Chroniques
Quelques-unes des BD qui nous ont le plus marqués.
N’y voyez aucun a priori, aucune prise de tête, aucune volonté de gonfler nos egos mais tout simplement l’envie de vous faire partager nos impressions de lecture.
Par
asbl-creabulles
Le 15/11/2021
Tome 23 : La Frontière de la nuit
Scénario : Éric GIACOMETTI
Dessin : Philippe FRANCQ
Couleurs : Philippe FRANCQ et Bertrand DENOULET
Dépot légal : Novembre 2021
Editeur : Dupuis
Grand format
ISBN : 979-10-34742-95-0
Nombre de pages : 46
Enfin un nouveau Largo Winch !
De toute beauté !
Dessin léché. La grande classe.
Pour moi, tout est parfait !
Les décors, l’urbanisme, les personnages, l’élégance et la sexualité féminine mais également masculine. Tout pour plaire…
Les véhicules ont une ligne irréprochable.
Un Largo de luxe et très high-tech.
Éric Giacometti suit avec élégance les pas de Van Hamme.
La Frontière de la Nuit est évidemment le premier du duo d’albums qui met en place une nouvelle situation problématique pour Largo.
Un mystérieux professeur utilise un moyen radical pour obtenir des informations ultra secrètes d’un centre de recherches spatiales.
Simon qui vient de subir un revers d’une militante contre le harcèlement sexuel est appelé d’urgence en Indonésie par Largo.
Ils vont assainir la direction d’une de leurs mines d’étain qui exploite des enfants.
En Californie, nous découvrons Jarod et Demetria MANSKIND, milliardaires à la tête d’un groupe qui opère dans les nouvelles technologies.
Philippe Francq s’est inspiré d’Angelina Jolie et de Tom Hiddleston pour ces nouveaux personnages (voir image).
Lors d’un Big Board présidé par Largo, des décisions et des révélations surprenantes seront entendues.
Et évidemment Largo annoncera la mutation inévitable du groupe.
Cet album est vraiment très riche en événements importants et secondaires qui construisent un suspense qui ne verra son dénouement que dans le prochain album.
Patience…patience.
Bravo messieurs Francq et Giacometti !
M.Destrée
Schuiten Travel Book MARS (Vuitton)
Par
asbl-creabulles
Le 15/11/2021
Ce n’est pas de la BD…
François Schuiten n’en dessinera plus.
La célèbre marque de luxe VUITTON lui a demandé de réaliser un "travel book" (c’est le 26e, certains sont déjà illustrés par des dessinateurs BD) sur une ville, mais il leur a proposé Mars plutôt, et sa proposition a été acceptée.
Il a réalisé un grand nombre de dessins couleurs sur la planète rouge. Ils sont somptueux, décoratifs, géologiques, minéraux, vertigineux, inquiétants… mystérieux.
Même si François Schuiten s’est nourri de tous les documents existants, comment a-t-il pu rendre palpable la texture minérale de cette planète où l’homme n’a jamais mis les pieds?
Comment a-t-il pu créer ces paysages martiens si vraisemblables ?
Son inconscient artistique a peut-être perçu des fréquences traversant l’éther…
Il s’exprime ainsi :
- je me suis laissé guider par l’émotion et le désir.
- je m’en suis tenu uniquement au geste de la main, au travail de la lumière, des couleurs et de la matière.
- le trait initial est enseveli sous le pinceau d’acrylique, puis le pigment des crayons pour densifier les couleurs et, à nouveau une couche d’huile.
(François Schuiten) [Extrait d’un texte vraiment très intéressant et instructif en fin de volume.]
Même s’il avait une idée pour le texte qui devait agencer tous ces dessins, il n’était pas à l’aise. Il pense à Sylvain Tesson, grand explorateur de la Terre dont il connaissait les récits de voyage.
Ne l’ayant jamais rencontré, il ose solliciter une entrevue.
Et le voilà chez l’aventurier déposant tous ces dessins partout où c’est possible.
De suite, Sylvain Tesson voit la trame du récit prendre place en organisant le suivi des illustrations.
C’est ainsi que ce livre a pu être réalisé.
La rencontre entre l’artiste et l’explorateur.
Une véritable symbiose a permis au texte de répondre au dessin et inversement dans une fusion totale.
Le livre se présente dans un format à l’italienne.
Après les pages de garde argentées, des agrandissements des matières, des textures et des couleurs.
Trois pages de présentation de la vie en 2121.
L’humanité vit dans des villes souterraines suite aux radiations solaires.
Elle se nourrit de fibres alimentaires et de matière larvaire comestible.
Un consortium de 7 femmes la dirige.
L’outil de communication est un anglais managérial débarrassé de tout concept abstrait et de tout attribut.
Il est interdit de faire allusion au passé de la Terre.
Le consortium communique ses décisions par la voix de Global Mama, nouvelle Ève de 20 ans originaire du Rift africain.
Les troglodytes ne rêvant plus, il faut leur donner l’espoir d’une vie sur Mars dans des sphères (UTÉROPOLES).
C’est pourquoi deux rubinautes (explorateurs de la planète rouge) X2092-3453231 et Y2090-8890654 (les noms des humains se composent du chromosome ajouté au numéro de série de leur ordre de naissance dans l’année) sont envoyés en exploration sur cette planète.
Après quelques illustrations panoramiques de l’état de notre planète, nous découvrons la fusée sur Mars.
Les pages se tournent au fur et à mesure des jours avec des encarts de feuillets illustrés cette fois par le dessin habituel de Schuiten et le carnet de bord rédigé par X.
Si le dessinateur semble avoir été sur Mars, l’écrivain lui est en osmose avec cette femme du XXIIe siècle. Son ressenti de tous les jours devant ce qu’elle voit, ce qu’elle découvre semble si vrai.
L’écriture est fluide, limpide, si captivante que le lecteur voyage aussi sur cette planète tout en étant assis chez lui.
En écrivant cette chronique, je feuillette l’album et il me semble percevoir encore d’autres sensations dans les retours de mon regard.
Ces illustrations pleine page au format panoramique ne m’ont pas encore révélé tous leurs secrets…
M.Destrée
MICHEL VAILLANT 10 Nouvelle saison
Par
asbl-creabulles
Le 15/11/2021
Tome 10 : Pikes Peak
Scénario : Denis LAPIÈRE
Dessin : Benjamin BENÉTEAU
Couleurs : Vincent DUTREUIL
Dépot légal : Octobre 2021
Editeur : Graton (Dupuis)
Format normal
ISBN : 978-2-390-60002-2
Nombre de pages : 54
Nouvelle aventure pour Michel Vaillant.
Tous les bouleversements familiaux semblent stabilisés.
La famille Vaillant est enfin parvenue à faire son deuil de la disparition de Jean-Pierre.
L’album commence par des scènes de course spectaculaires.
Puis on découvre Françoise Vaillant (Sophie Marceau ) à Macao. Une vraie businesswoman comme la qualifie son mari.
Elle propose à Michel une course inédite pour l’écurie Vaillante qui lui permettra de présenter la nouvelle Vaillante grand tourisme. Il lui suggère Pikes Peak.
Tous deux proposent cette course au fils de Jean-Pierre, maintenant directeur du secteur de construction des voitures.
La Vaillante X-Pikes (en hommage au cher disparu) avec ses deux moteurs électriques est prête.
Reste à Michel à se préparer pour cette course de 20 km aux virages très serrés au bord de précipices et qui se termine à 4400 mètres.
Toute l’équipe arrive à Colorado Springs, Pikes Peak International Raceway où Michel retrouvera avec plaisir le sénateur Steve Warson qui lui offrira un casque qu’il s’empresse de marquer d’un X.
Le principal rival de notre ami n’est autre qu’une vieille connaissance : Bob Cramer !
Après de nombreux essais, Michel est prêt !
Qui gagnera ?
Cet album est certainement dessiné numériquement mais il est très plaisant à regarder et à lire. Les voitures sont très esthétiques et la vitesse est bien rendue.
Le scénario est dense et bien équilibré.
Mais une grosse erreur : le temps de course affiché du vainqueur est supérieur à celui du second.. !!???
Comment est-ce possible ?
M.Destrée
Par
asbl-creabulles
Le 15/11/2021
Un flm de : Chloé Zhao
Par Chloé Zhao, Patrick Burleigh
Scénario de : Kaz et Ryan Firpo
Avec Gemma Chan, Richard Madden, Salma Hayek, Angelina Jolie, Barry Keoghan, Kumai Nanjiani, Bryan Tyree Henry, Ma Dong Seok, etc.
Genre : Science-fiction / Action / Super héros
Film : Marvel
Personnages créés par : Jack Kirby
Date de sortie : 3 novembre 2021
Durée : 2h37min
Je n’attendais pas grand chose de ce film.
Et finalement, j’ai aimé.
Arishem (le premier des Célestes) envoie les Éternels sur Terre pour détruire les Déviants.
Cette première partie m’ennuie un peu.
Voir les Éternels utiliser leurs pouvoirs numériques pour détruire des monstres digitaux à l’aube de l’humanité…bof. 

Ensuite, on les retrouve à notre époque menant une vie normale malgré leur immortalité.
Mais les Déviants n’ont pas tous été exterminés.
Aïe, je vais de nouveau avoir droit aux combats numériques… oui mais très peu.
Très vite, le scénario prend une autre direction très intéressante et qui me plaît beaucoup.
Ajak, chef des Éternels apprendra la vérité sur la vraie raison de leur venue sur Terre, sur leurs origines et sur celles des Déviants et je trouve cette vérité excellente.
Je commence à être passionné.
De plus, chaque Éternel est très bien interprété. Mes préférences vont à Gemma Chan (Sersi) et Barry Keoghan (Druig).
Ils vivent des relations intéressantes et je m’intéresse à leur histoire. Ils sont tous différents. 
Leur vie prend le dessus sur les poncifs Disney et les formatages ados.
Et où le Silver Surfer était seul contre Galactus, ici ils formeront une équipe.
On est aussi dans de la SF plus que dans du comics.
Ça aurait pu encore être mieux mais ce n’est déjà pas mal.
M.Destrée
Par
asbl-creabulles
Le 14/11/2021
Tome 2 : Khôl Murdock
Scénario : LOUIS
Dessin : Stéphane CRÉTY assisté de Juliette CRÉTY
Couleurs : J. NANJAN
Couverture : Bertrand BENOÎT
Dépot légal : Marqué Juillet mais sorti fin Août 2021
Achevé d'imprimer : Août 2021
Editeur : ![]()
Collection : Anticipation
Grand format
ISBN : 978-2-302-09148-1
Nombre de pages : 62
La Fédération des Planètes Unies assure la sécurité des 339 colonies humaines dispersées dans l’univers connu. Pour mener à bien ses missions, elle dispose de brigades d’I.S.S. Snipers qui, en général, règlent la question de manière très expéditive en éliminant la cause du problème... Aujourd’hui, l'une d'elles se dirige vers la planète Khaliste 24 pour une intervention qui va se révéler bien plus difficile que prévu. La planète est recouverte d’eau à l’exception d’un unique continent de taille réduite hyper-protégé contre les intrusions, notamment par un champ de forces impénétrable. Un milieu hostile donc mais aussi un dirigeant, le gouverneur Maïakhil Gunnar, chef des rebelles séparatistes qui se sont emparés des ressources locales, devenu quasiment un surhomme grâce à de nombreux implants, tout comme ses hommes de troupe. Gunnar et sa planète sont clairement bien plus puissants que les I.S.S. Snipers, handicapés par une autonomie limitée. La seule solution réaliste va donc consister à faire appel à l’unité secrète et expérimentale appelée "les Loups". C’est l’alpha de la meute, Khôl Murdoch, déjà infiltré sur place qui semble bien être la solution au problème Khaliste 24 !
Mon avis : Le premier tome confié à Jean-Luc Istin et Erwan Seule-Le Bihan nous a largement permis d’évaluer et d’apprécier la force de frappe des I.S.S. Snipers.
Avec ce deuxième tome, on monte d’un cran puisqu'il s’agit d’affronter un "ennemi" plus puissant encore que ces "hommes-machines".
On découvre alors que la Fédération dispose d’une unité de forces spéciales secrètes – les fameux "loups" dont fait partie Khôl Murdoch – dont l’existence doit absolument rester dissimulée, voire une légende. Le cadre étant posé, il ne reste plus qu’à passer à l’action. Et là, on sent bien une rivalité s’installer entre les Snipers "classiques" et ces nouveaux jouets techno-aliens… mais aussi le sentiment nouveau chez certains que la Fédération est prête à sacrifier l’un ou l’autre de ses super-soldats s’il le faut.
Au scénario, Louis nous régale d’un récit bien construit, dynamique à souhait, bourré d’action, de héros (on aperçoit à peine deux petites silhouettes féminines…) débordant d’énergie, de fermeté, de courage bref de vrais mecs, des durs à cuire.
Au dessin, Stéphane Créty nous fait vivre intensément cette aventure bourrée de testostérone.
Un trait nerveux, une mise en page claire, travaillée et puissante multipliant les formats de case, le tout dans de magnifiques décors.
Énormément de scènes d’action et de nombreux personnages tous reconnaissables. On le sent très à l’aise.
Très belle mise en couleurs réalisée par J. Nanjan parfaitement adaptée aux différents contextes évoqués.
Couveure toujours aussi impressionnante de Bertrand Benoît.
Les fans ne rateront pas la sortie du tome 3 annoncée pour le 20 octobre 2021.
SDJuan
Par
asbl-creabulles
Le 14/11/2021
Intégrale 1993-2009
Scénario : Sergio SALMA
Dessin : André GEERTS et MAURICET (pour le tome 3)
Couleurs : André GEERTS et Benoît BECKAERT (pour les tomes 3 et 4)
Dépot légal : Septembre 2021
Editeur : ![]()
Autre format
ISBN : 979-10-34760-59-6
Planches :180
Cette couverture vous fait penser à Largo Winch? C’est voulu.
Mais Louise est plus riche.
Quelques fac-similés en couleurs et noir et blanc puis un témoignage hommage de Sergio Salma pour son ami André Geerts parti bien trop tôt.
L’introduction de ces chers Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault que je remercie une fois de plus.
Ils n’ont rien oublié pour nous raconter avec leur talent habituel, les premiers pas de Salma dans la BD et sa rencontre avec André.
Leur amitié commune s’imposera naturellement.
Et c’est ainsi que naîtra Louise créée par les deux dessinateurs.
Salma écrira les scénarios de ces petites histoires de 2, 3 ou 4 pages (parfois 1) et Geerts assurera le dessin, ce qui le distraira du monde de Jojo.
Et comme Salma avait rendez-vous chez Casterman pour Nathalie (sa série), l’éditrice prendra aussi Louise.
En 1993, paraîtra le premier album.
Après le suivant, André Geerts très occupé avec Jojo ne peut plus tenir le rythme.
Il faudra attendre 10 ans pour retrouver cette sympathique demoiselle dans Spirou.
Et ils sont quatre à travailler sur les planches, ainsi la tâche est plus facile.
Hélas après le 4e album, la vie (plutôt…) en décidera autrement.
Cet épais dossier est collé, toujours agrémenté de documents rares ou inédits de belle facture.
Quel plaisir de relire toutes ces petites histoires.
Même si j’ai toujours préféré Jojo, j’ai quand même un faible pour Louise surtout pour les deux premiers albums où André Geerts met tout son amour du monde enfantin et son cœur pour illustrer les scénarios d’un ami qui l’a si bien compris.
Louise peut tout avoir et même si elle aime en profiter et s’amuser avec les cadeaux de son papa, elle aimerait aussi le voir plus souvent et vivre une vie plus simple.
Heureusement, elle a sa gouvernante amie, Millie qui l’aime tellement et un petit voisin qui deviendra un chouette copain.
Sans oublier Dédé qui rêve de kidnapper la petite fille si riche pour lui aussi profiter de la vie avec sa femme après avoir obtenu la rançon.
Si Louise ne le rencontre jamais, le lecteur aime le revoir pour rire de ses plans malchanceux. Il me fait penser à Bobo (héros prisonnier de Deliège).
À la reprise avec le 3e album, j’ai ressenti un enthousiasme plus faible dans le scénario et le dessin, peut-être était-ce trop de le réaliser à quatre et André n’a pas pu y mettre sa touche de magie habituelle.
Peut-être aussi la distance qui maintenant sépare nos deux amis rendait l’alchimie de la création des historiettes plus simple.
Mais le quatrième retrouve l’harmonie et la poésie des deux premiers. Et le hasard a voulu que l’on ne pouvait pas imaginer plus belle fin que la dernière page de la dernière histoire intitulée "La tête de l’emploi".
Il ne faut pas lire cette intégrale en pensant à la vie de Louise au milieu de tout ce monde à son service qui l’envie ou la critique.
Millie est heureuse de vivre avec cette petite fille au cœur pur.
Non, Louise trouve que son papa est fou et elle le répète souvent, de lui offrir tous ces incroyables cadeaux. Mais elle l’aime quand même.
Ce n’est qu’une bande dessinée qui fait passer de bons moments et où tout le monde est gentil
M.Destrée
Par
asbl-creabulles
Le 11/11/2021

Tome 16 : L'Homme à la hache
Scénario : HERMANN
Dessin : HERMANN
Couleurs : HERMANN
Dépot légal : Septembre 2021
Editeur : ![]()
Format normal
ISBN : 978-2-344-04731-6
Nombre de pages : 44
À gauche, l’édition dans un format un peu plus grand que la version normale à droite.
La différence de prix est minime.
L’éditeur aurait pu mettre une note d’introduction.
En effet, dans la série principale, Aymar de Bois-Maury est tué lors du combat pour récupérer ses terres.
Et ici, il semble vivre dans un monde parallèle.
Chez messire Baudran qui a laissé batifoler sa femme avec le chevalier. Mais il semble le regretter et vouloir se venger.
Aymar qui traîne sur les terres (les siennes?) voisines de messire Guibert va rencontrer Ulrik, une bête humaine défigurée par la nature qui passe son temps à terroriser les manants avec sa hache.
Laissé pour mort par cet ignoble individu, il sera sauvé par Gaspard.
Le fidèle Olivier assez effacé dans ce récit le retrouvera vivant en convalescence chez les manants.
Aymar assez hésitant de prendre sa revanche va-t-il se décider et tuer la bête qui terrorise les pauvres gens que les deux messires laissent vivre dans la fange?
Hermann est assez laconique dans son scénario et le lecteur doit remplir les trous.
On pourrait croire que Jeremiah et Kurdy (oups…Aymar et Olivier) sont de passage dans cette région et observent tous ces pauvres hères vivant dans la boue et la crasse et la crainte de la violence sanglante d’Ulrik.
Mais l’effet de terreur et de misère de cette fragile humanité au service de seigneurs égoïstes est très bien rendu par les gammes de couleurs et les coups de pinceaux décharnés et torturés de l’artiste.
Hermann a définitivement abandonné le trait précis et riche d’il y a quelques années pour étaler sa hargne et son ressenti dans un art plus brut, excepté quelques éclaircies comme ce chevreuil surpris dans une clairière.
Un récit qui ne laisse pas indifférent.
M. Destrée
Par
asbl-creabulles
Le 11/11/2021
Scénario : Jean-Claude SERVAIS
Dessin : Jean-Claude SERVAIS
Couleurs : <N&B>
Autres : Jean-Luc DUVIVIER DE FORTEMPS
Dépot légal : Août 2021
Editeur : ![]()
Grand format
ISBN : 979-10-34760-60-2
Planches : 56
Jean-Claude Servais continue à nous faire redécouvrir ses beaux récits dans la belle collection de l’intégrale en noir et blanc.
Cette fois, c’est son tout premier récit paru aux Éditions Bedescope en 1982.
Un court récit servant de prologue nous conte l’origine de cette fée maudite et dangereuse qui va hanter éternellement la forêt.
Et un jour, un jeune noble va tomber dans ses filets.
Est-ce parce que le baron préfère les gens simples à la bourgeoisie prétentieuse de sa famille mais une sorcière et ses deux nièces vivant dans la forêt vont l’aider à vaincre son envoûtement.
Tous les ingrédients des légendes ardennaises sont présents dans ce premier récit…
Servais, comme Comès et René Hausman nous ont offert de magnifiques récits sur ce sujet dans les années 80.
Le trait de Jean-Claude Servais est déjà très maîtrisé dans sa façon de représenter la forêt ou les traits si purs d’une fée et l’intense concentration d’une vieille sorcière, tout comme la méchanceté, l’orgueil de la mère et la tante du jeune amoureux.
Et cette version en noir et blanc convient mieux.
Elle magnifie la perception du rendu des traits dans leur mouvance et leur épaisseur.
Ce qui n’est plus le cas depuis plusieurs années où les traits sont plus enlevés, légers et ont besoin de couleurs pour s’exprimer.
Ce sera avec Tendre Violette que le dessin de Servais atteindra sa maturité.
La nouvelle illustration de couverture est de toute beauté.
Je n’avais plus cet album. Ce fut un véritable plaisir de le relire
M.Destrée