Créabulles, Expositions, Dédicaces, Rencontres.

CRÉABULLES

Chroniques

Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture. 

À BOUT DE BRAS - - LA FOLLE SAGA DES FRÈRES ACARIÈS

Par Le 04/12/2021

A bout de brasCoup de coeurÀ bout de bras - La folle saga des frères Acariès
Scénario : Jean-Christophe DEVENEY, Pierre BALLESTER & Michel ACARIÈS
Dessin : SAGAR
Couleurs : SAGAR
Dépot légal : novembre 2021
Editeur : Delcourt
Collection : Coup De Tete
Format normal
ISBN : 978-2-413-02415-6
Nombre de pages : 160

Voici l’histoire des frères Acariès, Michel et Louis, nés à Alger puis rapatriés en métropole à la fin de la guerre d’Algérie. En France, ces deux "pieds-noirs" vont acquérir une réputation solide et mondialement reconnue dans le milieu de la boxe. En particulier Louis, le boxeur, qui a remporté les titres de champion de France, puis champion d'Europe mais qui a perdu celui de champion du Monde face à Carlos Santos. La boxe est une histoire de famille. Et même si leur père aurait préféré qu’ils s’orientent vers des professions valorisantes, il a fini par les soutenir dans leur choix. C’est ainsi que Michel a d’abord suivi une formation informatique, rapidement délaissée pour devenir chauffeur de taxi, avant de se tourner vers la boxe, de s’occuper de la carrière de son frère Louis et de devenir l’un des plus grands et influents organisateurs de combats de boxe au niveau mondial. Michel a défendu ses projets de boxe en salle avec obstination auprès de Louis, il l’a accompagné, il l’a soutenu, il l’a fait progresser, orientant sa destinée vers un avenir prometteur. Tout ceci a pu se faire grâce à leur père qui a toujours su dénicher les fons filons et s’attacher de bonnes relations, et surtout éviter aux milieux mafieux peu recommandables d’approcher Louis de trop près.A bout de bras plancheMon avis : Scénatrio de Pierre Ballester et Jean-Christophe Deveney d'après le livre Pied-Noir, Poings nus. C'est bien ce même Michel Acariès qui a coécrit le scénario de cette aventure BD avec Pierre Ballester, journaliste sportif ayant travaillé au sein des rédactions des journaux Le Sport puis L’Équipe jusqu’en 2001, avec lequel il a signé en 2018 le livre "Pied-noir, poings nus ; de Bab-el-Ouest à Las Vegas" publié chez Flammarion, dont l’album est adapté.
On découvre l’histoire captivante de cette famille, d’abord en Algérie dans le quartier populaire de Bab El Oued dans le nord d’Alger, puis le départ vers la France, l’arrivée à Marseille, suivie de la montée à Paris, puis les longues séances d’entraînement et l’ascension fulgurante de ces deux frères inséparables dans la vie mais aussi dans le monde dur et violent de la boxe durant près d'un quart de siècle, jusqu’aux rings de Las Vegas.
Un récit riche en événements, en rebondissements qui permet de se rendre compte des parcours impressionnants affichés par le père et ses deux fils.
Louis a eu une seconde carrière sportive dans le football comme conseiller-entraîneur à l’Olympique de Marseille dans les années 2000, quant à Michel, devenu l’un des plus puissants promoteurs mondiaux de combats de boxe, il a organisé plus d’une centaine de championnats du monde en Europe et aux États-Unis, portant jusqu’au titre suprême Brahim Asloum, Fabrice Tiozzo, Laurent Boudouani, Mahyar Monshipour.A bout de bras planches boxe jeunes
Les dessins de Sagar sont impressionnants, en particulier par l’énergie qui se dégage des scènes de combat qui multiplient les mouvements et les coups de poing.
Mais on apprécie aussi son travail sur les différents lieux évoqués, Alger, Marseille, Paris, etc.
A travers le parcours des deux frères depuis leur départ d'Algérie, on découvre une série de personnages hauts en couleurs du monde de la boxe, du soigneur et de l’entraîneur à quelques personnalités comme Donald "Don" King le célèbre organisateur de combats, le boxeur français Brahim Asloum (champion olympique à Sydney en 2000 et champion du monde WBA en 2007 auprès duquel Louis œuvrait désormais en tant qu’entraîneur), le comédien Jean-Paul Belmondo.
Des dessins superbement mis en couleurs dégageant une belle énergie et intensité.
Une très belle surprise pas seulement pour les passionnés de boxe.
Un beau coup de poing dans la collection coup de tête !

SDJuan

BLACKSAD 6

Par Le 03/12/2021

Blacksad 6Coup de coeurTome 6 : Alors, tout tombe - Première partie
Scénario : Juan DÍAZ CANALÈS
Dessin : Juanjo GUARNIDO
Couleurs : Juanjo GUARNIDO assisté par Hermeline JANICOT-TIXIER
Dépot légal : Octobre 2021
Editeur : Dargaud logo
Grand format
ISBN : 978-2-205-07804-6
Nombre de pages : 60

John Blacksad assiste avec Weekly à une représentation théâtrale dans le cadre du festival "Shakespeare in the Park". Soudain la police interrompt brutalement le spectacle. Grâce à son intervention auprès du lieutenant de police, la pièce peut enfin s’achever. Iris Allen, la directrice de la troupe, remercie chaleureusement Blacksad et récupère au sol la carte de visite qu’il avait malicieusement tendue au lieutenant au cas où il aurait besoin d’aide… Sur le chemin du retour, Blacksad est témoin d’une agression dans une ruelle sombre. Trois hommes s’acharnent sur leur victime pour la dépouiller. Ni une ni deux, il s’interpose et réussit à les faire fuir. L’homme au sol, en réalité une chauve-souris, se présente à lui comme étant Kenneth Clarke, le président du syndicat des travailleurs du métro. Curieusement, il tient en main la carte que Blacksad a donné plus tôt dans la journée et lui annonce qu’il souhaitait justement le rencontrer pour lui proposer une affaire. Il s’agit de retrouver un tueur à gage nommé Logan qui en veut à sa vie, engagé par la mafia des belettes pour l’éliminer. L’affaire impliqueraient plusieurs personnalités haut placées, notamment le maire et homme d’affaires Solomon. Pour mener à bien ses projets d’aménagement urbain, Solomon est prêt à démanteler certaines lignes de métro en construction. De son côté, Weekly qui est tombée sous le charme d’une jeune reporter, Rachel Zucco, qu’il aimerait voir rejoindre la rédaction du journal "What’s News" a choisi pour son prochain article de suivre une personnalité en vue. Il s’agit justement de Solomon, réputé grand visionnaire et grand bâtisseur ! John Blacksad de son côté s’est fondu parmi les ouvriers du métro – les taupes – pour enquêter de l’intérieur. Blacksad 6 planche

Mon avis : Le voici enfin ce nouveau Blacksad tant espéré, tant attendu… depuis huit ans, même si l’auteur n’a pas chômé entretemps... rappelez-vous en 2019 "Les Indes fourbes", un gros volume Delcourt de 159 pages dont 150 planches… L'attente en valait vraiment la peine. Le scénariste, Juan Díaz Canalès, nous démontre une fois de plus qu'il maîtrise à la perfection son récit, mélange de polar et de thriller et de leurs codes respectifs, faits délictueux, investigation, suspense, intrigue, action … 
Avec un plus dans ce nouvel album toujours aussi soigné, une longue suite de personnages "secondaires" (dont beaucoup retiennent l’attention) au sein d’une intrigue que Canalès installe et dévoile progressivement au fil des pages.
On se demande quel rôle chacun va jouer, quelle place chacun va prendre sur cet échiquier savamment élaboré. En tout cas, pour Weekly c’est clair, son personnage prend ici de l’ampleur. Il devient un acteur à part entière de l’aventure.
Revenu à New York, Blacksad va se retrouver confronté à un certain Solomon, personnage largement inspiré de l’urbaniste américain Robert Moses, surnommé le "maître de la construction", qui a largement contribué à façonner un New York rénové entre 1930 et 1970 [voir le one shot Robert Moses sous-titré "Le maître caché de New York" écrit par Pierre Christin et illustré par Olivier Balez paru en 2014 chez Glénat].
Blacksad va donc devoir faire face à un Solomon qui s’est entouré d’une part de personnes peu recommandables et d’autre part de personnalités haut placées et influentes pour arriver à ses fins. Canalès nous offre le portrait d’une ville hétéroclite où se développe un capitalisme fortement ancré dans le courant de pensée libéral avec toutes ses dérives, l’élimination des opposants, la quête du pouvoir et l’enrichissement de la part de certains au détriment des autres, les pauvres et les déshérités.
Blacksad et Weekly, mais pas seulement eux, vont suivre plusieurs directions, prendre de plus en plus de risques, frôler le danger, voire la mort. De nouvelles enquêtes en nouveaux rebondissements, notre attention est captivée, happée jusqu'à une dernière page époustouflante qui nous laisse avec une furieuse envie de connaître la suite …Blacksad 6 planche autreQuant au dessin, Juanjo Guarnido nous offre une fois de plus un album de toute beauté.
Les scènes d'action sont finement décortiquées, pleines de punch et de mordant. Les décors sont de toute beauté et impressionnants, notamment ceux vus d’en haut par Solomon le faucon et ses hommes. La ville est présentée sous des angles variés et originaux, les rues, les avenues, les gratte-ciels.
Les contrastes sont très marqués comme le passage de cette magnifique séquence à Central Park qui déborde de couleurs chatoyantes sous la lumière du jour à celle où l’on s’engouffre dans les escaliers et couloirs du métro où domine une lueur orangée pour finir dans les tons gris parmi les ouvriers-taupes qui travaillent dans les profondeurs du sous-sol.
Sans oublier les personnages, tous les personnages. Guarnido s'en donne à cœur joie avec tous ces animaux anthropomorphes toujours aussi réussis et expressifs arborant des faciès drôles, aguichants, apeurés, inquiétants, terrifiants… 
Amateur de comics, Guarnido s’est amusé à glisser une référence au super-héros de Marvel Wolverine. Son personnage Logan (nom civil de Wolverine des X-Men) a la forme d’un glouton (traduction officielle de Wolverine [qui a été délaissée au profit de Serval dans les premiers comics X-Men en VF]).
Si j’ai un peu tardé à lire ce nouvel album, le résultat est à la hauteur de mes attentes.
Reste à patienter un peu… pour connaître la suite et fin de cette aventure.

SDJuan

NO ZOMBIES

Par Le 01/12/2021

No zombies 1Tome 1 : Le livre de Joseph
Scénario : Olivier PERU
Dessin : Evgeniy BORNYAKOV
Couleurs : Simon CHAMPELOVIER
Storyboard  Benoît DELLAC
Couverture : Jean-Luc ISTIN & Bertrand BENOÎT
Dépot légal : Octobre 2021
Editeur : Soleil
Collection : Anticipation
Grand format
ISBN : 978-2-302-09508-3
Nombre de pages : 62

Joseph, Cass et leurs compagnons d’infortune sont la dernière chance d’une humanité qui manque cruellement d’espoir en ces temps difficiles. Depuis que la Terre a été infectée par un virus qui transforme ses habitants en morts-vivants, plus personne n’a d’espérances sur l’avenir, préférant se cacher, se calfeutrer, se protéger... Nos amis parcourent le pays pour sauver des zombies ou de rares survivants. Mais quand ils affirment que leur vaccin peut inverser les effets du virus, défiance et incrédulité semblent être la seule réponse qu’ils obtiennent. Néanmoins, ils persistent, qui sait.... Au sein même du groupe, les "anciens" infectés sont souvent submergés par les souvenirs, des souvenirs insupportables qu'il faut malgré tout surmonter pour retrouver au plus vite des proches qu'ils auraient pu mordre et contaminer afin de les sauver. No zombies 1 plancheMon avis : "Encore une série sur les zombies surfant sur la vague Walking Dead", penseront certains. En fait, à y regarder de plus près, ce premier tome de "No Zombies", donne un nouveau souffle au genre. D’emblée, on annonce un remède capable de sauver les morts-vivants, un vaccin qu’un petit groupe armé et bien organisé s’efforce de promouvoir. La tâche ne sera pas simple car il faut isoler les sujets un par un pour les vacciner puis attendre les effets du vaccin.
Si le cheminement de nos héros s’annonce lent et très long… le récit n’en souffre pas car Olivier Peru a pris le parti de développer la psychologie de ses personnages. Ce faisant, il apporte de la vie et de l’énergie à une aventure qui bien que macabre accroche d’entrée de jeu le lecteur. Peru nous a démontré avec ses séries sur la thématique "zombie" qu'il maîtrise parfaitement le sujet. A fortiori, les autres séries qu’il scénarise confirment son habileté aux récits parfaitement menés.
Sur un storyboard de Benoît Dellac, Evgeniy Bornyakov offre un dessin soigné, survitaminé, bourré de testostérone.
On peut dire que ça dézingue sans retenue car avec de tels ennemis, il n'y a pas une seconde à perdre. Mais l’album n’est pas fait que de massacres.
La narration purement visuelle fonctionne tout aussi bien grâce aux scènes en aparté, à huis clos, sous forme de flash-back ou d’introspection.
Un beau travail sur l’expression des sentiments, des émotions, des sensations de toutes sortes.
La mise en couleur réalisée par Simon Champelovier accompagne parfaitement le dessin grâce à des nuances et tonalités adaptées aux différentes scènes, diurnes, nocturnes, violentes, plus calmes, en flash-back…
Un premier tome à découvrir pour les amateurs du genre mais pas seulement.

SDJuan

SPIROU & FANTASIO d'après... 18

Par Le 01/12/2021

Spirou et fantasio d apres 18Tome 18 : L'Espoir malgré tout - Troisième partie - Un départ vers la fin
Scénario : Émile BRAVO
Dessin : Émile BRAVO
Couleurs : Fanny BRAVO
Dépot légal : Octobre 2021
Editeur : Dupuis 1
Format : Grand format
ISBN : 979-10-34731-63-3
Planches : 112

Belgique, été 1942. Parti de Malines, un train bondé roule vers la Pologne à destination d’un camp de travail situé en Silésie à la frontière allemande. De vives discussions ont lieu entre les "déportés" donnant lieu à de nombreux avis contradictoires sur l’objectif du voyage. Parmi eux, Spirou qui s’est retrouvé piégé pour avoir tenté d’aider Suzanne et P’tit Louis. Tous trois sont affamés comme bien d’autres enfants à bord. Écoutant les conversations des adultes autour de lui, Spirou finit par comprendre que ce train les conduit vers un piège, pire, la mort. Il faut donc absolument fuir au plus vite… sauf que les portes sont toutes bloquées. Par l’une des fenêtres que Spirou a réussi à ouvrir, nos trois amis profitent que le train ralentisse à l’approche d’un pont pour sauter. Ayant rejoint la berge, ils remontent vers la voie ferrée qu’ils décident de suivre en espérant trouver une route mais la fatigue se fait sentir… Au petit matin, Spirou parvient à arrêter un livreur de lait qui accepte de les conduire jusqu’à Namur. Spirou a prévu de rejoindre la ferme d’Anselme et Ernestine où vivent Lucien et sa fiancée Christina… ainsi que Mieke, la sœur de Christina, qui a créé une planque dans les bois où elle dissimule les animaux de la ferme. Elle accepte de la leur montrer à condition de ne jamais en parler à qui que ce soit. Une fois les enfants mis en sécurité Spirou retourne à moto avec Edmond retrouver Fantasio, Lucien et Robert qui n’ont pas chômé non plus pour résister à leur manière aux Allemands ! Rien n’est joué pour Spirou et ses amis notamment Felka et Félix qui courent un grand danger car le message qui leur était destiné ne leur a pas été remis à temps.  Spirou et fantasio d apres 18 plancheMon avis : Le tome 2 s’achevait sur une grande incertitude. Spirou risquait-il d’être déporté ?
Avec ce troisième tome, le rythme nerveux du récit ne baisse pas d’un iota. Il est toujours bien présent dès les premières pages et se poursuit durant tout l’album.
 L’aventure ne s’arrête jamais. Chaque action en entraîne une autre qui devient tout aussi importante que la précédente et d’habiles flashes-back sont l’occasion d’en développer certaines ensuite.
Tout s’enchaîne avec habileté, en évitant les ressemblances, ce qui captive sans cesse notre attention et nous rend tout aussi nerveux que les héros… sans la crainte de se faire prendre évidemment contrairement à eux.
Émile Bravo nous propose un récit très documenté sur des faits de guerre avérés, leurs conséquences sur les populations des territoires occupés, la déportation instituée comme instrument de purification ethnique par les Nazis, les atrocités auxquelles elle donné lieu, la résistance belge (dans le cas présent) à l’occupant allemand.
On est littéralement plongé dans l’action, la peur, le stress vécu par les héros qui se retrouvent dans des situations difficiles.
On ressent de l’empathie pour certains personnages.Spirou et fantasio d apres 18 planche autre
La partie graphique est un vrai régal.
Le trait et la mise en page d’Émile Bravo sont parfaits pour ce genre de narration nerveuse tout en restant fluide et limpide.
Une succession de petites cases avec des personnages de format réduit collant parfaitement à une aventure qui file à vive allure.
Des petites cases oui, mais soigneusement travaillées, détaillées, riches en personnages et en décors variés pour une évocation historique précise et fidèle de la guerre, de la peur, de la douleur … mais aussi pour partager des moments de plaisir et de joie.
Les couleurs de Fanny Bravo viennent confirmer le tout avec une belle mise en lumière du travail d'Émile Bravo
Après Rob-Vel, Jijé, Franquin et beaucoup d’autres auteurs dont de nombreux contemporains, Spirou et Fantasio ont trouvé en Émile Bravo un illustre ambassadeur de leurs aventures et un excellent représentant de la ligne claire.
Son style est reconnaissable entre tous autant le scénario que le dessin.

Album également diffusé en tirage spécial FNAC à 2000 exemplaires avec cahier graphique de 8 pages et en tirage N&B Canal BD avec jaquette exclusive et supplément de 16 pages.

Spirou et fantasio d apres 18 version fnac Spirou et fantasio d apres 18 version canal bd

Un quatrième tome viendra clore cette très belle aventure de la collection "Le Spirou de.../Une aventure de Spirou et Fantasio par…".

SDJuan

BOULE ET BILL 1959 Intégrale 1

Par Le 30/11/2021

Boule et bil 1959 integrale 1Intégrale 1 (1959-1963)
Scénario : Jean ROBA
Dessin : Jean ROBA
Couleurs : Studio LEONARDO et Alain MAURY
Dossier d'introduction : PISSAVY-YVERNAULT, Christelle & Bertrand
Dépot légal : Juin 2021
Editeur : Dupuis 1
Format normal
ISBN : 979-10-34757-45-9
Planches : 264
Autres infos : Noté 'Première édition'. Dossier de 60 pages rédigé par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault. Reprend les récits "Boule contre les mini-requins", "Poisson vole", "Soir de Noël", les gags 1 à 157, les bandeaux-titres et les couvertures du Journal Spirou.

Les seuls gags en BD que je lis avec un plaisir renouvelé à chaque fois. 
Je me suis lassé de Titeuf, du Petit Spirou mais de Boule et Bill… jamais!
Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault nous ont concocté un petit bijou de livre comme ils ont le secret. 
60 pages de dossier!
Des anciennes illustrations noir et blanc et couleurs de Roba.
Fac-similés de la couverture et de la première planche de Boule contre les mini-requins avec le calque couleur. 
D’autres fac-similés et illustrations de couverture et des pages du journal Spirou. 
Une reproduction recto-verso de l’album nº 1. J’espère que tous les albums bénéficieront de ce traitement…
Le texte très intéressant nous raconte les débuts du jeune dessinateur et nous narre toutes les étapes (publicitaires notamment) qu’il a vécues (et elles sont nombreuses) avant de dessiner ces deux personnages vedettes inspirés de son fils et de son chien. 
On découvre quelques strips qui semblent être les prémices de la série des gags à venir. 
Les personnes qui l’ont aidé ne sont pas oubliées comme Rosy (scénariste de la première aventure) ou Franquin pour qui il dessinait les décors et les personnages secondaires dans Spirou et Fantasio du Parisien libéré. 
Je découvre des documents inédits pour moi : une page de L’Oncle Paul, Jo le Toubib, Tiou, une histoire en 4 pages qui s’intitule La route des 3 clés (récit publicitaire pour la 2 CV).
Christelle, j’aimerais tant voir un jour les 11 planches de l’adorable Pomme, reprises dans un album. Je vois d’ici le titre :
Les Trésors oubliés des grands dessinateurs du journal Spirou.  
Les pages de garde sont reprises, ouf !
Un bandeau d’annonce. Il y en a de temps en temps répartis entre une série de gags. 
Les mini-requins en format mini-récit. Boule et bil 1959 integrale 1 plancheEt les 157 premiers gags où Boule, Bill le chien et le papa sont les principaux amuseurs. 
Et même si Bill parvient à réaliser des prouesses qu’aucun chien ne pourrait faire, on lui pardonne car c’est pour la bonne cause, faire rire les petits et grands lecteurs. 
Si les personnages et les décors sont au début légèrement inspirés des bandes de Modeste et Pompon, Roba trouvera vite son style et son dessin sera de plus en plus personnalisé. 
Avant de terminer cette chronique, j’aimerais commenter certains gags. 
1. Pouf l’ami de Boule, est déjà là (il était déjà présent dans le mini-récit) avec sa casquette sur les yeux. Il reviendra souvent. 
2. On découvre Noisette (peut-être Pomme qui a grandi  ). Aussi l’agent 22 qui ferait mieux pour ses nerfs de surveiller un autre quartier. 
5. Première apparition de la maman très années 60. Elle revient de chez la coiffeuse après une heure sous le casque sans doute. 
Les enfants d’aujourd’hui ne peuvent même pas imaginer cela. 
7. Elle a déjà une autre coiffure et une autre robe quand Boule et son papa porteront souvent les mêmes vêtements. 
8. Ah le directeur de papa…
19. L’instituteur, quelques gags se passeront à l’école mais ils seront rares. Ce sera plus souvent dans la maison, le jardin ou le quartier. 
32. Le retour de Noisette, elle sera très rarement présente puis disparaîtra tout à fait. 
34. L’instituteur qui a déjà les cheveux blancs. Eh oui, c’est un métier stressant. 
40. Oh l’agent a changé…un stagiaire sans doute car le véritable reviendra. 
47. Et voici la 2 CV rouge (les auteurs expliquent sa présence dans le dossier).
49. Boule et Bill à la mer, ils y reviendront. 
79. Oh non pas elle! Qui? La nouvelle voisine.
Quelle caractère. Et à part son chat, qui aime-t-elle?
Je termine avec le gag 105 que j’ai lu pour la première fois enfant dans un album recueil de Spirou. Je ne l’ai jamais oublié. 
Le pauvre agent 22 vient tous les soirs regarder la télévision. Cette fois il aura droit à un programme couleur ce qui était encore impossible en 1962. 
Presque tous les personnages qui animeront les pages sont en place. Mais il y en aura encore d’autres. 
En tout cas j’ai eu quelques fous rires silencieux en relisant les gags de cette intégrale. 
Oui, j’avais acheté en 2020 tous les albums suite à la lecture du livre L’Art de Roba des mêmes auteurs de l’introduction.

M.Destreé

GARONNE ET GUITARE Contre Foxy Lady

Par Le 29/11/2021

Garonne et guitare la bruges sous les flotsTome 3 . La Bruges Sous-Les-Flots
Scénario : MYTHIC
Dessin : Marc HARDY
Couleurs : <N&B>
Dépot légal : septembre 2018
Editeur : Black & White
Format normal
ISBN : 979-10-94988-39-8
Nombre de pages : 44

Une publication par Marc Hardy d’une planche de cet album en noir et blanc m’impressionne sur Facebook. 
Je me rappelle que j’aimais bien cette série dans Spirou. 
Les Éditions Black & White présente cette réédition dans une collection identique à celle des Lucky Luke, c’est à dire d’une qualité irréprochable. 
Il existe aussi un tirage numéroté et signé avec dos toilé mais avec une couverture noir et blanc et je préférais la couleur. 
Un dossier d’introduction de 14 pages présente une interview de Mythic et de Marc Hardy, des illustrations couleurs et des fac-similés d’illustrations parues dans le journal Spirou. 
Vraiment très sympa pour nous remettre dans le contexte du journal à l’époque de la parution de l’histoire et pour se remémorer les nombreuses contributions du dessinateur. Il y a même une histoire courte en 3 planches. 
Puis arrive La Bruges sous-les-flots.
Dès la première case (grande case d’une demi-planche), on est dans l’ambiance du bord de la mer du Nord où Garonne et Guitare vont commencer leur enquête. Garonne et guitare la bruges sous les flots plancheQui sabote les travaux d’assèchement ?
Ces étranges créatures qui font sauter la digue ?
Ou l’ennemie habituelle Foxy Lady ?
C’est ce que découvriront nos amis en pénétrant dans une étrange cité sous les flots. 
J’aimais bien ce dessin tout en rondeur, en mouvement, capable de rendre une ambiance fantastique, étrange. Un peu comme Will mais plus suintante, plus rude, plus imprégnée des éléments naturels (pages 26, 27, 28).
Et cette façon sensationnelle d’utiliser le noir pour créer des ambiances dramatiques et inquiétantes (pages 47, 50, 54, 56).
Plus tard Marc Hardy changera de style pour les gags de Pierre Tombal dont je ne suis pas fan hélas.


M.Destrée

CRÉATURES 2

Par Le 23/11/2021

Creatures 2Tome 2 ; La grande nuit 
Scénario : Stéphane BETBEDER
Dessin : DJIEF
Couleurs : DJIEF
Dépot légal : Août 2021
Editeur : Dupuis 1
Format normal
ISBN : 979-10-34749-16-4
Nombre de pages : 70

Rien ne va plus. Chief, la Crado, la Taupe et Testo se sont séparés tandis que la brume se répand de plus en plus. La Taupe et Testo font croire aux autres qu'ils ont été kidnappés par Vanille. En fait, ils ont passés un accord avec le vieux savant fou qui, à leurs yeux, a toute sa tête et sait très bien ce qu’il fait. Testo va même devoir jouer un grand rôle taillé sur mesure. Vanille, en fait, s'est réveillée enfermée dans le coffre d'un taxi abandonné sur un pont où passent les "baveux", suivis de près par cette brume qui transforme les gens en serviteurs zombies. Elle veut à tout prix s’en échapper pour retrouver son petit frère Minus capturé et emprisonné par l'ennemi avec d'autres enfants aux pouvoirs annihilés par les barreaux d'une sorte de cage. Elle sait qu'elle va avoir besoin d'aide pour sauver son frère et vaincre un ennemi qui a pris la forme de tête de pieuvre ainsi que la créature mystérieuse qui les dirige dissimulée dans la brume. Creatures 2 plancheMon avis : Stéphane Betbeder lève un peu plus le voile sur cet univers fantastique où les gamins sont les héros, du moins ceux ayant réussi à passer à travers les mailles du filet et à échapper à la brume démoniaque qui se referme sur la ville.
Leur seul moyen de survie, la débrouillardise.
On en apprend un peu plus sur chacun, sur sa personnalité, ses motivations.
Il est clair que nos héros risquent de perdre la partie s’ils ne s’unissent pas.
L’action est une nouvelle fois au rendez-vous, le suspense persiste... Creatures 2 pageAu dessin, Djief illustre et met en couleurs ce récit avec beaucoup de force, de punch.
Un univers post-apocalyptique mystérieux bien rendu par des couleurs majoritairement sombres, des décors lugubres, d’étranges créatures tapies dans l’ombre… et au milieu, des personnages bien campés, bien reconnaissables aux bouilles plutôt sympathiques.
Un artiste au talent très divers si l’on se réfère à ses autres travaux, Tokyo Ghost, Le Crépuscule des Dieux, Broadway, Les Liaisons dangereuses (objet d’une expo Créabulles en juin 2020 voir ici) pour ce citer que quelques-uns d’entre eux.

SDJuan

ALICE GUY

Par Le 23/11/2021

Alice guyScénario : José-Louis BOCQUET
Dessin : CATEL
Couleurs : 
<N&B> Marie-Anne DIDIERJEAN pour le gris / planche 
Dépot légal : Septembre 2021
Editeur : casterman
Collection :L es clandestines de l'Histoire
Format  17.5 x 23.8 cm
ISBN : 978-2-203-17165-7
Nombre de pages : 400

D’étape en étape, nous parcourons la vie d’Alice Guy depuis sa naissance ce 1er juillet 1873 à Saint-Mandé où la famille séjourne après avoir provisoirement quitté le Chili en raison d’une épidémie de variole. Alice est le cinquième enfant du couple que forment Émile et Marie Guy. Ayant décidé de rentrer au Chili, les parents confient Alice à la grand-mère maternelle qui vit en Suisse à Carouge. En 1876, Marie revient chercher Alice. Après un très long voyage en bateau depuis Bordeaux jusqu’à Valparaiso via le détroit de Magellan, Alice découvre enfin le Chili et son père Émile. La vie semble paisible et souriante pour Alice mais les activités d’Émile périclitent et en 1879, il perd le soutien des banques. Il décide qu’Alice rejoindra ses sœurs au pensionnat du couvent de Bois-Salève à la frontière franco-suisse. Il se chargera de l’y mener personnellement en lui promettant au moment de la quitter de revenir bientôt… très bientôt… En fait, il réapparaît seulement en 1885, annonçant qu’il reste en France. Il va s’occuper d’une librairie à Paris où l’accompagneront Julia et Henriette, les deux plus grandes sœurs d’Alice, auprès de leur frère Louis et de leur mère Marie. Marguerite et Alice vont alors entrer dans un nouveau pensionnat moins coûteux à Fernay. En 1890, Alice a enfin rejoint les siens à Paris dans un appartement de la rue Saint-Sulpice où elle rêve de devenir actrice malgré le refus persistant de son père. Mais la famille va connaître de grands malheurs, d’abord le décès brutal de Louis d’une crise cardiaque à l’âge de 17 ans, puis la disparition d’Émile en janvier 1891. Allant vers ses 18 ans, Alice doit désormais travailler et choisit de suivre des études de sténographie. En 1893, elle fait ses débuts comme secrétaire dactylographe dans la société "Les Vernis Ducaron" où sa force de caractère en surprendra plus d’un. Puis elle obtient un nouveau poste dans la société "Richard - Comptoir de la photographie" où son talent convainc aussitôt un certain Léon Gaumont, alors fondé de pouvoir de l’entreprise. De fil en aiguille, Alice va s’initier aux mystères de la photographie puis du cinéma, d’abord auprès de Frédéric Dillaye puis de Léon Gaumont devenu le nouveau patron de la société Richard qu’il vient de racheter avec deux associés. C’est cette rencontre avec M. Léon Gaumont, industriel et chef d’entreprise pourtant davantage intéressé de faire prospérer ses activités en vendant ses matériels photographiques et/ou cinématographiques qui va enclencher la carrière d’Alice Guy. C’est à lui d’ailleurs qu’elle avouera son désir le plus cher : réaliser elle-même des films…Alice guy planche 1Mon avis : Alice Guy, pionnière du féminisme avant l'heure, sans vraiment s'en rendre compte mais qui s’y est ralliée tout naturellement, femme déterminée, femme passionnée par un cinéma naissant et majoritairement masculin où elle va néanmoins réussir à se frayer un chemin.
Elle a eu (ou provoqué) la chance de faire ce qu'elle aimait, ce à quoi elle voulait et pouvait accéder tout en restant attachée à l’humanisme.
Elle s’est battue avec intelligence, elle a fait preuve de finesse pour concrétiser ses idées modernistes dans ses engagements y compris dans le cinéma où elle a abordé un peu tous les genres.
Ses nombreux contacts à des moments opportuns incroyables lui ont permis de prendre une part active aux origines du cinéma.
Un scénario de José-Louis Bocquet fluide, agréable, bien documenté.
Cerise sur le gâteau, on y croise des personnages célèbres, Léon Gaumont, Gustave Eiffel, Charlie Chaplin, etc.Alice Guy plancheLe dessin de Catel est aisément reconnaissable : encrage puissant, gros travail de recherche pour restituer les nombreux décors d’époque, soin et précision du détail, mélange efficace de traits horizontaux, verticaux, obliques, courbes, etc. pour créer le mouvement, maîtrise du noir et blanc à l’encre de Chine ou même au bic, agrémenté de touches de gris, par Marie-Anne Didierjean, pour l’évocation du cinéma.
Un dessin faussement simple, très plaisant, très efficace.

Résumé FPcas
Avis SDJuan