Chroniques
Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture.
Par
asbl-creabulles
Le 15/12/2021

Scénario : Jaouen SALAÜN
Dessin : Jaouen SALAÜN
Couleurs : Jaouen SALAÜN
Préface :Vivès, Bastien VIVÈS et Michaël SANLAVILLE
Dépot légal : septembre 2021
Editeur : Les Humanoïdes Associés
Format normal
ISBN : 978-2-7316-9038-5
Nombre de pages : 208
Ce livre touchera plus particulièrement les personnes qui ont connu un amour si fort et si puissant qu’il s’est détruit. Un amour unique et dont il est difficile de se défaire. Un amour qui empêche d’avancer et de voir autre chose que le visage de l’être perdu quand on parle d’avenir.
Mickael Mayer est jeune, beau et riche. Assez riche pour rouler en Tesla qui change de couleur à la demande – idée de dingue, j’espère qu’Elon Musk me lit ou lira le livre – et il a surtout foi en l’avenir. La vie décide pour lui. Il a tout. Un claquement de doigt et une jolie fille prendra la place de la non moins jolie petite copine du mois. Et puis il y a Nina. Pourquoi cela devrait-il être différent ? Et pourtant, à force de jouer avec le feu et de ne pas prendre en compte les émotions et envies de "l’autre", on perd. Nina quitte Mickael. C’est la première fois que ça arrive.
Nos deux protagonistes grandissent. Mickael est marié et a des enfants. Nina est en couple avec une personnalité importante et proche du président des États-Unis. Et pourtant, bien que vivant des vies différentes, leurs destins et vies sont liés. Comment être en couple avec quelqu’un mais voir le visage de l’autre lorsque l’on regarde la personne qui partage notre vie ?
Et si le destin jouait vraiment un rôle dans notre vie ? Si tout était écrit d’avance ? À en croire le livre…
Mon avis: Quelle splendeur ! Quel univers ! Merci à Jaouen Salaün pour ce torrent d’émotions ! Rien n’est à jeter dans le livre ! Le scénario est excellent et que dire du découpage et des couleurs ! Je suis littéralement tombé amoureux de ce livre!
Rien à ajouter. Foncez acheter ce petit bijou !
Jordan Maenhout
Par
asbl-creabulles
Le 15/12/2021
Tome 3 : Variable d'ajustement
Scénario : MATZ
Dessin : Luc JACAMON
Couleurs : Luc JACAMON
Dépot légal : octobre 2021
Editeur : ![]()
Format normal
ISBN : 978-2-203-22337-0
Nombre de pages : 64
Le Tueur a fait du chemin depuis la Patagonie. Sa mission au Havre sous couverture pour le compte de la DGSE va bientôt toucher à sa fin. Mais, pour le moment, la situation n’est pas des plus limpides. En se multipliant les règlements de compte ont attiré l’attention de la police. Ses enquêteurs marchent de plus en plus sur les platebandes de nos mercenaires et se rapprochent un peu trop de la vérité. Le Tueur parvient encore à garder son calme et maintenir son contrôle sur un collègue un peu trop nerveux à son goût, mais cela risque bien de ne plus suffire. Et le voici à présent chargé de "nettoyer" plusieurs cibles et… le maire de la ville !
Mon avis : Ce troisième tome achève un cycle qui nous a donné l’occasion de suivre le "tueur" dans de nouvelles péripéties.
Comme toujours, Matz maîtrise parfaitement son sujet de bout en bout.
C’est avec calme que son héros mène à bien ses différentes missions : voyou, trafiquant de drogue, politicien véreux, etc., il ne se trompe jamais de cible. Et on peut raisonnablement penser que Matz n’a pas fini de trouver de nouvelles missions pour ce professionnel de la gâchette.
D’épisodes en épisodes, la série reste et demeure fidèle à ses promesses : nous proposer des histoires inspirées de faits réels, dans un style thriller au suspense savamment entretenu, généreuses en action et en violence, et toujours aussi captivantes.
Ce tome 3 n’est pas en reste en évoquant les sujets très actuels de la corruption, des dérives liées à l’obsession du pouvoir chez certains hommes politiques comme la complicité avec des mafieux, du terrorisme et tant d’autres questions qui agitent au quotidien nos sociétés.
Au dessin, nous retrouvons Luc Jacamon qui, depuis quelque temps déjà, s’est remis à la couleur directe.
Personnellement, je trouve que c’est un plus pour ses illustrations, même si j’aimais déjà beaucoup l’atmosphère si particulière qu’il a su créer dans ses albums et qui le différencie des autres séries.
Son trait est immédiatement reconnaissable de même que sa manière de mettre ses planches en couleurs.
Son dessin sert parfaitement la narration, aussi bien les scènes d’action bien maîtrisées où l’on ressent la tension, la violence que celles plus "statiques", en voix off, dans lesquelles, de manière si typique, le héros garde son calme et fait preuve d’une maîtrise de soi impressionnante dans l’exécution de ses missions.
Un superbe travail soigné et documenté sur les différents types d’armes, les nombreux décors urbains, banlieue, quartiers de bureaux, quartiers plus chics, tout y est.
Et cette magnifique dernière page évoquant Mondrian ou Vasarely dans sa conception générale.
Le scénariste américain Brian Michael Bendis a d’ailleurs salué cette série en déclarant : "One of the best graphic novel series of the last ten years. I toast you, Matz and Luc Jacamon, and I thank you".
Selon des infos récentes, un film adapté de la série BD "Le Tueur" est en cour de réalisation aux États-Unis, intitulé "The Killer", par David Fincher et incarné par Michael Fassbender dans le rôle principal.
SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 15/12/2021
Scénario : André FRANQUIN
Dessin : André FRANQUIN et Jean ROBA
Couleurs : Frédéric JANNIN
Commenté par Christelle et Bertrand PISSAVY-YVERNAULT
Dépot légal : Novembre 2021
Editeur : ![]()
Grand format
ISBN : 978-2-8001-5411-4
Planches :110
Longtemps retardé, il est enfin paru.
Il fallait sans doute trouver d’autres as de la plume pour commenter cette aventure comme José-Louis Bocquet et Serge Honorez ont apparemment arrêté de collaborer à cette collection.
Les deux petits nouveaux n’ont pas à rougir de leurs textes.
Comment en aurait-il pu être autrement quand on se nomme Christelle & Bertrand Pissavy-Yvernault.
Ils ont déjà à leur actif de si mémorables ouvrages : les dossiers de plusieurs intégrales des éditions Dupuis, l’histoire du journal Spirou, une monographie Delporte, Roba et encore beaucoup d’autres choses…
Cette histoire est un peu une madeleine de Proust pour moi.
Je la découvrais dans le recueil Spirou numéro 86 paru en juillet 1963.
J’avais 8 ans.
Je connaissais déjà les aventures de Spirou et Fantasio car je recevais les recueils depuis le numéro 78.
Il en paraissait 4 par an et comme je savais lire à 6 ans… logique…
Cette aventure m’avait fortement impressionné.
Vous vous rendez compte… Fantasio ne revient pas d’un rendez-vous pour un important reportage. Le lendemain, Spirou envoie le Marsupilami à sa recherche. Il le trouve et veut jouer avec sa découverte car il est réduit au format d’une poupée.
Comme Spirou, je paniquais et croyais que Fantasio était réellement devenu une figurine.
On était fortement influençable à 8 ans à cette époque.
Plus tard, quand je commencerai à lire toutes les aventures de ces deux héros, je ne pourrai m’empêcher de comparer avec "Les petits formats" et elle restera ma préférée.
Dans cette nouvelle édition, elle est présentée en trois versions :
1. 30 pages couleurs (nouvelles couleurs de Frédéric Jannin) dans le remontage des strips pour le journal Spirou (4 par pages).
2. 20 pages dans sa version originelle en fac-similé des pages du journal "Le Parisien libéré" dès le 3 septembre 1960 (6 strips par page).
3. 60 pages de fac-similés des planches originales avec les commentaires (2 strips par pages).
Le lecteur apprend tout sur la raison d’une première parution dans un journal français.
Il découvre les détails de la genèse de cette histoire, la collaboration de Roba pour les décors et les personnages exceptés Spirou, Fantasio, Marsupilami, Spip, Dupilon, le marquis de Champignac et le maire.
Il comprend pourquoi la version en 6 strips est la plus intéressante. C’est ainsi que Franquin l’a conçue avec les ambiances et le traditionnel suspense en fin de page. Des effets qui disparaissent dans le journal Spirou et l’album.
Christelle Pissavy-Yvernault et son mari analysent pour notre plus grand plaisir toute cette aventure, les personnages (ah cet inquiétant docteur Solfatare et ce mystérieux photographe Flashback sortis tous deux de la plume de Roba), la vie dans le pittoresque village de Champignac-en-Cambrousse.
Ils décrivent aussi la vie des auteurs à cette époque ainsi que l’historique de leurs personnages.
Une analyse complète, intéressante et distrayante remplie d’anecdotes, de fac-similés de documents d’époque.
Personnellement, j’ai un seul regret.
Qui n’entame en rien la qualité de l’ouvrage.
Pourquoi ne pas avoir commenté les interventions mentales si amusantes de Spip dans les premières planches ?
M. Destrée
Par
asbl-creabulles
Le 15/12/2021
Tome 15 : Insoupçonnable
Scénario : Jean-François DI GIORGIO
Dessin : Cristina MORMILE
Couleurs : Lorenzo PIERI
Dépot légal : Septembre 2021
Editeur : ![]()
Grand format
ISBN : 978-2-302-09348-5
Nombre de pages : 50
Depuis quelque temps, une vive animosité règne au sein du village marquée par plusieurs règlements de compte mortels. Les soupçons se portent sur Fumie, une tueuse masquée qui enduit de poison ses kunais. Pour y mettre fin, Shiro, le fils du chef du village, a même engagé un tueur, qui se réjouit d’avoir une occasion d’affronter le complice de Fumie, un certain Takeo… En fait, il n’en est rien puisqu’il se remet à peine des blessures que lui a infligées Fumie qui l’a pris pour le tueur censé la tuer. Ce groupe de villageois est celui-là même qui avait rendu fou de tristesse ce pauvre Yugoro. À cause d’eux, il a perdu son grand amour à qui il allait demander la main et à présent il crie vengeance. Takeo de son côté se prépare à affronter ce nouvel ennemi qui a pour seule ambition de se mesurer à un adversaire digne de lui.
Mon avis : Par flashes-back successifs, Jean-François Di Giorgio lève le voile sur les derniers mystères qu’il avait disséminés tout au long de cette aventure. Ces retours en arrière ne sont pas seulement réservés au héros mais concernent aussi d’autres personnages qui, à première vue, ne jouaient qu’un rôle secondaire mais qui au fil des pages se sont révélés des plus intéressants et ont largement contribué à dynamiser le récit en y apportant surprises et rebondissements. J’ai bien aimé aussi sa manière classique de présenter l’affrontement auquel se prépare Takeo avec son nouvel ennemi.
Arrivé au quinzième album, Di Giorgio semble avoir encore beaucoup d’idées en réserve pour poursuivre l’aventure de notre héros, notamment cette arrivée de nouveaux personnages hauts en couleurs, impressionnants et/ou attachants.
Cristina Mormile nous démontre une nouvelle fois que cet univers lui est désormais familier. Les décors, les paysages, les tenues du quotidien, les costumes, les armes des nombreux guerriers et/ou ronins n’ont plus de secrets pour elle, ce qui implique sans aucun doute un gros travail de recherche documentaire. Ses personnages, y compris dans les scènes d’action plutôt réussies, sont aisément reconnaissables au profit d’une lecture très fluide.
Très agréable mise en couleur de Lorenzo Pieri, comme à son habitude, donnant du volume et de la clarté aux illustrations.
SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 10/12/2021
Volume 1
Scénario : Roger LECUREUX
Dessin : André CHÉRET
Couleurs : <N&B>
Dépot légal : novembre 2021
Editeur : Soleil Productions
Collection : Aventure
Grand format
ISBN : 978-2-302-09128-3
Nombre de pages : 600
Cet album est le premier de l’intégrale Soleil des aventures de "Rahan, fils des âges farouches", le héros préhistorique dont on a célébré le cinquantième anniversaire en 2019. Il s’agit d’une nouvelle édition en N&B des histoires de Rahan annoncée en cinq gros volumes d’environ 600 pages chacun (le deuxième est disponible depuis le 8 décembre) dont le contenu suit à la lettre l'ordre des parutions dans le magazine Pif Gadget des éditions Vaillant, à commencer par la toute première aventure publiée dans Pif à partir de mars 1969, Le secret du Soleil. Chéret avait fini par trouver son style reconnaissable entre tous! Rahan était né ! Et pour longtemps!
Rahan devient rapidement un très bon coureur, un combattant et chasseur hors pair. Intelligent et curieux, son besoin de connaître ses racines le pousse à s’aventurer hors du territoire de son clan, et fatalement de nouveaux dangers vont faire leur apparition. D'aventure en aventure, ce personnage nous a accompagnés durant ces dernières décennies et est devenu un classique du genre.
Roger Lécureux a su donner à Rahan la curiosité et le charisme qui en ont fait un personnage intemporel, ce héros solitaire qui a besoin de connaitre les secrets de tout ce qui l'entoure ou presque. Rahan possède beaucoup de qualités, c’est un homme bon et courageux et, surtout, doté de sagesse, ce qui lui permettra d’affronter les divers obstacles de la vie avec justesse et détermination.
Pour ceux qui connaissent les albums d’André Chéret, on peut dire que le format N&B retenu pour cette intégrale rend justice à son travail et à son talent. On se rend mieux compte de l'efficacité de son trait et de sa mise en page.
L’énergie que ses dessins dégagent est bien mise en valeur. Au fil du temps, on les voit progresser, avec encore plus d'énergie, de fougue mais aussi davantage de traits, de détails et de décors.
Cette nouvelle édition a sans aucun doute sa place dans toute bonne collection.
Pour la lecture, il est conseillé de s’installer confortablement pour ne pas trop fatiguer ses bras.
Ainsi le voyage dans la préhistoire en compagnie de Rahan n'en sera que plus agréable.
SDjuan
Par
asbl-creabulles
Le 08/12/2021
Tome 3 : Les liens du sang
Scénario : Yves SWOLFS
Dessin : Yves SWOLFS
Couleurs : Julie SWOLFS
Dépot légal : Octobre 2021
Editeur : ![]()
Grand format
ISBN : 978-2-8036-7699-6
Nombre de pages : 56
Je n’avais pas le temps de relire les deux premiers. Mais c’est préférable.
Lonesome, le cavalier solitaire et sans nom arrive à New-York.
Il est à la recherche de son passé et avide de vengeance.
Confronté à une ville en pleine effervescence dont il ne connaît pas les règles, il a difficile à trouver ses repères et tombera trop facilement dans un traquenard.
Ce récit apporte beaucoup d’éléments pour l’intrigue générale et identifie le héros.
Mais la fin révèle de nouveaux mystères.
Malgré des flash-back perturbant la lecture au début, Yves SWOLFS maîtrise bien son scénario et offre une histoire très dense avec des personnages bien définis et riches d’émotions.
La couverture est de toute beauté.
La palette de couleurs se prête bien aux ambiances.
Je regrette un peu le trait plus léger et plus aéré, il me semble. Et les gros plans des visages sont peut-être trop nombreux.
Néanmoins, voici un très bel album en général qui renouvelle le thème du western.
Pour les lecteurs de mes chroniques, vous constaterez que mon impression diffère légèrement de celle du récit précédent concernant la catégorie western mais pas pour le dessin hélas.
M.Destrée
Par
asbl-creabulles
Le 05/12/2021
Innovation 67
Scénario : Patrick WEBER
Dessin : Baudouin DEVILLE
Couleurs : Bérengère MARQUEBREUCQ
Dépot légal : novembre 2021
Editeur : Anspach
Grand format
ISBN : 978-2-931105-05-4
Nombre de pages : 64
Après avoir participé au pont aérien entre Léopoldville et Bruxelles, Kathleen a refait sa vie. Nous la retrouvons journaliste à la RTB. C’est à ce titre qu’elle doit se rendre à Paris pour interviewer Madame Pompidou. Elle en profite pour passer voir sa meilleure amie Monique, vendeuse aux Galeries Lafayette. Celle-ci lui fait part de son désir de rentrer en Belgique. N’étant pas du genre à se contenter d’un simple petit bonjour à la sauvette, Monique invite Kathleen au restaurant avant de s’offrir une virée nocturne en boite de nuit avec son amie… qui va ainsi faire la connaissance de Tom, en réalité Thomas, qui se présente à elle comme pilote de course. Kathleen ne lui est pas indifférente et elle-même le regarde avec des yeux doux. Sachant qu’elle doit retourner à Bruxelles en train, Tom lui propose de faire le voyage ensemble dans sa Ford Mustang Cabriolet… De retour à Bruxelles, Kathleen demande à sa mère qui travaille au magasin "À l’Innovation" de se renseigner sur les offres d’emplois susceptibles d’intéresser Monique. La Quinzaine Américaine va bientôt démarrer et le travail ne manque pas… même si Stan, l’ex de Kathleen, tient à l’avertir d’un danger potentiel car des manifestations anti-américaines sont d’ores et déjà prévues à Bruxelles en pleine guerre du Vietnam. Kathleen suppose que ce n’est que de la jalousie. C’est alors qu’un incendie se déclare dans le magasin de la rue Neuve. Une enquête est ouverte. Kathleen doit en couvrir le déroulement, loin de se douter que d’autres surprises l’attendent à propos de Tom…
Mon avis : C’est avec plaisir que nous retrouvons Kathleen dans de nouvelles aventures.
En effet, l’album "Sourire 58" publié en 2018 devait être un "one shot" au sens propre du terme. L'engouement du public et les nombreux retours positifs notamment lors des séances de signature ont poussé les auteurs à donner naissance à d’autres récits complets autour du personnage de la belge Kathleen. Femme indépendante et déterminée dans un univers plutôt masculin, les auteurs ont décidé de lui faire vivre divers événements majeurs liés à l’histoire de la Belgique.
Gamine en 43, elle côtoie la résistance mais aussi les "collaborateurs" ; en 58, elle vit une histoire d'espionnage durant l'exposition universelle de Bruxelles ; en 60, elle est au cœur de la décolonisation du Congo ; et à présent en 67, dans une fiction solidement étayée par des faits réels et faisant référence à la théorie complotiste d’un attentat potentiel de la part d’activistes d'extrême gauche luttant contre l’impérialisme américain en pleine guerre du Viet Nam contre le grand magasin "À l'Innovation" qui organisait une quinzaine américaine, Kathleen va vivre le catastrophique incendie du bâtiment construit en 1902 par Victor Horta abritant ce véritable temple de la mode et du commerce.
L’incendie du 22 mai 1967 a fait 251 victimes et plus de 60 blessés. Il a ravagé les 24000 m² du magasin, ses entrepôts et bien d’autres bâtiments alentour. Il a ébranlé toute la Belgique qui a observé une journée de deuil national.
À la fois écrivain, historien, animateur, journaliste, scénariste, Patrick Weber sait comment captiver notre attention.
A partir de faits établis, il construit un récit se déroulant dans le contexte d’événements belges et mondiaux qui lui donnent l’occasion d’évoquer l’état d’esprit de l’époque mais pas seulement.
Au fil des pages, son récit romancé va prendre des allures de thriller. Devenue journaliste, Kathleen couvre l’enquête sur l’incendie et les différentes thèses soulevées mais va également être amenée à s’interroger sur Thomas qu’elle a rencontré lors de son passage à Paris.
Baudouin Deville nous propose un dessin toujours aussi soigné dans le plus pur style Ligne Claire.
Des illustrations riches, soignées et surtout très documentées à partir de photographies d’archives, de journaux, magazines et autres documents de l’époque.
Il nous régale d’une reconstitution fidèle des divers lieux évoqués.
On note un soin tout particulier apporté aux véhicules, décors urbains, costumes, tenues, coiffures, etc.
Ce travail méticuleux est largement mis en valeur par Bérengère Marquebreucq, en quelque sorte devenue la coloriste attitrée de la "série" depuis le tome 2.
De très belles couleurs, impressionnantes dès la couverture, mais aussi tout au long de l’album comme lors du défilé d’une troupe de majorettes dans la rue avec ces millions de confettis qui arrosent les spectateurs.
Une coloriste de qualité qui par son savoir-faire s'adapte à tous les styles (voir notre chronique Complainte des Landes Perdues sorti en octobre).
En fin d'album, Patrick Weber nous propose un supplément très intéressant sur l’histoire des "grands magasins" : À l'Innovation ou Les Galeries Anspach (Victor Horta ayant également participé à l’une des façades du bâtiment) à Bruxelles, Harrods à Londres, Au Bon Marché, La Samaritaine, Le Printemps, Les Galeries Lafayette, Le Bazar de l’Hôtel de Ville à Paris, El Corte Inglès en Espagne.
SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 04/12/2021
Tome 1
Scénario : Joris CHAMBLAIN
Dessin : Margo RENARD
Couleurs : Margo RENARD
Dépot légal : septembre 2021
Editeur : 
Collection : la P'tite Margote
Format normal
ISBN : 978-2-380-75485-8
Nombre de pages : 40
Gabie et sa famille rendent visite à leurs grands-parents. Gabie n'en finit pas de s'émerveiller de tout ce qu'elle voit autour d'elle. En se promenant avec son chien Loupo, elle croise même la route d'une souris... verte. Sa mamie ne semble pas plus étonnée que ça. Elle conseille à Gabie d'aller dans son atelier au grenier. Et là, effectivement elle retrouve la souris qui lui montre une boîte de craies de couleurs. Gabie s'empresse de les essayer en dessinant un panda. Avant de repartir, la grand-mère insiste pour que Gabie emporte les craies avec elle en lui révélant leur secret : ce sont des craies magiques, les dessins prennent vie... De retour dans leur nouvelle maison, Gabie n'en finit plus de dessiner sur les murs et de se créer un monde bien à elle. Elle en use et en abuse au nez et à la barbe de ses parents. Car, c’était la règle imposée par sa mamie, elle ne doit rien leur révéler au sujet des craies…
Mon avis : Voici un album jeunesse qui fait du bien et qui ravira le jeune public à coup sûr mais pas seulement.
L’album ne manque pas d’entrain et d’énergie à l’image de son héroïne toujours en mouvement, une véritable petite tornade à la bouille ronde et rieuse.
Gabie n’arrête pas un instant sans pour autant fatiguer ses parents puisqu’elle a son compagnon Loupo avec qui elle s’amuse et joue des heures durant… sauf peut-être son papa qui s’inquiète un peu.
La magie de ces dessins prenant vie et n’en faisant qu’à leur tête contribue largement au dynamisme de l’histoire.
Joris Chamblain n’arrête plus de nous faire rêver et de voyager dans des mondes fantastiques ou féériques.
J’avais déjà beaucoup aimé "Les Carnets de Cerise" et plus récemment "Alyson Ford".
Le succès devrait de nouveau être au rendez-vous avec cette nouvelle série.
Côté illustration, Margot Renard nous régale de belles pages très colorées.
Les dessins affichent des couleurs chatoyantes, pleines de luminosité.
Les personnages arborent des proportions, des coiffures, des tenues et même des maquillages plutôt délirants évoquant le spectacle.
Les expressions sont drôles, parfois caricaturales mais toujours pleines d’humour et de vie, à l’instar de la couverture de l’album.
SDJuan