contact de manière totalement pacifique et si possible amicale avec les tribus amérindiennes et de négocier et conclure des traités avec eux pour faciliter les échanges et le commerce. Grand érudit, Jefferson va réussir à convaincre le Congrès de constituer cette expédition pour laquelle est alloué un budget total de… 2500 dollars. La mission est confiée au capitaine Meriwether LEWIS, chargé de constituer son équipe. Il demandera au président de faire appel à son ami le lieutenant William CLARK, son compagnon d'arme durant les guerres indiennes, et de le nommer également capitaine d'expédition pour mettre à profit ses connaissances en matière de navigation fluviale et de géographie. Au total, une quarantaine d’homme sûrs et rudes seront recrutés et plusieurs mois nécessaires pour démarrer la mission "Corps of Discovery", deux années d’exploration et de découvertes aussi bien humaines que scientifiques. Une fois mise en route, les obstacles ne vont pas manquer et il faudra souvent gagner la confiance des tribus rencontrées tout au long du chemin et négocier des traités qui, parfois, ne seront pas vraiment tenus. Il faudra aussi tout faire pour respecter les délais et fournir le travail d’études des lieux aussi approfondi que possible, malgré des conditions climatiques et géologiques difficiles. L’équipe recevra le renfort du trappeur canadien Toussaint Charbonneau et de ses deux squaws "Petite loutre" et surtout "Sacagawea" (femme oiseau), de la tribu des Shoshones. Sacagawea sera la bienvenue en apportant son aide comme guide-interprète.Lewis clark plancheMon avis : Fidèle aux objectifs de la collection Explora de nous "plonger au cœur de la véritable histoire des Grands Explorateurs et de leurs expéditions extraordinaires, dans tous les milieux du globe", Philippe Thirault nous propose sous la forme d’un one shot d’une cinquantaine de pages un condensé de la fabuleuse expédition Lewis & Clark qui constitue l’une des plus importantes explorations effectuées dans le monde.
Véritables découvreurs et explorateurs, les membres de cette mission ont vécu des moments difficiles et marquants en devant affronter la traversée de rivières parfois tumultueuses ou le franchissement de montagnes escarpées, les moustiques ou les animaux sauvages, des conditions météo difficiles, la maladie… et les rencontres avec les différentes tribus indiennes.
Le scénario nous les fait vivre de façon dynamique et pittoresque, typique du récit d’aventure sauf qu’ici il s’agit de faits réels bien documentés.Lewis clark planchesCôté dessin, la tâche s’annonçait délicate pour Sandro. Clairement, il a relevé le défi.
Son trait réaliste exprime bien et rend même palpables les difficultés, la douleur, la fatigue des hommes dans des décors naturels majestueux.
Il faut prendre le temps de s'arrêter et de se concentrer sur les images, sur les cases pour se rendre compte de la pénibilité de ce voyage, de chaque difficulté vécue par les explorateurs. 
Des drames sont évités de justesse, des chemins sont impraticables, des montagnes paraissent infranchissables, l’humain a une taille ridicule dans ces grands espaces naturels mais il y a aussi des passages palpitants lors des nombreux échanges avec les différents Amérindiens, les chevauchées dans les plaines, etc.
Un seul tome pour décrire un univers aussi dense, une aventure aussi riche faite de longs mois de galères et d’imprévus, c’est un peu juste. Heureusement, Sandro a réussi par la qualité de son dessin, le détail et la richesse de ses cases, sa mise en page dynamique à nous en montrer un maximum. Il n'y a pas de temps mort.
Un conseil, prenez le temps de contempler le dessin, de vous en imprégner pendant la lecture pour réellement imaginer quelle a été la tâche de ces explorateurs et apprécier le fabuleux travail réalisé par le dessinateur pour nous dérouler le film de leur expédition et nous faire vivre le récit de leurs aventures avec une telle intensité.
Quand verrons-nous enfin Sandro sur son sujet de prédilection : le western ?
Les couleurs viennent donner de la profondeur, de la clarté. Du bon travail de Trussardi.  
L’album s’achève sur un dossier historique largement documenté et illustré dû à Stéphane Dugast, secrétaire général de la société des explorateurs français, qui fait le point sur l’expédition de Lewis et Clark.

SDJuan

LA BANDE A JULIO

Par Le 15/09/2021

Bande a julioTome 1 : Prêts pour el Día de los muertos
Scénario : Tony EMERIAU
Dessin : Mickaël ROUX
Couleurs : Mickaël ROUX
Dépot légal : JUIN 2021 (Parution le 16/06/2021)
Editeur : Kennes
Format à l'italienne
ISBN : 978-2-380-75331-8
Nombre de pages : 36

Voici venu le Jour des Morts. Julio Biscoto s’est levé tôt pour l’occasion. Il sort tout excité mais sur la route percute Pablito, le squelette ambulant. Le temps de rassembler tous ses os, Pablito demande l’aide de son ami Julio pour retrouver son chat Abelito, la vedette du spectacle qui doit avoir lieu le soir même car il est introuvable. Julio lui propose de faire appel au flair infaillible du chien Fernando… sauf que Fernando semble davantage intéressé par les os de Pablito… Finalement, les choses s’arrangent. Tous ensemble, Julio sur le dos de Fernando tenant la main de Pablito, accompagnés de Rosita et Chiquito, ils partent à la recherche d’Abelito… inconscients des "dangers" qui les attendent. Bande a julio planche

Mon avis : Belle réédition proposée par Kennes pour cet album jeunesse au rythme trépidant.
Tony Emeriau à qui l’on doit aussi "Papi Génial et sa bulle qui va partout" (voir chronique ici) nous propose un album bourré d'énergie, drôle et accrocheur. Et pourtant, il aborde un sujet "grave", la mort. Mais ici, elle est présentée dans sa tradition mexicaine d’une journée spéciale dédiée aux disparus, la Fête des Morts – "El dia de los muertos" – un événement beaucoup plus joyeux que notre Jour des Morts souvent associé à la Toussaint et sa traditionnelle visite au cimetière pour fleurir la tombe des défunts. Un bon moyen de rendre la mort moins effrayante. 
Une lecture amusante et utile qui peut être complétée par le visionnage du très beau film d’animation "Coco" sorti en 2017 abordant lui aussi la Fête des Morts au long d’un voyage extraordinaire mêlant lui aussi humour et mélancolie.
Côté dessin, c'est tout aussi fou et délirant. Mickaël Roux nous régale d’une multitude de cases amusantes alternant avec de plus grandes vignettes dont il faut suivre le dessin à l’aide d’un plan. Les personnages et les animaux sont truculents et pittoresques, l’ensemble fait preuve d’une énergie débordante et proposé dans une mise en couleurs en phase avec le sujet.
Un deuxième tome de la série est paru en juillet intitulé "La pyramide de Chupacabra" qui s’annonce lui aussi très animé et plein de surprises pour Julio et sa bande d’amis.

SDJuan

PAPI GÉNIAL ET SA BULLE QUI VA PARTOUT

Par Le 15/09/2021

Papi genial et sa bulle qui va partoutTome 1 : Le gros robot de l'espace pas gentil du tout
Scénario : Tony EMERIAU
Dessin : Tony EMERIAU
Couleurs : Tony EMERIAU
Dépot légal : juin 2021
Editeur :
Kennes coeur 1
Petit normal
ISBN : 978-2-380-75411-7
Nombre de pages : 34

Papi est un véritable génie. Parmi ses inventions, il y a surtout cette "bulle qui va partout", un moyen de transport fantastique capable de trouver seul son chemin. Il suffit d’y insérer un dessin ou une photo du lieu où l’on souhaite aller pour y être transporté. Accompagné de son robot-chien, Papi montre la carte postale envoyée par Ninon et Oscar, ses petits-enfants, et aussitôt la bulle les transporte auprès d’eux. Ils sont littéralement fascinés par cette bulle magique, ce qui donne une idée à Oscar. Il file récupérer son livre d’aventures spatiales où il se souvient avoir lu l’histoire d’une planète où vit un méchant robot. Papi décide de les accompagner pour ce voyage intersidéral qui va leur réserver bien des surprises! Papi genial et sa bulle qui va partout planchesMon avis. Dès les premiers dessins, on se rend vite compte que le texte aurait été superflu d’autant que l’album cible les très jeunes "lecteurs" n’ayant pas encore commencé l’apprentissage de la lecture…
Tout est fait pour que le visuel soit parlant comme cet extraterrestre impressionnant et fasse passer et si possible comprendre un message d’humanité, de bonté et même de tolérance. 
Le dessin est agréable, coloré, expressif, explicite et explicatif, il se suffit à lui-même, il a un sens complet. La narration est claire.
Parallèlement, Tony Emeriau scénarise aussi d’autres BD dites "jeunesse" (avec dialogues), par exemple La Bande à Julio ou Lola (presque) super, ainsi que des histoires d’humour, mais attention car c’est un genre qu’il ne destine pas uniquement aux plus jeunes lecteurs…

Voir aussi du même auteurBande a julio

FÉROCE T1

Par Le 11/09/2021

FeroceCoup de coeurTome 1 . Taïga de sang
Scénario : Gregorio HARRIET
Dessin :  Alex MACHO
Couleurs :Aguirre, Garluk AGUIRRE
Dépot légal : Septembre 2021
Editeur :
Editions glenat logo
Grand Format
ISBN : 978-2-344-04412-4
Nombre de pages : 56

Janvier 2019, quelque part dans la vallée de la rivière Bikine, en pleine forêt du Kraï du Primorié, une région située à l’extrême sud de l’Extrême-Orient russe, limitrophe de la Chine et de la Corée du Nord, en bordure de la mer du Japon. Sabine Kôditz vient d’atterrir accompagnée d’une petite équipe pour tourner un documentaire sur le tigre de l’amour, plus connu sous le nom de tigre de Sibérie. Elle agit pour le compte du WWF et est chaleureusement accueillie par Mikhail Marayev, le responsable du WWF de Vladivostok qui lui présente Nikolay Kjaluzjuga et Viktor Zhekov, deux inspecteurs de l’"Amur Tiger Center", qui seront chargés de l’escorter. En fait, elle connaît très bien la région car elle y est déjà venue pour "fourrer son nez" dans le trafic illégal de bois d’essences protégées organisé par la mafia russe. Son reportage avait fait sensation à l’époque. Mais si certains affirment que son passage a fait changer les choses, elle constate très vite que la taïga est encore plus menacée car le trafic de bois se poursuit de plus belle et, cette fois, aux mains de la mafia sino-russe. Si le danger ne venait que de là... En effet, non loin de là un braconnier a blessé un tigre qui, selon les légendes, se serait transformé en Amba, autrement dit un esprit vengeur de la forêt qui s’est désormais mis en chasse... Plus personne n’est à l’abri. Feroce planche arriveeMon avis: Au scénario, Gregorio Harriet (La Honte et l’Oubli, Les Dragons de la Frontière) nous propose une de ces histoires dont il a fait sa matière, une histoire inspirée de faits réels, qui aborde des préoccupations très actuelles et qui se déroule dans un milieu naturel peu connu, au cœur de la taïga où un tigre blessé va transformer les chasseurs et mafieux de toutes sortes en proies.
Les défenseurs de la nature et Nikolay et son fils Kostya semblent être les seuls à raisonner en conséquence, suscitant une vive animosité à leur égard. De même, en ce qui concerne Sabine Kôditz.
Les bases étant posées, le récit bascule alors très vite, faisant monter l’adrénaline pour ne plus s’arrêter et c’est là que réside tout le talent et le savoir-faire de l’auteur.
Une bonne intrigue, un suspense bien maîtrisé et une histoire bien documentée. Feroce plancheLa partie illustration est assurée par Alex Macho qui met à profit sa longue expérience dans l’animation et le story-board.
L’ensemble revêt un aspect très cinématographique.
Les cases très nombreuses et variées enchaînent les scènes d’action en pleine forêt enneigée, à pied, en jeep, en véhicule tout-terrain "harvester" ou en moto-neige. Bourrées d’énergie et de testostérone, elles révèlent aussi un soin du détail très marqué et une clarté impressionnante.
Sous le trait réaliste de Macho, les personnages sont expressifs et charismatiques, affichant tout l’éventail des faciès, du joli minois à la trogne patibulaire… 
Très agréable mise en couleurs de Garluk Aguirre mettant bien en valeur le travail du dessinateur et soulignant les différentes ambiances par une belle alternance de tons chauds et froids.
Une couverture choc qui ne passe pas inaperçue parmi les dizaines de nouveautés sur les présentoirs de nos libraires.Feroce quand la nature se dechaineUn excellent moment de lecture à ne pas rater. 

SDJuan

WOLVERINE Black, White & Blood

Par Le 10/09/2021

Wolverine black white bloodCoup de coeurBlack, White & Blood
Scénario : Gerry DUGGAN, Matthew ROSENBERG,  John RIDLEY,  Steven S. DeKNIGHT,  Declan SHALVEY,  Ed BRISSON,  Kelly THOMPSON,  Chris CLAREMONT,  Donny CATES,  Saladin AHMED,  Jed MacKEY  Vita AYALA
Dessin : Adam KUBERT, Chris BACHALO, Joshua CASSARA, Salvador LARROCA,  Jorge FORNÈS, Khary RANDOLPH, Declan SHALVEY,  Greg LAND,  Jesús SAÍZ, Leonard KIRK,  Kevin WALKER,  Paulo SISQUEIRA
Couleurs : Guru-eFX, Kevin WALKER, Chris BACHALO, Salvador LARROCA, Jorge FORNÈS, Declan SHALVEY, Khary RANDOLPH, Jesús SAÍZ, Frank D'ARMATA, Andres MOSSA, Frank MARTIN JR. 
Encrage : Jay LEISTEN, 
Lettrage : Bit RAMONE
Traduction : Mathieu AUVERDIN
Dépot légal : Août 2021
Editeur : Panini Comics
Collection : Marvel Hors Collection
Grand format : 23 x 33 cm
ISBN :979-10-39100-39-7
Nombre de pages : 136

Cet album grand format réunit de nombreuses histoires courtes nées sous la plume et le crayon de grands noms du comics et initialement parues en VO dans quatre tomes.
- Alors qu’il n’est encore que l’arme X, Wolverine se retourne contre ceux qui lui font affronter des bêtes et monstres plus féroces à chaque fois. Mais qui sont vraiment les monstres ?
- Wolverine affronte des agents de l’Hydra qui sont partis à la recherche de Nick Fury. Ils vont peut-être bien s’en mordre les doigts. 
- Un shérif rentre chez lui prévenir son épouse que ses complices de mauvais coups risquent bien de vouloir se venger. 
- Un savant a trouvé le moyen d’extraire le gène X faisant des mutants des êtres dangereux. Sabertouth a été engagé pour le retrouver et au passage compte bien s’amuser en se bastonnant avec son vieil ennemi Wolverine. 
- Wolverine est tombé dans le piège d’Arcade. Pour s’en sortir vivant, il va devoir trouver un moyen de s’extirper du jeu. 
- À Madripoor, Wolverine et Kate Pride affrontent de nouveaux ennemis alors qu’ils ont perdu leurs pouvoirs. 
- Le Samuraï d’Argent a kidnappé la fille adoptive de Mariko et Logan. Pour la récupérer, ils vont devoir affronter 32 guerriers. 
- Le Cavalier Fantôme cosmique est revenu dans le passé pour assister au mythique combat entre Wolverine et le... Fléau !
- Magic vient de déposer Wolverine sur Mars pour court-circuiter l’A.I.M., une organisation criminelle venue chercher des armes déposées par des dieux extraterrestres.
- Mystique, de la confrérie des mauvais mutants, vient demander à Wolverine où se trouve Malicia qui a récemment rejoint les X-Men. C’est l’annonce d’un futur combat à mort. 
- De vieux ennemis ont refait surface en Terre Sauvage et cela n’augure rien de bon pour Wolverine. 
- Un groupe de Reavers, mi-hommes mi-machines, ont laissé de nombreuses victimes derrière eux. Wolverine a retrouvé leur trace. Wolverine black white blood 1
Mon avis: Cela faisait un petit temps, pour ne pas dire longtemps, que je n’avais plus lu d’aussi bons récits d’aventure de Wolverine, et c’est une prouesse quand on sait qu’il s’agit d’histoires courtes.
Chacune d’entre elles est bien calibrée et adaptée aux différents personnages invités.
Wolverine s’y prête d’autant mieux qu’il a eu différentes facettes depuis sa première parution dans Hulk. On passe ainsi de l’Arme-X à Madripoor, on évoque ses liens avec Kitty Pride, Mariko, Sabretooth, Mystique, les Reavers, etc. autant de personnages qui ont joué un grand rôle dans sa vie.
Les illustrations sont proposées en noir et blanc avec différents niveaux de gris et le rouge. C’est très habilement fait et selon la thématique de l’histoire et l’équipe artistique qui l’a réalisée, cela donne une sensation dramatique supplémentaire ou en souligne l’aspect poétique ou symbolique. Les illustrations sont de très bonne qualité. Il faut dire que nous trouvons quelques "grosses pointures" du comics comme Chris Claremont, Chris Bachalo, Kev Walker, Greg Land, Adam Kubert - Salvador Larroca, mais aussi d’autres moins attendus comme Jorge Fornès qui fait de l’excellent travail et que nous retrouvons de plus en plus, en ce moment, dans ce genre d’histoires, par exemple sur des épisodes de Daredevil.Wolverine black white blood plancheMême si certaines histoires sont plus marquantes que d’autres, l’album se révèle globalement de toute beauté tant pour les fans du héros que pour ceux qui n’arrivaient plus à suivre ses aventures mais aussi pour tous ceux qui veulent lire un "comics" de qualité.
Le grand format (23 x 33 cm) est une bonne idée pour permettre d’apprécier le travail des artistes.
Un album à couverture souple, enrichi d’un cahier graphique de 9 pages intitulé "Couvertures" + 2 pages proposant de brèves biographies sur chaque auteur et 1 page "En coulisses" proposant un rapide survol du monde des super-héros.

SDJuan